La Baule+
la baule + 10 // Mai 2021 C ’est bien connu, il ar- rive qu’on s’ennuie à la retraite. Alors, dans un temps où tout le monde y va de sa tribune pour faire entendre sa voix sur tout su- jet qui passe à portée de jac- tance, des militaires hauts gradés, aux états de services variés, des généraux très étoi- lés pour beaucoup, n’ont pas résisté à s’adonner à l’exercice et se sont offert, avec tambour et trompette, une intrusion dans l’arène médiatique, une entrée fracassante digne de la parade de la défunte piste aux étoiles. Autant le dire sans ambages, cela n’a pas plu à tout le monde. La ministre de tutelle, sans doute contrariée de ne pas avoir été avertie et moins encore invitée à ce bal des généraux, le prit très mal. Et tout le gouvernement avec elle ainsi que nombre de po- litiques qui s’empressèrent d’entonner le grand air du de- voir de réserve et d’annoncer des sanctions à l’encontre de ces impertinents qui, au fond, ne faisaient que leur rappeler leur devoir à eux, le devoir de gouverner. Il n’y a rien là de bien nouveau. C’est une habitude très an- cienne en effet, lorsque la maison brûle, de s’employer à éteindre les voix qui crient au feu plutôt que l’incendie lui-même. Or, que faisaient ces militaires sinon crier au feu ? Ils ne sont pas les seuls ni les premiers à établir le constat que mille choses marchent de travers au beau pays de France. Cependant, leur tribune, en réalité, a force de double dénoncia- tion. D’abord, par l’état des lieux qu’elle expose, mais plus encore par le fait même de son existence. Que ceux qui, statutairement et par de- voir, ne devraient pas parler se mettent à parler est une preuve en soi du naufrage dénoncé, sans doute la plus insidieuse et la plus bles- sante, d’où le désarroi minis- tériel, et, conséquemment, la virulence de la réplique. Il est bien évident que les si- gnataires ont agi en parfaite connaissance des risques. Soldat un jour, soldat tou- jours. Alors, ils ont choisi de monter au front. Ils ont pré- féré la vindicte du pouvoir à l’accusation devant l’histoire de non-assistance à Patrie en danger. Car c’est bien cet esprit-là qui les anime. Que l’on partage ou non l’intégra- lité du constat qu’ils font, la rhétorique qu’ils mobilisent, les implications idéologiques de certaines assertions, il se- rait aussi injuste que ridicule de nier la sincérité de la dé- marche ou de n’y voir qu’une basse manœuvre préparant le lit du fascisme triomphant. Cela dit, il n’est pas exclu que, à la sincérité que nous venons d’évoquer, soit venu se joindre un soupçon de rè- glement de comptes. Beau- coup de généraux, d’officiers avaient très mal vécu l’évic- tion, assez cavalière d’ail- leurs, de leur pair comman- dant en chef des armées par notre jeune et sémillant pré- sident de la République. Au fond, j’aime assez l’idée qu’il pourrait y avoir dans cette ini- tiative quelque chose comme un effet boomerang. Après tout, la stratégie est l’affaire des généraux. À propos de stratégie, puisque ces hauts gradés ont trouvé le chemin de la presse, ne pourraient-ils pas, pendant qu’ils y sont, nous pondre un texte éclairé exposant le moyen sûr et ef- ficace de sortir leurs « cama- rades d’active » du bourbier sahélien ? Nous serions éga- lement preneurs. Ils seraient là dans leur cœur de métier et l’initiative aurait quelque chance, non seulement de se révéler davantage consen- suelle, mais, par sa crédibili- té, de rehausser la pertinence de leur écrit sur l’état du pays. Écrit qui, à mon avis - on par- donnera mon outrecuidance - aurait dû se terminer par la phrase d’esprit totalement ré- publicain : « Sachez que nous serons disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation. » Les lignes qui suivent et qui concluent le texte ne me paraissent pas exactement du même esprit. Agiter le spectre de « l’explo- sion », de « l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse», de « guerre civile », de «morts qui se compteront par milliers » ne relève pas du constat mais de la prédiction la plus hasar- deuse, ou, pire encore, d’une espérance inavouée. Quoi qu’il en soit, il faut prendre garde. Marcher sur Rome a toujours été le rêve lancinant du guer- rier désœuvré. On peut com- prendre.Mais il faut bien avoir présent à l’esprit que lorsqu’on s’aventure à plonger l’orteil dans le Rubicon, il vaut mieux s’appeler César. Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Le bal des généraux Francine Godet Magnétiseuse - Guérisseuse - Rebouteuse Depuis 2002, j’apporte mon aide dans tous les domaines de la santé Tél. : 06 95 01 97 79 De mes Mains avec mon Coeur. Tarif libre Sur RDV au Centre de Bien-Être et de Santé 4 avenue du Bois d’Amour 44500 LA BAULE S uite à la tempête Xyn- thia de février 2010, le territoire de Cap At- lantique s’est engagé dans un Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) d’un budget global de 12,5 M€ (2014-2021). Parmi les 39 actions du PAPI, le confortement et le rehaus- sement de 7,3 km de digues le long des berges des étiers du Pouliguen et de la Torre ont été pilotés par le Sivu du Port de pêche et de plaisance La Baule – Le Pouliguen entre 2014 et 2019. Depuis 2018, la nouvelle gouver- nance nationale, dite « Ges- tion des milieux aquatiques et prévention des inonda- tions (Gemapi) », relative à la gestion des ouvrages de protection des personnes et des biens classés par l’État a conduit au transfert de la gestion des digues du Sivu du Port à Cap Atlantique. Dans son communiqué, Cap Atlantique indique que « les digues ne sont plus consi- dérées comme les seuls ou- vrages jouant un rôle dans la protection des personnes et des biens. Cap Atlantique est gestionnaire d’un en- semble d’ouvrages de plus de 8 km intégrant : 7,3 km de digues en argile et en muret béton, 77 barrières anti-submersion amovibles pour fermer la digue, des clapets sur les 75 exutoires d’eau pluviales et des postes de refoulement, 510 m cu- mulés de portions de voies SNCF et des infrastructures portuaires. » Par ailleurs, « Cap Atlan- tique surveille les prévisions hydrométéorologiques et marines locales grâce à un outil déployé par Mé- téo-France. Ce dispositif est couplé à un radar qui me- sure en permanence la hau- teur d’eau dans le port. L’ob- jectif de cet outil est d’avoir 48h d’anticipation pour agir. » Dans le but d’antici- per les situations les plus à risques de l’hiver et confor- mément aux obligations fixées par l’État, une pose anticipée de 25 barrières est effectuée chaque année de fin septembre à début avril. Ce mode opératoire permet de limiter les interventions au dernier moment par les services municipaux tout en maintenant l’accès au port par les usagers. Concrète- ment, si un évènement équi- valent à Xynthia venait à se manifester, il ne reste que 25% de barrières à poser pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Cap Atlantique fait le point sur la gestion du système d’endiguement Photo: Cap Atlantique
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