La Baule+

la baule+ Janvier 2022 // 5 La situation est délicate. Je suis bien embarrassé. En janvier, il est de tradition de présenter ses vœux, de souhaiter à tout un chacun une année de santé, de prospérité, de sérénité, de bonheur, de réussite en amour, au travail, à la pétanque, aux dominos, à la pêche aux moules, que sais-je encore... J’en oublie certainement. C’est du moins ce que nous nous souhaitions voilà juste un an pour l’année 2021. Or, quand on voit ce qu’elle a été, l’année 2021, on ne peut que se montrer circonspect quant à formuler les mêmes souhaits pour 2022. Pour ma part, je ne me risquerai pas, les mêmes causes produisant les mêmes effets, à renouveler l’expérience. Bien entendu, il serait tentant de prétendre conjurer le sort en formulant des vœux qui seraient à l’opposé de ceux de l’an passé, si cruellement contredits par les faits. On aura compris que, si on se lançait dans cette expérience totalement inédite, on aurait soin de prendre ces souhaits inversés au second degré. Voire au troisième ou au quatrième. En matière de degrés d’interprétation, ne nous montrons pas plus regardants qu’en matière de variants. On n’est plus à un près et quand il n’y en a plus, il y en a encore. Ainsi, si j’écrivais ici que je nous souhaite des mandarins spécialisés en médecine de plateau tv incompétents, irresponsables, shootés à l’ego, il faudrait comprendre que le voeu réel serait de ne plus voir sur les écrans que des sommités sérieuses, humbles devant la pandémie d’incertitudes que véhicule la Covid, ayant assez de bon sens pour ne prendre la parole que lorsque cela peut éclairer le citoyen d’une manière fiable, et donc le rassurer, ayant aussi un sens de l’éthique assez développé pour résister au plaisir narcissique de venir bégayer leur science en pleine lumière, inoculant Mais comme la sagesse populaire ne les tient que dans une estime des plus relatives, ce n’était pas grave. Cela l’est autrement lorsque ceux à qui nous confions notre intégrité physique, mentale, tombent dans ce travers. Ce à quoi on assiste depuis deux années avec ce défilé cathodique d’une poignée de sachants ivres d’eux-mêmes, c’est à la victoire, une fois encore, de la société du spectacle. Le tout à l’écran comme il y a le tout à l’égout. Pasteur tâtonnant ses géniales découvertes en direct chez Hanouna, par exemple. Parfois, l’aveu de la débâcle intellectuelle nous est jeté - involontairement - en pleine figure. Nous avons pu voir récemment une ministre de la République - en fonction qui plus est - participer à une émission de cuisine. (Seul intérêt de la chose : nous avons appris à l’occasion qu’elle n’est pas meilleure cuisinière que ministre.) Plus sérieusement, comment pourrait-on mieux nous faire comprendre que tout ce monde, ses pratiques, ses rituels, ses codes, relèvent de la tambouille, que tout, désormais, semble se réduire effectivement à la société du spectacle ? Mais puisque nous parlons cuisine, un mot encore : pour la soupe, un peu de patience. Dans ce joli petit monde, elle devrait être servie en avril. Tous mes voeux - les plus sincères - à chacune et chacun d’entre vous. Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Vœux a contrario ainsi le doute de leurs cafouillages de sachants égarés dans le cerveau du pauvre monde. Oui, rassurer - nous rassurer ! - en ne proférant que ce qui est acquis, scientifiquement prouvé (si ce concept a encore un sens après tant d’usage frelaté ces derniers mois) et en se taisant le reste du temps. Ceux-là auraient compris en effet que ce que le patient - pris individuellement et collectivement - attend avant tout pour se sentir mieux, c’est d’être, oui, rassuré. C’est de pouvoir avoir confiance. Jusqu’alors, le savoir, le verbe médical le rassuraient, justement. Il avait confiance. Ce n’est plus aussi vrai aujourd’hui. Voilà la grande réussite de deux années de téléréalité covidienne ! Tout se passe comme si le virus inhérent à la parole politique, où le souci de vérité, de sincérité, de cohérence, pèse à peu près ce que pèse la fourmi sur le dos de l’éléphant, avait fini par infester le discours scientifico-médical. L’un et l’autre, le politique et le médical, se sont « comme qui dirait » compromis depuis deux ans dans une liaison hors nature bénie par la toute puissance médiatique et régie par la sainte loi de la communication. Trouver à dire même si l’on n’a rien à dire afin de paraître, de se montrer, de croire et faire croire qu’on existe. Les politiques nous avaient habitués à cela depuis longtemps. Les huîtres et autres coquillages sont des mets particulièrement appréciés en cette période, mais, une fois consommés, ils encombrent nos poubelles, alors qu’ils pourraient être valorisés pour d’autres usages. Après le succès de la collecte organisée à Pornichet fin 2020 et début 2021, qui avait permis de ramasser plus de 4 tonnes de coquilles, la Carene a décidé de renouveler cette opération, en installant deux bennes spécifiques sur la commune, l’une à l’entrée du parking de Quai des arts, face à Intermarché, et la seconde à la déchèterie. Toutes deux seront accessibles jusqu’au 19 février 2022. Une troisième benne sera mise en place à la déchetterie de Cuneix, à Saint-Nazaire. Une fois collectées, les coquilles seront transformées localement pour devenir un engrais agricole naturel. Pour rappel, il est interdit de déposer serviettes, rince-doigts, crustacés, crevettes, et autres restes de repas dans ces bennes. Pornichet donne une seconde vie aux coquilles d’huîtres et coquillages

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