la baule+ 16 // Mai 2022 La maison Lequerré fête cette année ses 75 ans d’existence et c’est sans doute le plus ancien commerce tenu par une même famille à La Baule. Aujourd’hui, Xavier Lequerré, qui a le titre de Meilleur ouvrier de France, est connu sur le plan national dans son métier, puisqu’il est notamment le fleuriste officiel du Puy-du-Fou, et de très grandes marques font appel à lui pour décorer leurs événements dans toute la France. Cependant, il continue de passer beaucoup de temps dans sa boutique Fleurs de Toscane, dans le centre d’Escoublac, parce qu’il aime son métier de fleuriste qui consiste aussi à être au contact des clients. L’aventure Lequerré a débuté en 1947, lorsque le grandpère de Xavier, Émile, a lancé l’entreprise familiale: « Il a commencé par être horticulteur à Escoublac et il allait vendre sa production sur les marchés ». En 1963, Décoration ► Gros plan sur une maison historique à La Baule Émile et Modeste, accompagnés de leur fils Bernard, ouvrent leur première boutique, Aux fleurs d’Armor, avenue Joffre. En 1981, nouvelle étape, avec la création par Bernard et Évelyne, les parents de Xavier, d’un nouveau magasin avenue Henri Bertho. En 1987, une troisième enseigne est lancée avenue du Général de Gaulle. Xavier intègre la maison familiale la même année, en 1996, avec la création de la quatrième boutique, avenue Louis Barthou à Pornichet. Les magasins changent de nom progressivement entre 2000 et 2006, pour devenir Fleurs de Toscane. En 2007, Xavier Lequerré devient Meilleur ouvrier de France. En 2018, il obtient le Trophée de l’excellence artisanale de la région des Pays de la Loire et il décide alors de se concentrer sur sa boutique d’Escoublac, ce qui lui permet de ne pas se disperser et de répondre aux attentes de ses clients dans toute la France. Fleurs de Toscane, 40 avenue Henri Bertho à La Baule Escoublac. Tél. 02 40 60 37 95. La Baule + : Comment devient-on Meilleur ouvrier de France ? Xavier Lequerré : C’est un long travail. Il faut être patient et avoir une énorme envie de gagner, comme dans la gastronomie ou d’autres corps de métiers. J’ai participé à beaucoup de concours pour me perfectionner dans mes techniques. Tout cela m’a propulsé en finale de la Coupe de France, pour me confronter aux meilleurs au niveau national. De fil en aiguille, j’ai passé des sélections pour le concours du Meilleur ouvrier de France. Ma finale s’est déroulée en 2007 à Lyon, où j’ai décroché le titre ultime. C’est une belle récompense au regard du temps passé. Aujourd’hui, mon équipe, Paul, Marjorie et une jeune fleuriste, Jade, qui a gagné la finale nationale des Meilleurs apprentis de France en novembre dernier, sont à mes côtés pour parfaire leurs techniques. Comment travaillez-vous et comment suivez-vous les tendances ? Il faut s’intéresser à la mode et toujours avoir un coup d’avance. Pour les végétaux, il y a des tendances. Il faut suivre les saisons, chercher de nouvelles textures et ainsi jouer avec les couleurs. Progressivement, on développe cette fibre pour trouver des éléments et savoir les associer et les développer. Cette année, la tendance est au naturel et au retour à l’essentiel. En fait, vous pouvez jouer avec la matière florale, comme un peintre peut le faire avec sa peinture, ou un couturier avec ses tissus… Je donne toujours des formations au niveau national et international. C’est toujours très intéressant d’échanger avec ses élèves, on leur apprend aussi à se confronter au culinaire et à la haute couture. La création de défilés floraux est un moment que j’affectionne énormément. D’ailleurs, une surprise est en préparation pour l’anniversaire de la maison. Vos clients viennent chez vous pour acheter un bouquet de fleurs, comme pour commander une création très élaborée : quels sont vos métiers ? Notre premier métier, c’est le plaisir de tous les jours, c’est la plante ou la fleur coupée. Après, on peut travailler des choses plus intemporelles, avec des matières qui résistent au temps. Nous réalisons en ce moment des cadres végétaux. Nous travaillons évidemment sur les mariages et les séminaires. Enfin, nous allons jusqu’aux très gros événements. J’ai la chance d’être le fleuriste officiel du Puy-du-Fou depuis plus de cinq saisons et j’interviens dans cet endroit exceptionnel entre avril et novembre. Je suis également en charge de gros événements, à Paris, mais aussi avec le Jumping Rolex de La Baule et également Dinard. Ce sont de très belles manifestations qui nécessitent des créations de grande ampleur. Donc, tout cela n’a rien à voir avec ce que l’on peut faire en boutique et c’est vraiment très intéressant. Comment gérez-vous votre temps ? Je me fixe pour règle de toujours être au contact direct de la clientèle. Je veux être fidèle à mon métier, il ne faut surtout pas oublier d’où l’on vient et son métier de fleuriste. C’est pour cette raison que je suis le plus souvent dans mon magasin où je travaille sur des projets. Ce sont de gros événements que je dois mettre en forme, tout cela en échangeant avec mon équipe, car il est important qu’elle puisse s’impliquer. Parfois, la simple mise en place nécessite deux ou trois jours, mais c’est toujours très gratifiant. Xavier Lequerré : l’âme de 75 ans de passion au service de l’art floral
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