la baule+ 10 | Février 2026 Il y a de plus en plus de gens qui ne publient plus rien sur Facebook et qui se contentent d’observer ce qui se passe. Il y en a aussi qui abandonnent Facebook et Instagram. Ont-ils tendance à se protéger moralement ? Le groupe Meta n’a pas su renouveler son offre, particulièrement sur Facebook. Les gens quittent Facebook parce qu’il ne s’y passe plus rien et il est difficile d’avoir toujours quelque chose d’intéressant à dire. Quand j’accompagne des dirigeants d’entreprise ou des politiques, je leur dis que s’ils ne donneraient pas au JT de 20 heures de TF1 l’information qu’ils veulent partager, alors il est inutile de la publier sur X. C’est du bon sens. Si l’on fait des publications uniquement pour faire du remplissage, cela dessert la personne et il vaut mieux avoir l’air intelligent une fois, qu’apparaître comme un abruti une vingtaine de fois. Il faut de la densité, avoir du fond et être vrai. Il faut de l’épaisseur, un surplus d’émotion. Sinon, c’est lisse. Le scroll est conçu pour éteindre le DMN, c’est-àdire le siège de la créativité, de la synthèse et de la construction dans notre cerveau. Donc, cela implique que les messages et les publicités sur Facebook et Instagram ne serviraient à rien... J’ai invité des gens à faire un test en faisant défiler leur LinkedIn pendant 20 secondes et en leur demandant après le nombre de logos qu’ils avaient identifiés ou aimés. Dans 99 % des cas, c’est zéro ! Aujourd’hui, les logos ne fonctionnent plus du tout et il faut vraiment avoir une marque très forte comme McDonald’s. D’ailleurs, ils n’ont même plus besoin de mettre leur logo : ils mettent simplement un paquet de frites et l’on comprend que c’est McDonald’s. 99 % des marques n’existent pas. Elles doivent exister par l’incarnation et pas par des porte-paroles. Il faut fuir les notifications permanentes, il faut éviter d’être surveillé et fiché Par exemple, Xavier Niel avec Free… C’est un très bon exemple. C’est une personnalité, c’est aussi un personnage, c’est quelqu’un qui joue le jeu. Le nouveau luxe aujourd’hui, c’est le silence, l’anonymat et le temps. Il faut fuir les notifications permanentes, il faut éviter d’être surveillé et fiché. C’est la raison pour laquelle on voit de plus en plus de dumbphones. Ce sont ces téléphones sans la 5G ou sans la 4G, qui ne servent qu’à téléphoner et à envoyer des SMS. On assiste aussi au retour du Nokia 3310. Ce sont des gens qui ne veulent pas se mettre en retrait de la société, mais qui veulent rester dans leur environnement, dans leur écosystème, avec leur réseau. Ces gens n’ont pas envie de participer à ce grand cirque informationnel. Le silence, c’est aussi le choix de ne pas dire toutes les cinq minutes ce que l’on pense sur un réseau Notre conversation me fait penser à la métaphore suivante : imaginons une plage. La classe moyenne est sur sa serviette, passe son temps à scroller sur les réseaux, mais elle ne profite pas vraiment de la nature. En face, au large, sur un bateau, un chef d’entreprise, quadra ou quinquagénaire, avec un téléphone basique, lit Le Figaro ou Les Échos en version papier… Dans votre image, vous décrivez la perte des émotions des personnes qui sont sur leur serviette de plage. C’est ce que disent les médecins avec l’addiction aux écrans chez les jeunes. C’est un problème de santé publique, un peu comme le tabac dans les années 70. C’est même plus profond. Le tabac s’attaque à nos poumons, alors que le Vibe Capitalism s’attaque à notre ontologie et à ce qui fait de nous des êtres singuliers. Quand on ne sait plus identifier ses propres émotions, sa mélancolie, sa nostalgie ou sa joie, on devient un terminal passif. Sur la seconde partie de votre image, vous décrivez ceux qui ont compris qu’ils avaient droit à leur futur et qui veulent garder la main sur leur imaginaire et leur réflexion. Le silence et le temps, c’est du luxe. Le silence, ce n’est pas ne rien dire et ne pas penser. Le silence, c’est aussi le choix de ne pas dire toutes les cinq minutes ce que l’on pense sur un réseau. Vous évoquez cette personne qui lit son journal papier, en miroir à ces gens qui sont sur les réseaux sur la plage, et cette personne est dans la réflexion avec du fond et de la profondeur, ce qui lui permet de structurer sa réflexion et son imaginaire. Cette personne n’a pas besoin de faire des tweets pour s’enrichir intellectuellement et elle ne vend pas son âme et sa réflexion aux géants des réseaux sociaux. Propos recueillis par Yannick Urrien. François Gombert : « Aujourd’hui, les logos ne fonctionnent plus du tout et il faut vraiment avoir une marque très forte. » la baule+ Contactez : Fabienne: 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com Hervé : 06 52 20 34 64 herve@labauleplus.com La référence locale des annonceurs exigeants
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