La Baule+

Janvier 2021 // 7 dant déjà la personne d’après, ils ne restent pas vraiment pleinement acquis à la per- sonne. Lui, il a vraiment cette capacité de concentration, d’ignorer tout ce qui existe, en donnant à la personne le sentiment qu’il est seul au monde avec elle à ce mo- ment-là et que plus rien d'autre ne compte. Dans la politique classique du serrage de main, il y a quelque chose d’un peu systématique et qui ne prête pas à conséquence, alors que lui donne le senti- ment que cela prête à consé- quence. En plus, il pratique cela a une très large échelle. Certains critiques concluent qu'en fait il n’aime pas vraiment les gens et vous écrivez qu’il a les gestes de l’amitié sans y mettre les tripes. Pourtant, pour essayer de comprendre le per- sonnage, on sait que c’est quelque chose de très fréquent dans le mi- lieu du show-business : ainsi, en tournée, on partage du temps avec l’artiste, on a l’impres- sion d’être des amis, et puis, lorsque chacun re- tourne à ses préoccupa- tions, on se perd de vue… On peut être ponc- tuellement sincère vis-à- vis des autres, mais on est tellement pris dans un tourbillon que l’on est obligé de gérer les amitiés en fonction des priorités… Il y a un peu de ça chez Em- manuel Macron. Dans la cha- leur de la campagne, il va voir beaucoup de gens. Il va créer des liens avec eux, il va vivre des moments très forts et, après, les liens peuvent se distendre. C’est vrai qu’il a été élu président de la Répu- blique et qu’il ne peut pas tout faire. Il ne peut pas en- tretenir ce cheptel de 6000 personnes sur un pied d’éga- lité. Mais, quand il veut, quand quelqu’un l’intéresse, il est capable de lui consacrer beaucoup de temps. Prenons l’exemple de Philippe de Vil- liers : il est capable de passer trois heures à dîner avec lui, parce que c’est un person- nage drôle, érudit et sédui- sant. Il a certainement beau- coup de défauts, mais il a de grandes qualités intellec- tuelles et c’est un convive très agréable. Il est quand même assez sélectif nonobstant le phénomène que vous signa- lez et qui existe bel et bien. Emmanuel Macron aime bien la fréquentation des mauvais garçons Il a dit à Philippe de Vil- liers : « Ce qui nous sé- pare est beaucoup moins fort que ce qui nous lie». François Mitterrand au- rait pu prononcer la même phrase… Idem, lorsque vous évoquez un moment de connivence entre Emmanuel Ma- cron, Brigitte Macron et des journalistes de Va- leurs Actuelles. C’est aussi très mitterrandien que de fréquenter le diable… Sur le plan de la pratique, cela y ressemble beaucoup, mais sur le plan du parcours personnel, François Mitter- rand a fait le parcours in- verse de Macron, puisque c’est quelqu’un qui est parti de la droite pour aller vers la gauche, un peu par opportu- nisme politique. (Suite page 8) « Emmanuel Macron est parti de la gauche pour aller vers la droite. »

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