La Baule+

la baule+ 24 // Mai 2023 « Je me presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer » confesse Beaumarchais dans son Barbier de Séville. On ne peut que souscrire à cette forme de précepte, certes désabusé, mais marqué au coin du bon sens. Nous allons en effet d’émerveillement en émerveillement. Pour cela, nous pouvons compter sur l’inventivité inoxydable de nos grands comiques de l’État. Je parle de ceux, conseillers du Prince, hommes et femmes du sérail, censés avoir la maîtrise des arcanes du pouvoir jusque dans ses manifestations les plus simples, les plus rodées. Oui, on finit par se demander s’ils n’ambitionnent pas de battre le record mondial toutes catégories de la production de bourdes en rafale. Mais nous accusons un peu vite tout de même ces pauvres conseillers qui, peut-être bien, n’en peuvent mais, le Prince n’en faisant, en cela aussi, qu’à sa tête. Là est sans doute la bonne explication. Les bourdes seraient son domaine réservé en quelque sorte, à ranger à côté des grandes questions ressortissant à la géopolitique. Parfois, poussé par une bouffée de nostalgie, on se surprend à se permettre des comparaisons, à rechercher d’improbables analogies. Pour ma part, j’ai eu beau fouiller dans ma mémoire, je n’ai pas retrouvé trace d’un moment où le général de Gaulle - pour ne parler que de lui - venant juste d’en terminer avec une adresse solennelle à la Nation depuis l’Élysée, serait descendu dans la rue pour entonner le p’tit quinquin ou la Madelon avec une poignée de jeunes gars venus de son Nord natal ou un reliquat de poilus de la Grande Guerre. Question d’incarnation de la fonction présidentielle, sans doute. Je ne vois pas non plus un subtil François Mitterrand ne pas saisir d’emblée que, dans l’inconscient collectif Français le concept de cent jours induisant quasi mécaniquement la référence à cette foutue morne plaine de Waterloo, il valait mieux étalonner cet artifice purement politicien - ce n’est que cela, en véHumeur ► Le billet de Dominique Labarrière Fanfaronnade, casserolade, pantalonnade… rité - sur une autre durée. Quatre-vingt-dix jours auraient fait l’affaire, d’autant que plus personne ou presque ne prête de réelle attention à ce qui se prêche de là-haut. Même Madame la Première ministre a donné tous les signes de s’en tamponner, du moins à en juger par l’atonique désinvolture avec laquelle elle a donné lecture de ce qu’elle appelle sa feuille de route. Déjà n’avait-elle même pas encore pris le volant qu’elle s’endormait. Et nous endormait avec elle. Et puis il y a la déferlante ménagère, je veux dire la très banale casserole promue désormais référence cardinale de la révolte qui gronde et qui monte. Le fameux « dispositif sonore portatif » selon la terminologie si bien trouvée par un de ces comiques de l’État, lui aussi probablement en relative détresse neuronale. Là encore, on a du mal à se persuader qu’il n’y ait pas eu un conseiller du Prince pour lui glisser à l’oreille qu’il devrait absolument s’abstenir de prononcer en public ce mot-là, ce mot tabou : casserole. Eh bien, non, il y va, il y plonge ! Il donne dans l’ironie facile. La casserole qui ne fait pas avancer la France. La casserole qui reste à la cuisine chez lui, bref, ce genre de saillies totalement inutiles. Ce faisant, par sa bouche, voilà l’instrument ménager le plus basique adoubé dans sa dimension symbolique. Par son verbe, oui, voilà que lui est conféré et reconnu le statut quasi officiel d’emblème protestataire, pour ne pas dire révolutionnaire. Pas très malin, au fond. Bref, déambulation de fanfaronnade aux échos si mélodieux de casserolade, voilà notre divertissement provincial bi-hebdomadaire du moment. Avec, en prime, une pointe de décontraction affichée tant l’heure s’y prête, tant le climat social y est propice. Balade sécurisée, le veston négligemment jeté sur l’épaule. On est dans un bled du Berry, alors on peut se relâcher, n’est-ce pas. Parler la veste à l’épaule et une main dans la poche à une personne qui aurait l’âge d’être sa femme. Oui, on peut. De nouveau, on évitera de chercher d’éventuelles analogies du côté des sorties et des visites provinciales du Général. Incarnation, incarnation, ditesvous ! Mais il est vrai, les temps ont changé. Et la France plus encore. La France, un pays où désormais, un maire en exercice peut changer, lui, de sexe en cours de mandat. Personne apparemment ne crie à la tromperie sur la marchandise, n’exige l’annulation de l’élection et le retour devant les citoyennes-z-et les citoyens. Son conseil municipal a approuvé et tout roule comme avant. On a les lâchetés qu’on mérite. Je me demande seulement si, ce maire au lieu de virer de sexe était passé, par exemple, de la Nupes au RN, la pilule aurait été ingérée aussi facilement ? La réponse est dans la question… Alors, en effet, mes amis, hâtons-nous de rire. Les pleurs ne sont pas loin… Dédicaces de Dominique Labarrière Dominique Labarrière vous donne rendez-vous pour une séance de dédicaces de ses livres, notamment pour ses derniers livres : Le Roi a Ri, Le Prince Assassiné : Le duc d’Enghien, et Marie Stuart Reine tragique qui paraîtra le17 mai. Rendez-vous samedi 20 mai à l’Espace Culturel Leclerc de Guérande de 10 h à 18 h et au Croisic à la librairie Les Cerfs volants, samedi 27 mai de 16 h à 18 heures. Labarrière en liberté sur Kernews En direct du lundi au vendredi entre 7h20 et 8h00 Rediffusion des émissions de la semaine le samedi entre 8h et 11h Un nouveau service municipal Courrier des lecteurs Ecrivez-nous : La Baule+, 1 Parc de Mesemena, 44500, La Baule Courriel: redaction@labauleplus.com Habitant à distance des centres équestres de La Baule, je tenais à saluer la nouvelle initiative de la ville qui assure la livraison à domicile et à titre gracieux de fumure organique pour la fertilisation biologique de nos jardins. Un grand merci aux équipes municipales ! Une suggestion cependant : la prochaine fois, s’il vous plaît, utilisez un emballage adapté pour mettre le produit à l’abri des regards envieux des voisins jaloux de ne pas avoir bénéficié de ce nouveau service. ChristianAubin (LaBaule)

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