la baule+ 30 | Décembre 2024 Médias ► La liberté d’expression est-elle menacée ? André Bercoff : « Dans ce que l’on appelle les démocraties, on ne tue pas, mais on invisibilise, à travers une mort sociale. » André Bercoff est journaliste et écrivain. Il anime une émission quotidienne sur Sud Radio et il est devenu l’un des interviewers les plus populaires sur les réseaux. Il est récemment venu à La Baule pour donner une conférence sur la liberté d’expression, à l’invitation de l’association Cercle 7. Ce fut l’occasion pour lui de passer quelques jours de vacances à La Baule et de répondre aux questions de Yannick Urrien. La Baule+ : On a le sentiment que la liberté d’expression se restreint au même rythme que les libertés individuelles ou le droit de propriété. Que pensez-vous de cette réflexion ? André Bercoff : Oui, je crois qu’il y a un tout, car quand on parle de la liberté d’expression qui se réduit, on parle des expressions de la liberté qui se réduisent et ce n’est pas simplement un jeu de mots. La liberté, c’est la responsabilité, mais c’est surtout la pluralité. Un peu partout dans le monde, pas seulement en France, au nom de la liberté et de la pluralité, on restreint les choses. Par exemple, on nous explique qu’il faut le pluralisme. Cependant, quand Madame Delphine Ernotte, PDG de France Télévisions, dit : « On ne parle pas de la France telle qu’elle est, mais comme on voudrait qu’elle soit », c’est extraordinaire, le réel ne compte plus et, ce qui compte, c’est sa perception du réel. La nouvelle directrice de France Inter a récemment dit que son antenne était ouverte à tout le monde, mais attention, quiconque ose mettre en question le réchauffement climatique n’a pas sa place sur France Inter ! Cela veut dire que, au nom de la soi-disant démocratie dont on se gargarise, on vous explique que si vous n’êtes pas d’accord, vous n’aurez pas la parole. C’est de la fausse morale car derrière cela, il y a cette prétention de savoir ce qui est bon et d’être dans le camp du bien. À partir du moment où vous n’êtes pas d’accord avec moi, vous n’êtes pas dans le camp du bien, donc vous êtes dans le camp du mal. On ne va pas vous mettre en prison, on ne va pas vous tuer, on ne va pas vous mettre dans un camp de concentration... Mais on ne va pas vous donner la parole. Quiconque va à rebours de la doxa devient invisible Et l’on va aussi vous fermer votre compte en banque… Bien sûr. Non seulement votre compte en banque, mais on va également vous réduire beaucoup de choses. Cela s’appelle le mensonge par omission. On ne va pas vous attaquer, mais on ne parlera plus de vous. Vous serez sur une liste noire, vous n’existerez plus. Regardez ce qui se passe depuis quelques années sur de nombreux sujets, comme l’histoire de la Covid 19, le réchauffement climatique ou la guerre entre la Russie et l’Ukraine. On voit bien que quiconque va à rebours de la doxa devient invisible. Cela s’appelle l’invisibilisation, toujours au nom du bien et de la bonne conscience. La plupart de nos compatriotes allèguent que c’est une caricature et que nous sommes toujours dans une démocratie… J’adore ! Bien entendu, nous ne sommes pas en Corée du Nord. Mais est-ce parce que nous ne sommes pas en Corée du Nord que tout se passe bien ? Au nom de quoi, à partir du moment où vous dites liberté, égalité, fraternité, France pays des droits de l’homme et de la liberté, faut-il accepter une espèce de banalisation et d’aseptisation des propos ? Il y a eu une expérimentation à l’échelle mondiale de ce que j’appelle le management par la peur Si l’on prend l’exemple du débat sur la vaccination, on vous répond que les propos de certaines personnes peuvent inciter des gens à ne pas se faire vacciner, donc à se mettre en danger et à mettre en danger les autres… Idem pour le climat… Rappelez-vous les milliards de réfugiés climatiques qui allaient déferler : on les attendencore ! Il y aquatre ans, ce n’est pas il y a très longtemps, seulement quatre ans, on nous disait «Tous vaccinés, tous protégés », il fallait vacciner les enfants, on arrêtait les gens sur la plage, alors que, quelques semaines plus tôt, on disait que le masque ne servait à rien. Rappelez-vous quand même cette vidéo immonde où l’on voyait une petite fille embrasser sa grand-mère et, l’image d’après, la grandmère était intubée en train de crever, comme si la petite fille avait empoisonné sa grand-mère ! Tous les scientifiques, y compris le professeur Delfraissy, président du Conseil scientifique, disent aujourd’hui : « On a foncé, mais on ne savait pas ». Il faut le dire, ce n’est pas une question de vaccination, il y a eu une expérimentation à l’échelle mondiale de ce que j’appelle le management par la peur. On nous a dit : « On va s’occuper de vous, on va vous faire peur, ne nous embêtez pas, on va vous faire vivre dans une certaine appréhension pour que vous restiez tranquilles. » Une expérimentation psycho-mentale Je me souviens des consignes d’un médecin, à l’époque adjoint au maire de La Baule, qui était avec sa note de la Préfecture pour nous expliquer très sérieusement que sur la plage, il fallait être en position debout et active ! Votre interlocuteur a eu un grand maître en la personne de Jean Castex, ancien Premier ministre, qui disait que dans un bar, il fallait consommer assis, mais pas debout ! Tout cela en précisant que le virus passait à 1,50 mètres : « En dessous, vous ne risquez rien. Au-dessus, le virus vous tue». Quand on est arrivé à ce niveau d’abrutissement et de crétinerie organisé, on peut quand même se poser des questions. C’était une expérimentation psycho-mentale qui va au-delà de la santé, comme des rats de laboratoire, pour nous faire accepter la peur. J’ai eu le feuilleton de l’ordinateur du fils Biden, c’est hallucinant Dans beaucoup de pays, y compris ceux que l’on qualifie de dictatures, le champ de la liberté d’expression est beaucoup plus vaste, car les gens peuvent librement parler de géopolitique, du
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