La Baule+

la baule+ 16 | Mars 2025 Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Jusqu’au dernier soupir Notre époque a ceci de remarquable qu’elle semble ne devoir reculer devant aucune petitesse, aucune indélicatesse, aucune occasion de laisser libre cours à son sens prodigieux du sordide, du mesquin, du mauvais goût, de l’inélégance. Ces jours-ci, nous venons d’atteindre des sommets dans ce registre, quasi inépuisable il est vrai. Figurez-vous que la Société des Auteurs Compositeurs de Musique (SACEM) est parvenue à finaliser un accord avec la fédération des entreprises de Pompes funèbres, ces officines du dernier voyage dont les réclames un rien envahissantes nous garantissent que le moment venu tout se fera dans le respect et la solennité que mérite ce départ sans retour. Or, un constat a fini par s’imposer à la vigilance sans faille des agents de la SACEM. Perspicaces en diable, ces gens ont observé qu’il n’était pas rare en effet que le candidat à l’ultime passage ait exprimé auparavant le souhait que, lors de ses obsèques, soit diffusée telle musique, telle chanson qu’il appréciait particulièrement de son vivant. Désir que les familles et proches se font évidemment un devoir et un plaisir de satisfaire. Quoi de plus naturel ? Et assurément, continueront-ils de le faire. Une différence cependant. Désormais, la ritournelle du requiescat in pace ne sera plus gratuite. La SACEM y veillera et Borniol and co se chargera du recouvrement. Une taxe de droits d’auteur dûment inscrite sur la facture finale. Il n’y a pas de petit profit et l’argent dont on sait qu’il n’a pas d’odeur devra désormais venir se mêler aux fragrances de l’encens. Fragrances qu’il conviendrait aussi d’envisager de taxer, de même que la flamme des chandelles au titre de la nécessaire décarbonation de l’atmosphère. Et, tant qu’on y est, ne faudrait-il pas envisager aussi d’assujettir la recette de la quête à la TVA. Il serait en effet trop facile d’arguer du fait d’être mort pour se soustraire à de si louables marques de solidarité avec les vivants. Il restera, il est vrai, à trouver une juste combine pour rentabiliser la minute de silence. Un barème de quart de minute, de demi-minute, peutêtre bien ? À étudier. Mais on devrait trouver, qu’on se rassure. Nous découvrons à cette occasion qu’il y aurait une sorte de hit-parade des airs les plus funérairement compatibles. En un, viendrait «Puisque tu pars », de Jean-Jacques Goldman. En deux, « Les Paradis blancs », de Michel Berger. En trois «Mon Vieux » de Daniel Guichard. (Me permettrai-je une suggestion ? Que les paroliers se grouillent de pondre un pendant intitulé « Ma vieille », afin que l’ensemble du spectre de la clientèle se trouve ainsi couvert. Ce serait toujours cela de plus à prendre au passage.) Cependant on ne pourra pas s’empêcher de déplorer que le remarquable auteur-compositeur de La Danse des Canards n’ait pas grandchose à espérer de cette innovation. Il n’est pas le seul, hélas. Beaucoup d’autres comme lui n’auront pas pensé à trousser une œuvre dédiée « dernière heure » tandis qu’ils étaient en situation de créer. N’est pas Mozart qui veut, lui qui, fine mouche, à toutes fins utiles, a bien pris soin d’estampiller Requiem une de ses compositions. Génial jusque dans l’anticipation, le Wolfgang ! Injustice donc pour les étourdis en la matière. Une injustice que la corporation devrait avoir à cœur de corriger en créant, par exemple, un fonds de péréquation au profit des exclus de funérailles. Ce serait la moindre des choses. Les bannis de musiques d’ascenseur ont le leur, je présume. On sourit évidemment. Sourire forcé. Car qu’on en soit arrivé à penser - seulement penser ! - à tarifer jusqu’au dernier soupir de l’ultime chanson d’une vieme semble relever d’une petitesse d’esprit et d’une bassesse d’âme qui en disent très long sur le degré de décadence que nous avons atteint. Qu’il ne se soit trouvé personne à la table des tractations morbides SACEM croque-morts pour en appeler à la décence, à la dignité, à la bienveillance, à la compassion a de quoi horrifier. Taxer la dernière chanson du défunt comme on taxe le dernier flonflon du bal des pompiers, il fallait y penser. Ils l’ont fait. Quelle honte ! Les habitants de Cap Atlantique ne verront pas leurs taux d’imposition locale augmenter en 2025. Comme prévu par les élus, les taux restent inchangés, malgré une légère hausse des bases fiscales liée à l’inflation (+1,7 %). Le budget communautaire s’élève à 167 M€, dont 47 M€ dédiés aux investissements pour des équipements et infrastructures. Concernant la taxe Gemapi, son produit est fixé à 1 M€ pour financer la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations. En parallèle, l’Agglo poursuit son soutien aux communes avec 2 M€ annuels pour des projets locaux et 3 M€ supplémentaires pour des équipements structurants. En ce début d’année, cinq communes bénéficieront d’une enveloppe totale de 580 000 € pour divers aménagements et rénovations. Enfin, la Teom (taxe d’enlèvement des ordures ménagères) pourrait progressivement diminuer grâce à l’investissement dans le futur Centre de valorisation des déchets à Nantes, réduisant ainsi les coûts de transport des déchets. Cap Atlantique maintient ainsi un haut niveau de services tout en optimisant ses finances. Stabilité fiscale à Cap Atlantique en 2025 Du 8 au 23 mars 2025, la galerie Graffiti et Cie au Pouliguen met à l’honneur une famille où l’art est une affaire de transmission. L’exposition « Reysset collages et compagnie » réunira les œuvres de Pascal, Tanguy, Karine et Paul Reysset, quatre artistes aux univers distincts mais complémentaires. Spécialiste du collage en noir et blanc, Pascal Reysset propose une approche intimiste et poétique, tandis que son fils Tanguy décline cet art sur des paravents, des tables et de grands collages colorés, travaillés avec laque et surlignages vibrants. De son côté, Paul Reysset, ancré dans l’univers du graph, apportera une touche urbaine et contemporaine à l’exposition. Enfin, la romancière Karine Reysset, dont le dernier livre Dans la maison d’été a connu un beau succès au Pouliguen en 2024, viendra enrichir cette rencontre Le Pouliguen : une exposition familiale à la galerie Graffiti et Cie artistique avec ses mots. En plus de l’exposition de cinquante collages signés Pascal et Tanguy Reysset, plusieurs temps forts viendront ponctuer ces deux semaines : Conférence sur l’art du collage par Pascal Reysset le vendredi 14 mars à 18h à la Micro-Folie, salle Baudry. L’artiste reviendra sur l’influence des mouvements surréalistes, dadaïstes et symbolistes. Lecture et dédicace de Karine Reysset le samedi 15 mars à 15h à la galerie, en partenariat avec la librairie du Pouliguen. Performance live de graph par Paul Reysset le samedi 22 mars à 15h à la galerie.

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