La Baule+
8 // Janvier 2021 Emmanuel Macron est parti de la gauche pour aller vers la droite. Mitterrand est un homme qui a vécu la guerre, qui a eu un passé trouble, avec des amitiés très cri- tiquées, alors qu’Emmanuel Ma- cron aime bien la fréquentation des mauvais garçons, parce qu’il aime bien les gens qui ont des vies qui sortent de l’ordinaire : soit parce qu’ils ont des vies brisées, soit parce qu’ils ont échappé à leur destin, soit parce qu’ils sentent un peu le soufre... Mais il reste quand même droit dans ses convictions. Avec quelqu’un comme Philippe de Villiers, il va chercher dans l’imaginaire de la France éternelle et de Jeanne d’Arc, il cultive cela, mais sur des sujets comme l’im- migration ou le traitement de l’is- lam politique, il reste quand même sur ses convictions, qui viennent d’un logiciel de gauche, ce qui explique une certaine pro- blématique sur ce sujet. Sa majo- rité reste d’ailleurs à gauche sur ces sujets. Emmanuel Macron vient d’une gauche sociale libérale, ce qui n’a pas grand-chose à voir avec Mélenchon… Certes, mais le nom qui re- vient le plus dans ses réfé- rences, c’est celui de Jean- Pierre Chevènement. Oui, à la faveur de la crise, c’est le nom qu’il a le plus réactivé, puisque cette crise fait ressentir un besoin de protection, de la né- cessité de retrouver l’indépen- dance. Il y a aussi la question de la souveraineté du pays et des fron- tières. Et il est allé trouver la ré- ponse chez Jean-Pierre Chevène- ment, qui offre un profil tout à fait présentable dans ce registre, puisqu’il n’est pas de droite. Mais son logiciel économique vient plu- tôt d’une gauche rocardienne. D’ailleurs, certains observa- teurs ont été surpris qu’im- médiatement après son élec- tion il accueille Donald Trump à Paris, alors qu'il s'agissait quand même de quelqu’un d’infréquentable pour son camp... De lamême manière, au moment de la guerre dans le Haut-Kara- bakh, Emmanuel Macron a eu une position très chevè- nementiste en expliquant qu’il fallait respecter la sou- veraineté de l’Azerbaïdjan, en étant à l’inverse du dis- cours de nombreux leaders de droite et de gauche. Fina- lement, à travers ces deux exemples, on retrouve exac- tement la démarche de Jean- Pierre Chevènement… Je suis assez d’accord avec votre analyse. Il emprunte aussi beau- coup à Chevènement sur nos liens avec la Russie, il est très attaché à l’idée de souveraineté politique, même s’il pense que, concernant la France, notre souveraineté doit s’exercer au niveau de l’Europe. Mais il est très soucieux du respect des frontières et des peuples, et c’est dans la ligne de Jean-Pierre Chevènement. Ce qui m’a surpris dans votre livre, c’est l’évocation de sa rencontre avec Pierre Ma- zeaud. Compte tenu de sa gé- nération, il aurait pu se dés- intéresser de lui, mais il a compris l’importance de cet homme politique pour l’écou- ter et se cultiver sur l’histoire de la politique française… Pierre Mazeaud est sans doute le seul être humain vivant au- jourd’hui qui a connu de près les huit présidents de la Ve Répu- blique ! Emmanuel Macron a tou- jours aimé la fréquentation des gens plus âgés que lui et il a tou- jours éprouvé beaucoup de res- pect et d’intérêt pour ce que ces personnes peuvent lui apprendre. Il est très sévère sur l’Ancien Monde que ces personnes n’ont pas su construire. Il est sévère sur leur incapacité à avoir résolu les problèmes de la France en ma- tière économique et sociale. Mais, en même temps, il va chercher leur expérience et il s’entoure de leurs avis. Et Pierre Mazeaud fait partie de ces personnes. En plus, j’ai le sentiment qu’en rencon- trant Pierre Mazeaud, Emmanuel Macron a le sentiment de fré- quenter un morceau d’histoire vi- vante et cela ne peut que l’inté- resser de parler avec cet homme qui inspire beaucoup de respect. Autre point surprenant : lorsqu'il rencontre un inter- locuteur, il laisse son télé- phone portable de côté, alors que l’on aurait pu penser qu’il fasse partie de la géné- ration qui scrute son écran toutes les 15 secondes… Je pense que c’est le secret de sa capacité à mémoriser les choses. Il est très concentré. Quand il est avec quelqu’un, il n’est pas ail- leurs. C’est de cette manière qu’il emmagasine les choses et qu’il peut s’en souvenir quelques an- nées plus tard. C’est aussi comme cela qu’il séduit, parce que les gens se disent : « Si ce type si brillant et si jeune s’intéresse à moi, c’est que je dois être aussi quelqu’un de très bien… » C’est vrai qu’il a la capacité, malgré sa génération, quand il est dans des réunions, à ne pas regarder