la baule+ 8 // Mai 2022 D’ailleurs, il est surprenant que les Russes n’aient pas bombardé les antennes de téléphonie mobile en Ukraine, alors qu’il aurait été assez facile pour eux de couper tous les réseaux… Effectivement, je n’ai pas de réponse sur ce point. C’est vrai, la première chose que l’on fait sauter au niveau militaire, ce sont les systèmes de communication et de transmission. C’est pour cette raison que l’armée française a encore tout un réseau de pigeons voyageurs, aux alentours du Mont Valérien, pour transporter les messages au cas où les systèmes de communication n’existeraient plus. En Algérie, lorsqu’il y a eu le mouvement de manifestations pour demander le départ de Bouteflika, les débits Internet ont été ralentis par le pouvoir. Pour passer une photo, il fallait plusieurs heures, contre quelques secondes en temps normal. C’est pour cette raison que l’on apprend aussi aux militaires à se déplacer avec une boussole en cas de blocage des GPS. Revenons à votre analyse sur la mentalité des soldats russes. Vous soulignez qu’il est indispensable de se mettre dans la peau de l’autre pour essayer de raisonner comme lui. Malheureusement, malgré ce que l’on pense, dès que l’on est capable de se transposer dans le cerveau de l’autre, on est accusé d’être son complice et de faire son jeu… C’est terrible, vous avez même des gens qui essayent de psychanalyser Poutine à distance ! Tout le monde est psy aujourd’hui. J’étais en Russie lorsque les Tchétchènes ont détruit les vitraux de la basilique de Moscou il y a quelques années. Vous ne pouvez pas savoir ce que les Russes ont pu dire et le sentiment que cela a engendré chez eux par rapport aux combattants tchétchènes. Dans toutes les guerres, il est essentiel de se mettre à la place de son ennemi pour essayer de penser comme lui. De toute façon, la guerre en Ukraine s’arrêtera un jour ou l’autre et on reprendra exactement les mêmes rapports que l’on avait avant avec les Russes. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, le général de Gaulle et Adenauer se sont immédiatement rapprochés et il y a très rapidement eu des colonies de vacances entre petits Français et petits Allemands. Il y aura forcément une normalisation. C’est dans l’esprit humain, c’est dans l’esprit des États, il ne faut pas l’oublier. Actuellement, nous devons gérer au mieux pour sauvegarder le maximum de vies humaines. Mais plus on va essayer de pénaliser l’autre, plus on va le renforcer. Chaque fois que l’on a créé un embargo, cela n’a fait que renforcer et développer l’industrie de ces pays. Je comprends bien l’attitude humaine, je déplore cette guerre, c’est affreux. Mais, après il y aura d’autres choses. Regardez, notre principal allié aujourd’hui, c’est l’Allemagne. Au final, ces malheureux Ukrainiens ne vont-ils pas connaître le sort des Kurdes ? On est avec les Kurdes, on arme les Kurdes, mais ensuite on les abandonne et on va pactiser avec l’ennemi… Regardez comment la France a traité les harkis! Si les militaires français n’avaient pas désobéi à un certain nombre d’ordres pour ramener leurs hommes qui s’étaient engagés, ils auraient été décapités là-bas… Il faut voir tout cela avec du recul. Il ne faut jamais prendre à chaud toutes les informations et il ne faut pas sauter sur le moindre événement, car il y a toujours des manipulations. En 1939, quand les Allemands ont envahi la Pologne, ce sont des commandos spéciaux allemands qui ont attaqué un centre de transmission pour tuer des militaires allemands, tout cela pour manipuler l’information. Donc, il faut toujours prendre du recul. Maintenant, le président Zelensky voudrait que l’OTAN s’engage à tous les niveaux, mais ce serait ouvrir la boîte de Pandore et nous exposer à des choses beaucoup plus graves. Pensez-vous que les Français soient prêts à voir des affiches de mobilisation générale sur les murs de leurs villes et de leurs villages ? Si le risque de guerre est réel, le sentiment de la population ne