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la baule + 36 // Août 2021 A ndré Malraux aurait déclaré « le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas. » Nous n’en sommes pas là. Ce qui se des- sine aujourd’hui, et de plus en plus violemment chaque jour, pourrait correspondre à cette version modifiée de l’aphorisme : «Le XXIème siècle sera prophylactique ou ne sera pas.» Tous sou- mis à la loi de la seringue, en quelque sorte. D’ailleurs quelle belle allégorie de ce que nous vivons à présent, que la seringue ! Elle est l’outil qui nous vaccine en même temps qu’elle est la représentation du système mis en œuvre où nous nous trouvons tous - oui, tous - embarqués. La seringue à la chaîne pour le troupeau hu- main lui-même pris dans la seringue de la prévention sa- nitaire obligée. Jusqu’alors, cela était de pratique cou- rante chez les poulets et les moutons. Maintenant nous y avons droit. Situation dans laquelle, bienveillants comme nous nous voulons, nous nous abstiendrons de voir une quelconque allégo- rie de ce que nous pourrions être, à savoir des moutons à deux pattes, des poulets à plumer. Capables éventuel- lement de penser, concé- dons-le. Le siècle n’en est qu’à son premier quart. Contre quelles autres pathologies, contre quelles nouvelles carences physiques, voire mentales, psychologiques, Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière L’alpha et l’oméga allons-nous devoir être pro- tégés et vaccinés chemin fai- sant une fois que le pli aura été pris ? À quelle fréquence serons-nous invités à subir la loi de la seringue ? Et pour quels motifs au fond ? Poser ces questions ce n’est nulle- ment être anti-vaccin. Je suis vacciné et plutôt vacciné-mi- litant puisque j’encourage les autres à y passer. Cela dit, j’ai toujours considéré que poser des questions, même des questions qui défrisent, était une manifestation de bonne santé. Mentale, au moins. J’entends les voix autorisées accuser les oppo- sants d’être «irrationnels». « Irrationnel toi-même !» pourrait-on rétorquer si nous étions dans une cour de récréation. Variant après va- riant, on nous explique que, finalement, on ne connaît pas vraiment cette maladie, ses évolutions. Et on nous assène dans le même temps qu’on dispose du bon vaccin. Autrement dit, nous sommes invités à nous persuader que nous avons le bon remède à un mal qu’on ne connaît pas. Ou très mal. Il y a mieux en matière de discours ration- nel. Il y a mieux en matière de rigueur scientifique. Sur- tout, il y a plus rassurant. Encore une fois, je ne suis pas du camp des contre. Je suis juste contre ceux qui répondent aux incertitudes, aux interrogations légitimes, au doute raisonnable, par l’arrogance, le mépris, l’in- sulte. On a vu un sénateur - obscur avant sa prise de parole et rendu à l’obscur sitôt après - s’offrir son quart d’heure warholien de célébrité en fai- sant assaut d’ironie à la tri- bune de la Haute Assemblée, avec, en point d’orgue, cette envolée pitoyable : «Nous sommes passés de Socrate sur son rocher à Francis Lalanne sur Facebook. » Hi- larant ! À se tordre de rire, ce bon Socrate aura certai- nement chu de son caillou. On pourrait voir dans cette condescendance, pesante à force d’insistance, une forme d’aveu d’impuissance. Faute de vraies réponses, on op- pose la fumée du mépris. Stratagème bien connu. Il faut autre chose. Il faut des réponses fiables, alliant la rigueur de la science à l’in- tégrité intellectuelle la plus exigeante. (Sur ce dernier point, il n’est pas exclu que la montagne de milliards en jeu ne fasse quelque peu obsta- cle...) Si tout l’alphabet grec doit y passer en matière de variants, de l’alpha à l’omé- ga, qu’on nous dise combien de doses il serait souhaitable que nous recevions pour continuer à être de bons citoyens, fréquentables, raisonnablement contami- nants (puisque là aussi, le discours péremptoire sur la non-contagiosité du vacciné semble en avoir pris un petit coup ces derniers temps.) À en croire les propos du chef de l’État, la troisième dose serait déjà dans la seringue (Oui, un peu facile, mais bon, c’est l’été.) Et combien d’autres après cette troi- sième ? On aimerait savoir... Et puis, dans cemonde en fo- lie, il y a ceux qui hurlent à la dictature. Ceux pire encore qui, n’ayant que l’excuse - si c’en est une - de l’ignorance et de la bêtise la plus crasse, osent l’étoile jaune. C’est ab- ject ! (Un brin complotiste tout de même, je me permets de penser qu’ils pourraient être soudoyés par ceux qu’ils prétendent combattre pour, par leurs excès, discréditer les porteurs du doute ration- nel.) Quant à ceux qui bran- dissent les pancartes « dic- tature », je ne peux que les encourager à continuer. Cela pour l’excellente raison que, tant qu’on voit des pancartes « dictature » défiler dans les rues, c’est que nous n’y sommes pas, en dictature, justement ! Labarrière en liberté ! Retrouvez Dominique Labarrière et Fabienne Brasseur du lundi au vendredi entre 9h et 10h sur Kernews Rediffusion des émissions de la semaine entre 8h et 10h30 Améliorez votre habitat sans contrainte SUIVI TOTAL DU CHANTIER Place des Halles - LE POULIGUEN - Tél. 06 07 84 14 62 www.decorelations.com

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