son portable. Il y a un bémol : lorsque des interlocu- teurs prennent la parole d’une manière pas très intéressante, il se permet quand même de regar- der son portable. Mais quand François Bayrou parle, il l’écoute attentivement, parce qu’il a beau- coup de respect pour lui. Il n’humilie pas les gens, mais quand ça ne va pas, il ne les calcule pas ! J’ai un sentiment qui se dé- gage : en essayant de me mettre à sa place, je me dis qu’il est entouré de gens qui ne sont pas de son niveau et que cela l’ennuie. Plusieurs anecdotes laissent penser qu’il sait que le niveau géné- ral de son équipe n’est pas très bon… Il est très exigeant avec les gens. Il est d’autant plus exigeant face à des gens qui prétendent à de hautes fonctions. Il va être totale- ment bienveillant, amical et tolé- rant avec des gens qui ne sont pas à un très haut niveau de la hiérar- chie sociale, sans être péjoratif à leur égard. Mais plus vous montez en grade, plus il est exigeant. Ef- fectivement, s’il estime que vous n’êtes pas à la hauteur, il peut ma- nifester de la distance, voire de l’indifférence ou de l’ignorance, ce qui est pire que les engueulades. Il n’humilie pas les gens, mais quand ça ne va pas, il ne les calcule pas ! C’est terrible, cela crée un phénomène de glaciation avec cer- taines personnes qui en souffrent beaucoup. Votre livre est aussi très drôle : par exemple, vous évoquez ces patrons du CAC 40 qui montrent des SMS soi- disant envoyés par Emma- nuel Macron, tout simple- ment pour induire qu’ils sont dans les petits papiers du président de la République… Cette anecdote m’a été racontée à la fois par Emmanuel Macron et par Brigitte Macron ! Propos recueillis par Yannick Urrien. La journaliste Corinne Lhaïk enquête sur Emmanuel Macron : « Sur des sujets comme l’immigration ou le traitement de l’islam politique, il reste quand même sur ses convictions, qui viennent d’un logiciel de gauche. » A vec le second confinement, la ville du Pouliguen a fait l’ac- quisition d’une cinquantaine de masques « inclusifs », autrement dit des masques de protection à fe- nêtre transparente laissant apparaître le bas du visage. La ville vient de pré- senter son retour d’expérience auprès des écoles, du collège et des structures jeunesse. Raphaël Thiollier, adjoint à la Jeunesse et aux Solidarités, commente cette initiative de la muni- cipalité : « Les masques inclusifs per- mettent de mieux voir les expressions du visage et de lire sur les lèvres. Aux côtés des différents intervenants jeu- nesse, nous avons identifié certaines activités pouvant être facilitées grâce à l’usage de ces masques. Pour les plus jeunes, il y a la lecture à voix haute, par exemple. Pour les collégiens, il y a notamment l’apprentissage des langues ». Des exemplaires ont été fournis aux écoles Victor Hugo, Paul Lesage, Sainte-Marie, à la micro- crèche « Les Crevettes », au multi-ac- cueil « Les Bigorneaux », ainsi qu’au collège Jules Verne et à la classe «Her- mione » de l’IME « Jeunesse et Avenir » (Institut médico-éducatif) intégrée au collège. Résultat: « Les enfants sont contents de voir nos visages » , sou- ligne la directrice de l’école Victor Hugo, Christelle Glain. À l’école Paul Lesage, l’un des enseignants, Luc Chassard, s’amuse de la réaction de sa classe : « Les élèves m’expliquent qu’ils ont mieux entendu ce que je leur lisais, alors qu’en réalité, le son porte moins bien avec ces masques ». Les masques inclusifs se révèlent néanmoins peu adaptés à un usage en continu. Raphaël Thiollier indique : « Les mo- dèles sont lourds et les équipes res- sentent une gêne pour respirer. Le port de ces masques n’est pas envisa- geable pour toute la journée, mais ils restent pertinents pour des activités pédagogiques ponctuelles ». Masques inclusifs : retour d’expérience au Pouliguen Cambriolages sur la Presqu’île : appel à la vigilance S uite à une recrudescence des cambriolages sur la Presqu’île Guérandaise, le commissariat de La Baule-Escoublac, qui opère sur la circonscription de La Baule –Pornichet et Le Pouliguen, invite à la plus grande vigilance, en adoptant des mesures simples pour se prémunir de ces mé- faits, y compris pour une courte ab- sence : 1 / Fermer toutes les ouvertures, y compris aux étages ; 2/ Ne pas laisser d’outils ou d’échelle à l’extérieur de la maison, qui pourraient servir aux cam- brioleurs ; 3/ Dans le cadre d’une ab- sence plus longue, faire appel à une personne de confiance (voisin ou proche) pour relever le courrier et contrôler régulièrement les accès.
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