sera plus le même Pourtant, lorsque l’on lit les jusqu’au-boutistes sur Facebook, tout le monde semble prêt à partir au combat ! Sur Facebook, oui. Mais quand vous avez une bombe qui vous arrive dessus, vous êtes en train de prier et là, Facebook ne compte plus ! On peut avoir des Français qui vont se battre avec les Russes, d’autres qui vont se battre avec les Ukrainiens. Il est toujours noble de se battre pour ses idées, c’est respectable. Mais si le risque de guerre est réel, le sentiment de la population ne sera plus le même. En attendant, il faut aider. On peut faire beaucoup de choses. C’est bien de fournir du matériel, mais dans les limites acceptables, car aujourd’hui personne ne veut une guerre mondiale. Poutine ne veut pas une guerre mondiale et les autres pays non plus. N’oubliez pas que les Russes ont eu 20 millions de morts pendant la Grande Guerre patriotique, qui n’a débuté qu’en 1941 avec l’opération Barbarossa. N’oublions pas que le traité de Versailles avait interdit le réarmement de l’Allemagne, avec des contraintes de réparations de guerre telles que l’on a vu arriver la République de Weimar, mais les Russes, à travers des accords secrets, avaient permis aux Allemands de se réarmer et de s’entraîner. C’est toute une histoire qu’il faut prendre dans sa globalité. C’est la première fois que nous avons une guerre à nos portes depuis 1945 - je ne parle pas des Balkans, car c’était un autre type de guerre - et tous les Français qui ont moins de 85 ans n’ont finalement pas connu la guerre en Europe. Propos recueillis par Yannick Urrien. Jean-Louis Courtois : « Chaque fois que l’on a créé un embargo, cela n’a fait que renforcer et développer l’industrie de ces pays. » Jean-Paul Poirier est un passionné de longue date d’automobiles de collection. Il a décidé de lancer un nouveau club sur la presqu’île : le Rétromobile Club La Baule Côte d’Amour. Cette structure se distingue en réunissant des collectionneurs détenteurs de véhicules datant d’avant les années 80 : « Il y a beaucoup de passionnés d’automobiles sur la presqu’île. On sait qu’il y a beaucoup de voitures de collection, mais il y a un peu de tout. Nous voulons rester uniquement sur les automobiles de collection, c’està-dire depuis le début de l’automobile, jusqu’en 1980. Évidemment, nous souhaitons entretenir d’excellentes relations avec tous les autres clubs et organiser des réunions régulières avec eux. Ainsi, chaque année, nous ferons un rallye touristique et gastronomique, de trois ou quatre jours, pour visiter des sites et rencontrer d’autres collectionneurs. Nous ferons également de belles balades, à l’initiative des uns et des autres, mais aussi des sorties avec d’autres clubs. » échanger sur l’entretien de son automobile Jean-Paul entend conserver un esprit convivial en limitant le nombre de membres: « L’objectif est d’avoir 45 adhérents, parce qu’il est très difficile de trouver des hébergements quand on organise des rallyes si l’on est trop nombreux. Le but est que tous se connaissent, parce que nous voulons faire un club sympathique, où tout le monde se sentira bien, hommes et femmes.» L’intérêt de faire partie d’un club, c’est aussi de pouvoir échanger avec d’autres sur l’entretien de son automobile : « Nous travaillerons ensemble pour tout ce qui est réparation et remise en état, car il est important de se donner des coups de main ! » Lancement du Rétromobile Club La Baule Côte d’Amour Jean-Paul Poirier souligne qu’il y a un nombre important de voitures de collection sur la presqu’île, mais que leurs propriétaires ne pensent pas toujours à échanger avec d’autres passionnés : « Il y a beaucoup de très belles automobiles qui sont cachées dans les garages et qui sortent trop peu. On aimerait les voir davantage. En plus, c’est l’année de l’automobile à La Baule, donc c’est l’occasion de sortir toutes ces belles autos ! » Contact : jppoirier51@ gmail.com ou 07 66 30 93 95.
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