la baule+ Novembre 2023 // 19 leur a apporté une ouverture d’esprit et une humanité que peu d’enfants ont. De nombreuses études indiquent que les jeunes qui sont restés enmarge du circuit traditionnel de l’Éducation nationale ont souvent connu par la suite des parcours exceptionnels… Oui, parce qu’ils sont très vite confrontés à la différence et ils doivent s’adapter. Donc, cela ouvre énormément sur le monde. Il n’y a pas de système parfait et cela peut aussi les renfermer. Mais ce n’est pas le cas de Loup, qui avait neuf ans quand il est parti en mer. Mes filles n’ont vécu que dans cet univers et j’ai pu m’apercevoir à terre qu’il n’était pas toujours simple d’aller vers les autres. Elles ont une maturité supérieure à celle des enfants de leur âge, vu tout ce qu’elles ont vécu, et à l’école on a pu observer un petit fossé... La planète n’est pas au mieux, mais il faut y croire Vous avez publié plusieurs livres sur cette nature que vous connaissez bien, dont on observe qu’elle reste très forte : par exemple, pendant le confinement, on a vu la nature reprendre très vite ses droits, alors que l’on pensait que ce serait beaucoup plus difficile… Dieu merci, la nature a une grande résilience ! On peut s’en apercevoir à travers les coraux qui blanchissent très rapidement et qui reviennent à leur état d’origine également très rapidement. La planète n’est pas au mieux, mais il faut y croire. Chaque petit pas qui va dans le bon sens permet d’avancer et il n’est pas trop tard pour reprendre les choses en main, protéger nos océans, arrêter de balancer nos déchets et consommer un peu moins. Tout ce que l’on fait rentrer à bord d’un bateau, cela reste avec nous. On fait attention à nos déchets, on doit produire son électricité, on doit faire attention à la réserve d’eau... Donc, on a conscience du bien-être que l’on peut vivre parfois de façon un peu plus légère sur terre. Les documentaires sont souvent réalisés par des scientifiques, mais dans vos œuvres on décèle l’œil d’une cinéaste… Je me suis toujours attachée à raconter les choses telles qu’elles étaient. Nous ne sommes pas des scientifiques, on sert de plateforme aux scientifiques. On travaille avec l’IFREMER depuis des années en faisant des prélèvements sur l’eau, en allant sur des parcours très peu fréquentés. Mais j’aime filmer, donc j’essaie de le faire avec mon cœur. Son message a permis à beaucoup de femmes de relever la tête Évoquons maintenant votre film « Flo » : vous racontez l’histoire de cette femme qui s’est battue pour s’imposer dans un milieu d’hommes, il y a aussi le portrait de cette grande navigatrice, cette photographie du monde marin… (Suite page 20)
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