la baule+ Mai 2022 // 13 tout à fait agréables. On ne se rend pas compte que l’on transmet toutes nos données. Donc, nous sommes fliqués. Les Chinois ont commencé et maintenant les gouvernements occidentaux trouvent que ce n’est pas si mal. Il y a un vrai risque pour nos démocraties. Vous écrivez d’ailleurs dans votre livre que le terrorisme et la pandémie justifient la surveillance accrue des individus par les États. Comment expliquez-vous que les populations se laissent ainsi faire ? Ils sont entrés par le biais du consumérisme. Il y a de nombreux produits qui sont très adaptés à ce que l’on veut, puisque ces gens nous connaissent mieux que nous-mêmes. Parce que nous avons ces produits qui sont adaptés, on est dans la complaisance, donc on est dépendant de ces gens. Il y a eu la fin des Empires, l’Europe dirigeait 70 % de la planète et, après la guerre, les Américains ont aidé beaucoup de pays à prendre leur indépendance pour développer leur économie. Donc, les Américains ont démoli les Empires comme l’Empire russe, l’Empire français, l’Empire britannique, l’Empire espagnol et l’Empire portugais. Ils ont fait cela par le biais des produits. Il est agréable de manger des framboises et des myrtilles toute l’année. Il est agréable d’avoir des produits qui viennent des quatre coins du globe. En acceptant cela, on ne s’est pas assez protégé et on a oublié un certain nombre de choses. L’Europe n’a donc plus de champions nationaux comme c’est le cas en Amérique ou en Chine. Quand on voit ce qui se passe dans la Silicon Valley, c’est atroce : les gens arrivent le matin, ils déjeunent dans l’entreprise, ils font de la gymnastique dans l’entreprise... C’est hallucinant ! Revenons à la question des libertés individuelles. Klaus Schwab avait souligné que la pandémie constituait une opportunité pour les gouvernements afin de préparer le contrôle numérique des populations. Vous pensez que, demain, la classe moyenne aura disparu et que nous serons immergés dans la solitude, avec des ordinateurs, tous plongés dans le Metaverse… C’est bien avancé ! Au début, on approche toujours les gens par une finalité consumériste. Cela permet de supprimer des tâches un peu pénibles, mais on supprime tous les emplois non qualifiés dans le même temps. Aujourd’hui, les sociétés ont cavalé pour avoir de la main-d’œuvre pas chère pour créer des produits de grande consommation à des coûts très compétitifs. Maintenant, Elon Musk est en train de tester des implants cérébraux. L’homme-machine n’est plus très loin. Face à cela, nous prenons un grand risque en matière de libertés individuelles. En Europe, on a légiféré sur ce point, mais les Américains, les Chinois et les Coréens n’ont rien fait. (Suite page 14) F a c e M e r à S a i n t - N a z a i r e E m p l a c e m e n t e x c e p t i o n n e l P r e s t a t i o n s h a u t d e g a mm e d u T 2 a u T 5 L A N C E M E N T C O M M E R C I A L w w w . p r o m o c e a n . f r - T e l : 0 2 4 0 1 1 6 3 6 3 Robert Salmon : « Nous prenons un grand risque en matière de libertés individuelles. »
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