Février 2026

la baule+ Février 2026 | 19 Alors que les commémorations du 80ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale battaient leur plein, Pornichet a vu disparaitre l’un des artefacts du conflit pourtant bien connu des Pornichétins et qui a d’ailleurs laissé une empreinte toponymique forte dans l’extrémité Est de la commune. Il avait également été inventorié, décrit et répertorié par les spécialistes de la période. Pour rejoindre la D92, il faut en effet emprunter l’avenue du Petit Canon qui prolonge une impasse éponyme. Un bien étrange toponyme en vérité dont l’origine ne plonge pas ses racines dans l’Ancien Régime ou des siècles plus immémoriaux encore comme une analyse superficielle pourrait le laisser penser. Dans une propriété privée située à proximité immédiate sur un petit tertre aménagé trônait tout simplement un « Petit Canon », plus précisément la tourelle d’un char Renault FT 17 dont l’armement a suscité de nombreuses interrogations, si ce n’est de polémiques. En effet, ceux-ci étaient d’ordinaire équipés soit d’un canon court de 37 mm semi-automatique pour les chars dits « mâle » soit d’une mitrailleuse Hotchkiss de 8 mm pour les chars dits « femelle ». Or, dans le cas présent, il s’agit d’une mitrailleuse lourde Hotchkiss de 13,2 mm, à savoir un calibre très peu répandu à l’époque. Il est probable qu’elle a été adaptée sur cette tourelle qui elle-même Courrier des lecteurs Fallait-il sauver le Petit Canon de Pornichet ? Le « Petit Canon » en 2003 a été réemployée ensuite afin d’équiper un tobrouk c’est-à-dire l’une de ces petites casemates enterrées mais à ciel ouvert. Ils étaient généralement équipés d’une mitrailleuse MG 34 ou MG 42 voire d’un mortier, parfois d’un lance-flamme ou encore de matériel optique permettant de guider les tirs de l’artillerie de marine. Ils pouvaient également être recouverts d’une cloche d’acier ou comme dans le cas présent d’une tourelle de char du même diamètre. Ces tobrouk se retrouvent en grand nombre sur le mur de l’Atlantique et d’une manière plus générale dans les zones portuaires. Une base est d’ailleurs visible quelques rues plus loin au beau milieu d’un champ à côté des vestiges d’un blockhaus destiné plutôt à un usage technique. Au fil des années, la tourelle a perdu de sa superbe car le canon n’a pas résisté aux assauts de la rouille et à l’usure du temps avant qu’elle ne disparaisse progressivement engloutie par la végétation puis proprement escamotée par des travaux de terrassement sur le terrain jouxtant la maison. La Seconde Guerre mondiale a pourtant suscité de l’immédiate après-guerre jusqu’à nos jours un nombre pour le moins conséquent de publications qu’elles soient « scientifiques » ou, au contraire, destinées à un très large public et ceci toutes générations confondues. Elle a constitué également le substrat temporel à un nombre tout aussi conséquent d’œuvres de fiction qu’elles soient littéraires ou cinématographiques. Il est bien rare en effet que plusieurs années se passent sans que sa filmographie ne s’enrichisse d’un titre majeur. Toutefois, il ne s’agit là, à bien des égards, que d’un intérêt virtuel ou tout du moins immatériel car les vestiges eux-mêmes qui constituent pourtant comme autant de points d’ancrage mémoriel ne semblent pas générer une telle adhésion. Episodiquement, la presse locale évoque ainsi la destruction de bribes encore subsistantes du mur de l’Atlantique qui faisaient pourtant partie du paysage et il est probable que celles-ci iront crescendo avec le renchérissement des matières premières car acier et béton des blockhaus s’avèrent recyclables à 100 %. Aussi, il y a fort à parier que les plus modestes, souvent situés sur des terrains privés, connaitront à terme le même destin funeste. Mais, bien malin alors celui qui pourra encore disserter sur l’origine de ce toponyme absent des cartes anciennes et qui s’est progressivement étendu à l’ensemble de cette partie de la commune. Grégory Aupiais. Pour en savoir un petit peu plus, voir Grégory Aupiais, « L’énigme du Petit Canon de Pornichet », Histoire & Patrimoine, n°104, décembre 2022, p.82-86 et beaucoup plus Luc Braeuer, Forteresse Saint-Nazaire, Saint-Nazaire, Liv’Éditions, 2021 que je remercie au passage pour son accueil et les précisions apportées. Les horloges du Pouliguen déposées pour maintenance Les cinq horloges communales du Pouliguen ont été décrochées mardi 20 janvier, dès la première heure, par les agents des services techniques. En cause : des dysfonctionnements réguliers. Ces horloges, repères bien connus des habitants comme des promeneurs, sont situées passage des Évens, au niveau du vieux pont, et à l’extrémité de la promenade du Port, au début de la Vigie. Les deux sites sont équipés d’horloges à double face. Les mécanismes ont été confiés à une entreprise bretonne spécialisée dans l’horlogerie d’édifices. La réinstallation se fera progressivement. La municipalité annonce un retour sur l’espace public au plus tard au cours de la première semaine d’avril.

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