La Baule+

la baule+ Décembre 2024 | 19 Ces émotions sont souvent exacerbées lors d’un jeu télévisé ou d’un match de football. À l’inverse, dans la vie privée, les gens ne partagent plus leurs émotions… Ce sont des phénomènes qui vont de pair. Il y a une incommunicabilité dans le privé en raison de nombreux facteurs, notamment les écrans. Il y a cinquante ans, les gens se parlaient dans les transports en commun, alors que maintenant les gens ne se parlent plus. Ils ne lisent même plus de livres. Ils regardent un film ou ils écoutent de la musique. Donc, les échanges se raréfient. Dans les années 90, les laveries automatiques étaient le principal lieu de rencontre des couples qui se formaient. En plus, c’étaient souvent de jeunes célibataires qui allaient dans les laveries automatiques. Aujourd’hui, 70 % des couples se rencontrent via Internet. La répartie, est-ce aussi de l’argot ou un langage plus populaire ? Oui, avant Michel Audiard, c’est quelque chose qui a commencé avec Marcel Pagnol. C’est une sorte de gouaille du Sud, avec de très belles réparties formulées en langage populaire. C’est quelque chose que l’on a vu apparaître au milieu du XXe siècle. Avant de s’incarner, la répartie doit se lire La répartie, ce n’est pas la phrase culte, comme : « Sur un malentendu, je peux conclure… » Cela peut ressortir comme une répartie pour ceux qui connaissent cette référence. Avant de s’incarner, la répartie doit se lire. Si vous prenez l’exemple de la phrase de Michel Blanc, si vous imprimez le dialogue, en le faisant lire à quelqu’un qui n’a jamais vu le film «Les Bronzés », il ne rigolera pas. Une répartie, c’est le contraire, c’est le texte brut. Enfin, quel stratagème avez-vous envie de nous faire partager ? Il faut continuer sur une allégorie. Si votre interlocuteur utilise une allégorie pour vous attaquer, vous lui répondez en filant la métaphore. Par exemple, au XVIIIe siècle, l’amant d’une comédienne lui a dit : « En entrant chez vous, je ne pensais pas occuper un si vaste appartement ». Elle lui a répondu : « C’est parce que je ne vous attendais pas avec un aussi petit bagage. » Propos recueillis par Yannick Urrien.

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