La Baule+

la baule+ Novembre 2022 // 27 nous avons tous en tête. Nous avons constaté une surcote marine, c’est-à-dire une hauteur d’eau bien supérieure à celle qui avait été annoncée par l’annuaire des marées. C’était la conséquence d’une dépression atmosphérique, mais aussi des vents qui étaient orientés nord-ouest. Si nous avions eu ces outils à l’époque, nous aurions bénéficié d’une information en temps réel permettant un meilleur ajustement de la réponse en matière de sécurité civile. Quand on mesure en temps réel, lorsque l’on atteint un niveau élevé, il est trop tard pour réagir. Je précise qu’il faut considérer que ces radars s’inscrivent dans un ensemble de dispositifs qui visent à permettre une meilleure connaissance des événements qui vont se produire, sans doute 48 heures à l’avance. En nous appuyant sur d’autres données, on peut ainsi anticiper les élévations potentielles de surcote marine. L’histoire de la limite entre l’eau et la terre est très évolutive. Les cartes étaient différentes à l’époque de Jules César, d’Anne de Bretagne ou de la Révolution française. Donc, ces outils ne visent pas à lutter contre cela, mais surtout à protéger les populations à un instant donné… C’est bien un outil qui vise à protéger les personnes et les biens, mais c’est aussi un outil qui permet d’affiner la connaissance et d’affiner les données. Nous allons donc pouvoir affiner les modèles de variations du niveau de la mer. On pourra également évaluer les tendances sur le long terme. Bien évidemment, ce n’est pas un outil qui va permettre de lutter contre l’élévation du niveau de la mer et il s’agit surtout d’anticiper les politiques publiques. Pourquoi avoir choisi les sites du Croisic et de Mesquer ? Ce sont deux sites très importants. Le Croisic, c’est l’entrée des traicts et des marais salants. Il est donc important d’avoir une information fine et fiable sur les niveaux marins à cet endroit, pour protéger les marais salants et les habitations. Mesquer est aussi un secteur important. Il y a une vraie cohérence globale à avoir installé ces radars sur ces sites. Nous nous étions posé la question d’installer un radar à Pénestin, mais il s’avère que les données que nous collecterons sur Mesquer permettront également de répondre aux besoins d’information de Tréhiguier à Pénestin. Comment allez-vous informer la population en cas d’alerte ? C’est un outil contractualisé avec Météo France pour avoir accès à des informations 48 heures à l’avance. Si l’annuaire des marées annonce une marée de 6,50 mètres en cote marine, en fonction des données collectées, nous saurons si cette marée se situe à 6,30 mètres ou à 6,70 mètres. J’insiste aussi sur les pressions atmosphériques, qui jouent un rôle considérable. En 2014, il y a également eu une succession de tempêtes sur la presqu’île et nous avons observé une surcote de plus d’un mètre. Mais, par chance, cela s’est produit lors d’un petit coefficient de marée et c’est donc passé complètement inaperçu.

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