La Baule+

la baule+ Avril 2025 | 19 train de basculer avec, d’un côté, des gens qui réagissent très rapidement, même avec une part de folie et, de l’autre, les premiers de la classe qui continuent de réfléchir ? Complètement. J’espère que ce monde va basculer et que l’on va arrêter d’être des premiers de la classe, des donneurs de leçons, et que l’on va être davantage dans la vraie ouverture d’esprit et la vraie ouverture à l’autre. Il faut aussi de l’action pour faire de soi-même, de nos enfants et de notre nation, une communauté plus grande, plus belle et plus forte. Il faut arrêter de se plaindre et d’être fiers d’être des victimes. Trump : c’est une excellente chose qu’il nous bouscule Prenons l’exemple de Donald Trump. On s’évertue à nous dire qu’il est méchant, que c’est un tyran, un dictateur… Je ne vous demande pas un commentaire politique mais, sur le plan psychologique, comment le qualifieriez-vous ? Comment faut-il réagir face à ce genre de personnage ? Je ne vais pas vous répondre en tant que psy, tous les psys ont des avis différents... Donc, je vais vous répondre en tant que femme. C’est un avis personnel. J’ai une grande admiration pour les gens qui bousculent les choses et qui nous font réfléchir. Donald Trump ne serait pas mon ami, car je pense qu’une conversation avec lui, dans les domaines qui m’intéressent, ne serait pas folichonne. Cependant, j’ai une énorme admiration pour ce personnage qui fait bouger les lignes. C’est quelqu’un qui agit. Il fait peur par rapport à ses excès et je trouve que c’est une excellente chose qu’il nous bouscule. En Europe, nous sommes tous pleins de nous-mêmes. On a beaucoup de certitudes, on classe le bien et le mal de façon très caricaturale, on attaque Trump parce que c’est une caricature. Mais, en face, nous sommes dans une bien-pensance tout aussi caricaturale. Il nous bouscule et sa folie vient nous toucher dans notre rigidité. On me demande assez régulièrement ce que l’autre peut avoir dans sa tête Depuis Gengis Khan, les cours royales et les chefs d’État ont souvent fait appel à des psychologues pour analyser l’adversaire et savoir comment réagir face à lui. L’idée, tel un mentaliste, est de cerner comment pensent les autres. Travaillez-vous sur ce sujet ? Je fais cela au quotidien dans mes consultations, puisque j’accompagne des personnes qui sont parfois des puissants de ce monde, pas à l’international, mais au niveau national. On me demande assez régulièrement ce que l’autre peut avoir dans sa tête et comment communiquer avec lui de la meilleure façon qui soit. Cependant, c’est de plus en plus rare, parce que l’on a toujours peur de manipuler. On a l’impression que tenter de persuader quelqu’un, c’est être dans le camp du mal parce qu’on veut le manipuler. Or, la manipulation est un acte quotidien. Si vous mettez une cravate rouge plutôt qu’une cravate verte, c’est que vous recherchez tel effet. Si je me maquille d’une certaine manière, c’est forcément pour manipuler les autres en leur donnant telle image de moi, mais pas telle autre. Aujourd’hui, tout est manipulation. Mais il ne faut pas le dire... Propos recueillis par Yannick Urrien.

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