La Baule+
Février 2021 // 5 sonnement à court terme nous rend aveugles sur un rai- sonnement à long terme, puisque nous condamnons à mort peut-être plus de monde encore. Je pense à tous ceux qui avaient rendez-vous à l’hôpital pour une opération importante et qui n’ont pas pu la faire à cause de l’engor- gement du Covid. Ils vont mourir peut-être dans quelques années d’une mala- die qui n’aura pas été détectée ou pas été soignée à temps. Je pense à tous les jeunes qui, dans dix ou vingt ans, seront peut-être dans un état de pau- vreté ou n’auront pas fait la carrière qu’ils auraient pu faire, parce que l’on aura ruiné l’économie pour sauver des vies. Certes, ce n’est pas pour cela qu’il fallait laisser mourir les gens, il ne faut pas renverser la chose, mais il faut être conscient du coût à moyen et long terme de notre réflexe à court terme. Il faut maintenant se concentrer sur les efforts qu’il va falloir four- nir pour que la rançon des vies sauvées ne soit pas trop élevée. Il y a eu en effet une fonction anxiogène des médias Vous abordez la tyran- nie de l’information per- manente, avec ces chaînes en continu qui tétanisent notre pays… Les chaînes d’information, en général, c’est pour parler des trains qui déraillent et pas des trains qui arrivent à l’heure. Mais quand il n’y a plus que des trains qui déraillent, cela devient une machine à fabri- quer de l’angoisse et il y a eu en effet une fonction anxio- gène des médias. Sans doute faudra-t-il avoir un regard, plus tard, un peu critique sur ce que nous avons tous fait. Pas tellement sur la manière dont a été traitée l’épidémie, c’était quand même une ca- tastrophe, mais sur l’ampleur que l’on a donnée au sujet puisqu’il n’y avait plus que cela dans les journaux, à la ra- dio et sur les chaînes d’info. Ce sujet Covid avait effacé tous les autres sujets. Qui s’est rendu compte qu’il y avait une guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ? Qui a suivi de près les grands mouvements géopolitiques de la planète ? Nous étions tous à 100%hap- pés par l’obsession Covid, parce que nous avions peur pour nous et on se fichait un peu de ce qui se passait à l’autre bout du monde. Au- delà de cette machine anxio- gène des médias, je pointe aussi la responsabilité de l’ad- ministration. Tous les soirs, Jérôme Salomon venait don- ner des chiffres toujours plus calamiteux sur l’épidémie à travers le monde. L’angoisse a été organisée par l’adminis- tration et le pouvoir politique pour que les gens se tiennent à carreaux. Et cela a marché ! On est resté tranquille pen- dant le confinement et on a été discipliné, parce que la li- tanie des chiffres et de la réa- lité hospitalière avait réussi à nous terroriser. À aucun mo- ment on ne pouvait lever le doigt pour dire : il faudrait peut-être penser à l’avenir, aux études des jeunes, aux emplois de demain… On n’avait pas le droit de penser plus loin que les chiffres don- nés chaque soir par Jérôme Salomon. Il incarne la technostruc- ture et Henri Bergeron, que vous citez, pour le CNRS, explique que le terme bureaucratie n’est pas du tout péjoratif chez les fonctionnaires, alors que c’est vraiment le truc qui nous paralyse. Or, en plus, ils en sont fiers ! (Suite page 6) Votre spécialiste . STORES - PERGOLAS . LAMBREQUINS LUMINEUX . MOTORISATION DE VOLETS ROULANTS . RÉENTOILAGE TOUS STORES EXTÉRIEURS ZA Océanis - rue de la Côte de Jade - SAINT NAZAIRE Tél. : 02 40 00 19 85 - courriel : storecaillon@gmail.com
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