la baule+ 10 // Octobre 2023 Immobilier ► Le Groupe Giboire lance à La Baule son premier projet hôtelier Michel Giboire: « La Baule est probablement le meilleur marché de Bretagne. » Le Groupe Giboire vient de poser la première pierre de Canopée, une nouvelle résidence située au cœur de La Baule et composée de 48 logements sur deux bâtiments. Cette résidence sera accompagnée du premier projet hôtelier du groupe. Baptisé « Les Cimes Bleues », ce futur hôtel 4 étoiles de 100 chambres, avec un restaurant et un spa, illustre le développement de l’activité hôtelière du Groupe Giboire. Michel Giboire, président du Groupe Giboire, répond aux questions de La Baule+. La Baule+ : Vous avez dû patienter pratiquement quinze ans avant de pouvoir poser la première pierre de votre nouveau projet. Cela vous amènet-il à réfléchir sur le poids des contraintes et des normes dans notre pays ? Michel Giboire : On est obligé de faire avec. Et c’est malheureusement le cas sur de nombreux projets. Lorsque l’on est en zone tendue, il n’y a pas d’appel possible sur les procédures. Comme ce projet est majoritairement un hôtel, il y a eu une première instance. Puis la Cour d’appel, le Conseil d’État, la Cour de renvoi.... Ce qui représente plus de cinq ans de procédure. Cela signifie-t-il qu’il est beaucoup plus difficile d’entreprendre quand on est indépendant aujourd’hui ? Oui. Si nous avons mis quinze ans pour sortir l’opération des Roches Rouges, il y a eu heureusement d’autres opérations où nous n’avons pas de recours. Parfois, il peut s’écouler trois ans et demi entre le moment où l’on trouve le terrain et celui où l’on livre les appartements. Lorsque les choses s’embrayent mal, cela peut durer très longtemps. Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans le métier de l’hôtellerie ? C’est un choix qui a été fait par Olivier Biancarelli et mon fils François. L’idée est de maîtriser les usages de ce que l’on construit. Nous le faisons déjà dans le domaine de l’habitation et nous venons de créer une filiale de syndic de copropriété qui gérera 100 % de nos immeubles, pour garantir la pérennité des ouvrages vis-à-vis des élus, comme des copropriétaires. Nous avons créé un pôle dédié au coworking et maintenant c’est un pôle hôtellerie. Nous avons quelques projets d’hôtels, nous sommes promoteurs, nous sommes investisseurs, nous restons propriétaires et nous allons aussi exploiter directement les hôtels avec nos propres collaborateurs. Nous aurons donc des logements avec un hôtel. Les copropriétaires vont pouvoir bénéficier des services de l’hôtel, notamment du spa et du restaurant, avec même la possibilité de commander le room service. C’est un plus pour les appartements, mais c’est aussi un plus pour l’hôtel. L’hôtel de La Baule sera ouvert à l’année, avec des salles de séminaires. Tout cela pour attirer une clientèle diversifiée tout au long de l’année. Comment vous organisez-vous dans l’apprentissage de ce nouveau métier ? Nous recrutons actuellement un directeur du pôle hôtelier et il sera en charge de mettre cela en œuvre avec nos équipes. Quel attachement éprouvez-vous à l’égard de La Baule et la Presqu’île ? Nous sommes Bretons. La Baule reste La Baule, j’aime cette station et ce côté chic. Cette image colle bien avec tous nos produits. Nos immeubles s’inscrivent bien dans le paysage baulois. Nous avons une clientèle assez haut de gamme, ce qui correspond à nos opérations. Donc, j’ai beaucoup de plaisir à être à La Baule. C’est probablement le meilleur marché de Bretagne en termes de valeur, car c’est là que les biens sont les plus chers. Où en êtes-vous de votre projet d’hôtel dans le golfe du Morbihan ? Malheureusement, c’est un peu comme celui des Roches Rouges et nous sommes devant le Conseil d’État. Donc, pour le moment, le projet est bloqué. Nous attendons les décisions de justice. Quand on a monté le dossier, c’était un coup de foudre. C’est un lieu exceptionnel. Nous avons été aidés par tous les services de l’État et nous avons respecté à la lettre toutes les règles. Mais cela ne nous a pas empêchés de perdre devant les tribunaux. Donc, il y a un vrai problème de justice, ou d’interprétation, parce qu’il n’est pas possible de travailler pendant des années, en dépensant des centaines de milliers d’euros en études, pour se faire retoquer ensuite devant les tribunaux, alors que nous avons respecté à la virgule près tout ce que l’on nous a demandé de faire. Les racines du groupe sont en Bretagne : comment vous développez-vous en France ? L’entreprise vient de fêter ses cent ans. Nous restons très attachés à la province. Le siège est à Rennes, mais nous construisons en Îlede-France, en Aquitaine, en PACA et en Rhône-Alpes. C’est une étape qui est franchie, grâce à l’arrivée d’une nouvelle génération: Olivier Biancarelli et mon fils François. Je trouve cela très bien. Nous sommes une entreprise familiale, nous voulons rester une PME de province et nous choisissons vraiment nos opérations. Si l’on ne s’entendait pas avec la mairie de La Baule, on ne serait pas à La Baule! Si nous sommes mal accueillis par une ville, nous ne travaillons pas avec elle. Quand on dit quelque chose, on le respecte. Nous avons été soutenus, la ville ne nous a jamais lâchés et c’est très important pour nous. Propos recueillis par Yannick Urrien. François Giboire, Michel Giboire, Franck Lovrier et Olivier Biancarelli
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