La Baule+

12 // Avril 2021 La Baule + : Quelles rai- sons vous ont amené à vous intéresser à la Se- conde guerre mondiale à La Baule ? Antoine George : C’est d’abord en lisant le livre de Luc Braeuer, qui dirige le musée du Grand blockhaus à Batz-sur-Mer, qui a une ico- nographie exceptionnelle. J’ai appris cette anecdote : un officier de sous-marin al- lemand attrape la syphilis et il choisit de se suicider car dans l’armée allemande à cette époque, quand on at- trapait la syphilis, on était considéré comme un déser- teur. Pour éviter d’être fu- sillé, il a choisi de se suicider. Je me suis demandé ce qui s’est passé à La Baule pen- dant la guerre et comment cette infrastructure luxueuse s’est parfaitement adaptée à un occupant qui cherchait les conditions de séjour les plus agréables. Donc, il y a eu un très grand nombre de soldats allemands mais, finalement, il n’y a eu que deux bombes qui sont tombées sur L’Her- mitage, sans exploser, alors que Saint-Nazaire a été dé- truite à plus de 50 %. Vous insistez aussi sur le contraste entre cette ville de fêtes avant la guerre et l’arrivée bru- tale des Allemands… A.G : La Baule était un lieu de fêtes exceptionnel pour les personnes d’un certain stan- ding. L’héroïne du livre, étu- diante aux beaux-arts, est ve- nue s’installer pendant la guerre, parce qu’une école de beaux-arts s'était établie à La Baule. Caroline Glon : C’était un endroit très chic, avec Ker Causette notamment. Charlie Chaplin était venu. Il y avait les concours du plus beau mollet, du plus beau pyjama ou du plus beau bébé... On était dans la fête et dans l’in- souciance. Les frères Braeuer ont fait énormément de livres sur la vie à La Baule pendant la guerre, avec de nombreuses anecdotes sur la vie des Baulois. Peut-on vraiment parler d’une période de guerre, puisque vous décrivez une vie normale au cours de la première partie de l’Occupation, une ville qui est toujours dans l’amusement et vous em- ployez même le terme de guerre d’opérette… A.G : C’est sévère ! Les conditions de vie étaient quand même difficiles. Il y avait beaucoup de privations, notamment au moment de la poche de Saint-Nazaire. Mais on peut dire que La Baule a offert à l’occupant le rêve de ce qu’il pouvait imaginer, avec des hôtels de luxe dans lesquels il pouvait s’installer sans vergogne, ou des magni- fiques villas. Les militaires de l’armée de terre étaient dans la logistique et il y avait aussi les sous-mariniers. C’était une caste assez particulière et tous ces gens étaient heu- reux de se retrouver à La Baule. Je cite aussi la de- mande d’une Nantaise, ac- ceptée par la mairie de La Histoire ➤ Le romancier nantais et la présidente de l’Association pour la Sauvegarde du patrimoine de La Baule-Escoublac racontent l’histoire de la presqu’île sous l’Occupation Antoine George : « La Baule a offert à l’occupant le rêve de ce qu’il pouvait imaginer. » A ntoine George, qui habite à Pornichet, vient de publier un roman historique pas- sionnant qui se déroule à La Baule sous l’Occupation. Ses héros fictifs évoluent entre juin 1940 et mai 1945 dans un environnement que l’auteur a voulu conforme aux faits historiques : « En 1940, après deux décennies étourdissantes, La Baule vit dans le luxe et la fête. Fin de partie lorsque le casino est trans- formé en hôpital et que les deux plus grands hôtels sont réquisition- nés pour l’état-major anglais. Puis, à partir du 15 juin 1940, la guerre est perdue, la moitié du pays est occupée par l’ennemi et le destin heureux de La Baule est percuté par les événements ». Ainsi, « les Allemands pénètrent dans La Baule. Partout, ce ne sont qu’hôtels de luxe et villas cossues, c’est un cadeau pour l’occupant. Ils les réquisition- nent pour y loger l’état-major et les troupes ». Yannick Urrien a réuni Antoine George et Caroline Glon dans le studio de Kernews pour évoquer cette période. Caroline Glon est avocate de profession, conseillère municipale à La Baule en charge de l’urbanisme, de l’habitat, des travaux et du patrimoine, et prési- dente de l’Association pour la sau- vegarde du patrimoine de La Baule- Escoublac. Antoine George dédicacera son livre le vendredi 23 avril, entre 16h et 17h30, à la Librairie Lajarrige, 2 avenue Lajarrige à La Baule. «Contre Courants » d’AntoineGeorge est publié aux Éditions Art 3.

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