La Baule+

la baule+ Décembre 2025 | 9 l’Arménie et l’Azerbaïdjan, l’histoire de Khrouchtchev qui a donné la Crimée à l’Ukraine, etc. Cela va surtout servir à comprendre le monde et anticiper le futur, car c’est ce qu’il y aura de plus utile à l’ère de l’intelligence artificielle. Avec Olivier Babeau, nous anticipons ce qui est essentiel pour l’avenir de nos jeunes. Nous sommes tous les deux pères de familles nombreuses. Il faut d’abord une excellente culture générale et une très bonne culture historique. Il faut ensuite une bonne connaissance des systèmes d’intelligence artificielle pour être capable de les piloter, afin d’en être l’orchestrateur. Il faut du courage, la volonté d’agir, la volonté d’apprendre en continu, le courage de travailler. Enfin, il faut agir et produire en imaginant de nouveaux métiers et de nouvelles activités. On a parfois l’impression que nos gouvernants font des erreurs parce qu’ils manquent de culture générale. Par exemple, la leçon du Traité de Versailles est qu’il ne faut jamais humilier son adversaire lorsque l’on a gagné une partie… Au Parlement, il n’y a pas que la culture historique qui manque à beaucoup de députés ! Notre prix Nobel d’économie a déclaré dans les médias qu’il était affolé par la nullité et la faible culture économique des députés. Quand on voit Monsieur Coquerel, le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale et haut dirigeant mélenchoniste, qui défend la taxe Zucman depuis des mois, il n’a rien compris. Il pensait que c’est un impôt sur le revenu, alors que c’est un impôt sur le capital. On mesure le degré d’inculture dans tous les domaines, y compris dans le domaine économique, chez nos politiciens. Les gens malins ne sont plus députés aujourd’hui On s’est attardé sur des diplômes qui ne veulent pas grand-chose… Ce n’est pas tellement une question de diplômes. En réalité, le niveau des députés s’est effondré. Les gens malins ne sont plus députés aujourd’hui, à quelques exceptions près. Il y a une «médiocrisation » de la classe politique qui est très nette. Dans les années 80, les députés étaient d’un bien meilleur niveau qu’aujourd’hui. On observe une fuite des meilleurs en dehors de la politique depuis des décennies. Est-ce parce que c’étaient aussi des générations qui avaient connu la guerre, la souffrance et la débrouillardise ? Peut-être, mais pas seulement. Les carrières dans le privé étaient moins attractives à l’époque, alors qu’elles le sont davantage aujourd’hui. L’État est devenu impuissant, donc être au Parlement n’est plus très intéressant. Le degré de liberté d’un parlementaire est aujourd’hui presque nul. Les gens les plus travailleurs, les plus innovants, les plus intelligents, auront de plus belles carrières que les gens fainéants, pas innovants et pas très intelligents Demain, il y aura les plus capables, ceux qui auront une bonne culture générale et qui sauront manier l’intelligence artificielle. Mais que deviendront les autres ? Nous rentrons dans une économie de la connaissance et nous sommes concurrencés par l’intelligence artificielle. Donc, mécaniquement, les gens les plus travailleurs, les plus innovants, les plus intelligents, auront de plus belles carrières que les gens fainéants, pas innovants et pas très intelligents. C’est moralement injuste, mais c’est une évidence. Dans une économie de la connaissance, il y a une prime importante pour les gens les plus malins et les plus innovants. Pourquoi est-ce moralement injuste ? On nous a toujours appris qu’il fallait être plus débrouillard et plus cultivé… Évidemment, mais par rapport à l’idéal égalitariste très français, le fait qu’il y ait des différences en fonction des capacités est aujourd’hui devenu quasi tabou. Propos recueillis par Yannick Urrien.

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