La Baule+
la baule + 34 // Juillet 2021 Musique ► La « petite fiancée des Français » sort un album qui permet de retrouver les différentes étapes de sa carrière Sheila : « Personne ne pourra enlever le fait que j’ai partagé soixante ans de vie avec les Français. » S heila effectue son retour avec un al- bum intitulé « Ve- nue d’ailleurs ». L’artiste revient sur les différentes étapes de sa carrière en interprétant plusieurs chansons de style diffé- rent, du yéyé à la variété, en passant par ses années pop et funky. Sheila était l’invitée de Yannick Urrien sur Kernews pour évoquer la conception de cet album. La Baule + : Comment vivez-vous cette période de sortie d’album, avec la pression que vous n’aviez pas ressentie de- puis plusieurs années ? Sheila : Je vais très bien ! Il était difficile et compliqué de faire cet album, cela a pris du temps. Mais maintenant qu’il est sorti, j’en suis très fière. Je le trouve très beau et j’ai été au bout de ce que je voulais faire. La boucle est bouclée et j’ai travaillé avec des gens extraordinaires qui ont écrit de jolies choses. J’ai touché à tout dans ma vie Il s’agit d’une première, car généralement les artistes focalisent leurs albums sur un thème ou un style précis. Or, cette fois-ci, vous avez tout mélangé : rock, pop, funk, variété… Comme ma vie ! J’ai touché à tout dans ma vie, donc j’ai tout mélangé. C’est vrai que ce n’est pas du tout une habitude, donc je ne savais pas comment les gens al- laient réagir. Mais comme j’ai changé très souvent de style, en travaillant sur des rythmes différents, en tra- vaillant avec des Américains et des Français, cet album résume mon histoire. Qu’est-ce que c’est bien d’être avec la France profonde ! Vous nous accompa- gnez depuis les années 60 en étant la « petite fiancée des Français ». D’où vient cette expres- sion ? Je ne sais pas comment c’est venu... C’était sans doute un journaliste.Jecroisquec’était dans « Jours de France». Il y a eu aussi « la petite fille de Français moyens ». Tout cela a construit une histoire, mais je crois que c’était surtout parce que j’étais proche des gens. J’étais quelqu’un de po- pulaire. On me l’a beaucoup reproché, mais j’en suis très fière. En étant populaire, je touchais la France profonde. Qu’est-ce que c’est bien d’être avec la France profonde ! Très peu d’artistes ont eu une telle carrière, à l’exception de Johnny Hallyday, Françoise Hardy, France Gall ou Véronique Sanson… Disons que je suis née sous une bonne étoile... Mais j’ai surtout beaucoup travaillé et, avec le temps, j’ai com- pris comment il fallait s’en- tourer. Il faut du temps pour cela. Avant, on se plante et on fait des erreurs. Mais pour ce nouvel album, je savais exactement ce que je voulais. Je n’ai pas tou- jours trouvé au départ les bonnes personnes. Je vou- lais absolument Nile Rod- gers et Keith Olsen. Puis j’ai pris Éric Azhar qui travaille avec moi. J’ai aussi pris un excellent manager qui s’ap- pelle Ludovic Barnouin. Cet album s’est fait en trois se- maines, mais il a nécessité quatre ans de préparation. On a travaillé dans la joie et dans la bonne humeur. J’ai été l’enregistrer en Belgique, dans un studio qui s’appelle ICP, que je ne connaissais pas, avec un ingénieur du son merveilleux, et c’était une vraie joie. Comment avez-vous vécu la période de confi- nement ? Pour nous qui sommes tout le temps sur la route, c’était compliqué. Je suis quelqu’un qui bouge tout le temps et cela a été très dur au début. On a dû décaler de nombreux galas, comme de nombreux artistes. Mais comme je positive, je me dis que grâce à cela on a pu faire notre album. On est parti enregistrer en Belgique. On a fait attention, on est resté confiné avec les mêmes gens et j’ai pu faire mon album. Ce que je regrette dans cette époque yéyé, c’était mes seize ans, mon inconscience Je voudrais évoquer quelques titres de votre album. D’abord, « Tous Yéyé », où il est ques- tion du vent de liberté qui soufflait alors et l’on peut aussi parler du ci- néma. Cette nostalgie est-elle surtout liée à cette indépendance ? C’est l’époque qui était ma- gnifique ! Vous évoquez le cinéma : il y avait Michel Audiard et des personnali- tés... Aujourd’hui, ce n’est plus pareil, on est dans le monde du rapide. Je ne suis pas quelqu’un de nostal- gique. Je ne regarde pas en arrière et le clin d’œil que je voulais faire, c’est le regard d’un garçon de vingt ans sur
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