la baule+ 8 // Janvier 2022 Ou bien ces Martiens seraient aussi des créatures de Dieu… Oui, il faut qu’ils ne soient ni spatiaux, ni matériels, ni temporels. Cette cause est transcendante et, si c’est le cas, elle est divine. Einstein donne une réponse à cela et c’est scientifiquement très difficile à contourner. L’univers a un début, il va avoir une fin, l’homme ne peut rien changer à son évolution. Dans ce contexte, que pensez-vous de l’idéologie visant à lutter contre le réchauffement climatique ? Votre question est très intéressante. Dans le livre, nous avons un chapitre scientifique qui répond complètement à cette question : c’est celui de la mort thermique de l’univers. Les grandes découvertes de la mort thermique de l’univers indiquent que le monde s’use et que le soleil n’est pas éternel. Il est né il y a 4 milliards d’années et il disparaîtra dans 5 milliards d’années. Ce sera un truc tout noir et tout froid, comme une vieille bûche complètement calcinée. Donc, l’univers se consume. Ce qui est très important, sur le plan philosophique et religieux, à travers cette découverte de la thermodynamique qui remonte au début du XXe siècle, c’est qu’il y a une flèche du temps. Nous sommes dans le temps comme dans un train qui ne s’arrête pas et qui ne peut pas revenir en arrière. Nous allons inexorablement vers le futur, il n’y aura pas de retour en arrière. Cette découverte scientifique de la thermodynamique fait que toutes les religions et toutes les philosophies qui ont imaginé qu’il y aurait un éternel retour, sur le thème que la Terre est notre mère, se trompent. Cette idéologie est en quelque sorte une idolâtrie de la Terre. La science a démontré que le temps est inexorable, qu’il y a une flèche du temps, qu’il n’y a pas de mère planète. La planète Terre va disparaître quoi que l’on fasse, tout le système solaire disparaîtra quoi que l’on fasse. Tout cela finira par être tout noir et glacial. Donc, cela balaie d’un revers de main toutes ces philosophies de l’éternel retour. Vous avez reçu une éducation bretonne et catholique : votre rapport à la chrétienté a-t-il changé depuis vos travaux ? Avez-vous plus d’ouverture vers les autres religions ? Personnellement, ce livre a représenté trois ans et demi de travail, avec un coauteur qui est un polytechnicien très savant. Nous avons été assistés d’une vingtaine de scientifiques. On a beaucoup plongé dans toutes ces découvertes du XXe siècle et nous découvrons que tout cela est magnifique. C’est extrêmement bien ordonnancé, il y a un réglage fin de l’univers. L’univers a été réglé par un Dieu créateur avec une précision qui est absolument inouïe. C’est absolument magnifique et l’on ne peut être qu’émerveillé quand on découvre ce chef-d’œuvre. La science démontre tout cela. Propos recueillis par Yannick Urrien. La mort thermique de l’Univers est la première d’entre elles. Issue de la théorie de la thermodynamique apparue en 1824, confirmée en 1998 par la découverte de l’expansion accélérée de l’Univers, cette mort thermique implique que l’Univers a eu un début ; or tout début suppose un créateur. La théorie de la Relativité ensuite, élaborée entre 1905 et 1915 par Einstein et validée par de nombreuses confirmations. Elle affirme que le temps, l’espace et la matière sont liés et qu’aucun des trois ne peut exister sans les deux autres. Ce qui implique que si une cause est à l’origine de notre Univers, elle est nécessairement non temporelle, non spatiale et non matérielle. Le Big Bang, en troisième, théorisé dans les années 1920 par Friedmann et Lemaître puis confirmé en 1964. Il décrit le début de l’Univers de façon si précise et si spectaculaire qu’il a provoqué une véritable déflagration dans le monde des idées, au point que, dans certains pays, c’est au péril de leur vie que les scientifiques l’ont défendu ou étudié. Le réglage fin de l’Univers, en quatrième, et le principe anthropique qui en résulte, admis largement depuis les années 1970. Ils posent un tel problème aux cosmologistes matérialistes que, pour le contourner, ceuxci s’efforcent d’élaborer des modèles purement spéculatifs et parfaitement invérifiables d’univers multiples, successifs ou parallèles. La biologie, enfin, qui a mis en évidence à la fin du XXe siècle la nécessité d’un réglage fin supplémentaire de l’Univers : celui qui a permis le passage de l’inerte au vivant. En effet, ce que l’on estimait auparavant n’être qu’un saut à effectuer d’un côté à l’autre du fossé séparant l’inerte le plus complexe connu du vivant le plus simple connu s’est révélé en réalité le franchissement d’un gouffre immense, qui n’a certainement pas pu se réaliser par les seules lois du hasard. Et si nous ne savons aujourd’hui ni comment cela s’est produit ni, a fortiori, comment répliquer un tel événement, nous en savons assez pour évaluer son infinie improbabilité. Ces cinq grandes découvertes constituent un retournement spectaculaire qui aura un impact important sur la vision du monde des générations futures, exactement comme celles de Galilée, Newton, Darwin et Freud ont influé sur la pensée des gens de leur époque. Michel-Yves Bolloré : « Les grandes découvertes de la mort thermique de l’univers indiquent que le monde s’use et que le soleil n’est pas éternel.» Extraits du livre avec cinq grandes découvertes qui constituent un retournement de croyance spectaculaire
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