La Baule+

la baule+ 24 // Mars 2023 Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Heureuse sagesse d’office à la retraite tout pompeur de plus d’un trimestre d’ancienneté. Sa fable pourrait commencer par ces mots: «Un gouvernement sentant sa fin prochaine… » Viendrait ensuite le développement. Il s’agirait de faire avaler à un peuple vermisseau un purgatif retraite dont ce peuple ne veut absolument pas. Il resterait alors au fabuliste à nous éclairer sur quelques points. Le refus reposerait sur ce qui était vendu ou sur qui le vendait ? La potion proposée par une autre engeance, d’une autre voix, moins lointaine, moins arrogante, moins sentencieuse, plus authentiquement exemplaire et bienveillante, peutêtre en irait-il autrement ? Voilà la question que ne manquerait pas de se poser Monsieur de La Fontaine dont l’esprit jamais ne se tarit. (La Fontaine, se tarir… Vous ne pensiez pas y échapper, tout de même ?) Vous m’accorderez cette facilité, j’en suis sûr, d’autant qu’elle me permet de nous épargner - à vous aussi bien qu’à moi - de revenir sur ce qui sursature l’actualité ces derniers temps. L’horreur. L’horreur chimiquement pure, si on veut bien me passer aussi cette désinvolture d’expression. L’horreur sur une route en ligne droite de Seine et Marne. L’horreur dans une classe d’école à Saint-Jean-de-Luz. Notre monde, notre époque seraient-ils devenus une effroyable fabrique de folie ? Folie librement consentie, esclavage auto-infligé de plein gré, dans un cas. Folie subie, pathologique, dans l’autre, suppose-t-on. Je me refusais fermement à évoquer cela dans ce billet, et voilà que j’y plonge la tête la première ! Difficile de se désintoxiquer d’un réel, d’un quotidien aussi glauque. C’est cependant dans cette généreuse intention que je m’astreignais à batifoler du côté de Chamfort, de ses singes, de ses perroquets, du côté de ce moraliste désabusé et mordant qui se plaisait à dire : « Sans le gouvernement, de quoi rirait-on en France aujourd’hui ? ». Du côté aussi de Monsieur de La Fontaine, dont la beauté de la langue suffit à rendre heureux. Heureux d’être français, justement. La Fontaine sur qui il devient urgent de prendre modèle. Sa saine philosophie tient en quatre vers : « J’aime le jeu, l’amour, la musique / La ville et la campagne, enfin tout ; il n’est rien / Qui ne me soit un souverain bien, / Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique. » «Si les singes avaient le talent des perroquets, on en ferait volontiers des ministres.». Voilà ce qu’écrivait en son temps Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort. Si la sentence est particulièrement pertinente lorsqu’elle s’applique aux membres du gouvernement, on sait désormais qu’elle fonctionne tout aussi bien pour mesdames et messieurs les députés. Ces dernières semaines, ils nous ont offert - du moins certains d’entre eux - un vrai festival non-stop de bouffonnerie. En fait, les mots de Chamfort seraient plutôt indulgents, appliqués à ceux-là. Du singe, ils n’ont guère l’agilité, la vivacité, la drôlerie. Du perroquet, ils ont certes la manie de la répétition, de la redite - il s’agit ici de la litanie en copié-collé de milliers d’amendements - mais ils n’en ont pas le plumage chatoyant. Ça manque. Je veux dire qu’un soupçon d’élégance dans la tenue vestimentaire - dans la tenue en général - ne nuirait pas au spectacle. Le souci du costume n’a-t-il pas sa part dans l’art de la bouffonnerie ? Souvenons-nous du bébête show, des coco girls, des Nuls. Il y avait de la recherche, des plumes, du strass, du changement à vue. On respectait le public. Il en avait pour son argent, qui d’ailleurs assez souvent n’était pas le sien, alors que les pitreries de ceux de l’hémicycle sont exclusivement financées par le contribuable. Évidemment, vu sous cet angle, ça fait déjà moins rire. Nous avions également les shadoks, vous vous souvenez, ces êtres bizarres mais sympathiques qui pompaient, pompaient toujours. Ceux d’aujourd’hui ne s’évertuent pas à l’Assemblée mais à Bercy. Et, croyez-moi, pour pomper, ça pompe. On ne peut guère les reprendre sur ce point. La cible, la même, toujours la même, la poche du contribuable. Le mouton, l’éternel mouton, tondu et retondu à plaisir. Le singe, le perroquet, le mouton, Monsieur de La Fontaine nous en aurait fait une jolie fable, assortie d’une édifiante morale, brillamment laconique. Le mouton s’y rebifferait, botterait le train au singe, plumerait ras le perroquet, investirait Bercy et mettrait Labarrière en liberté sur Kernews En direct du lundi au vendredi entre 7h40 et 8h20 Rediffusion des émissions de la semaine le samedi entre 8h et 10h Retrouvez le podcast de l’émission sur le site kernews.fr L'agence immobilière des biens de prestige sur la côte Atlantique. contact@prestige-atlantique.fr 02 40 21 91 13 La Baule - Pornic - Nantes Un bien immobilier valorisé a toujours une part d'exceptionnel

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