La Baule+

la baule+ 20 // Novembre 2023 C’est un film qui est à la croisée des chemins de toutes mes vies, entre le cinéma, la mer et les marins. Florence Arthaud était une femme extraordinaire, une grande championne, un marin d’exception... Elle s’est battue pour vaincre les hommes sur leur propre terrain. Elle ne se contentait pas d’être la première femme, elle voulait être la première tout court. Elle a démontré que la mer n’était pas simplement une affaire de muscles, mais qu’avec un peu de talent, de sensibilité et surtout un gros mental, on pouvait réussir à battre les hommes. Son message a permis à beaucoup de femmes de relever la tête et je crois que cela est le cas, car elle a ouvert la voie à toute une génération de skippeuses. Son message, celui que je porte à travers ce film, est de dire que quand on le souhaite vraiment, rien n’est impossible et qu’il faut aller au bout de ses rêves. Dans certains métiers, les femmes ont dû se battre contre le législateur, par exemple pour devenir avocate. Cette fois-ci, c’est contre une corporation tout entière… Sur la première Route du Rhum, elle n’avait pas le droit de courir pour une question d’âge. Donc, elle s’est aussi battue contre cela. On me demande souvent si c’est un film féministe et je réponds que ce n’est pas un film féministe, mais un film féminin, car il y a une grosse différence. Florence se battait pour les femmes. Le MLF est venu la rencontrer, mais elle a refusé d’y adhérer parce qu’elle ne voulait faire partie d’aucun mouvement. Son féminisme s’exprimait à travers les actes. Pour moi, c’est un peu la même chose, car je ne suis pas vraiment une femme de la parole. J’essaie plutôt de faire avancer les choses par les actes. Au départ, les hommes sont convaincus que pour être un bon navigateur, c’est une question de muscles, alors que Florence Arthaud a démontré qu’il s’agit surtout d’une question de stratégie et de mental… Elle avait un vrai talent avec les éléments et le vent. Elle pouvait rester des heures à la barre. Elle sentait toujours le vent. Le film s’adresse à tout le monde. Ce n’est pas un film de mer, c’est avant tout un portrait de femme. C’était mon amie et, en la racontant, je me raconte aussi à travers les lignes. C’est le portrait d’une femme extrême et libre, qui s’est battue pour s’affranchir de toutes les étiquettes et qui y est arrivée. On confond sa vie, on ne fait pas la part des choses entre son métier et le reste Le film permet aussi de comprendre que les grands talents, ceux qui se situent hors normes dans leur métier, sont également un peu hors normes dans leur vie privée… Dans le cas de Florence, et de bien d’autres. On confond sa vie, on ne fait pas la part des choses entre son métier et le reste. C’est pourquoi je m’attache à raconter cela dans son intimité. Sa vie amoureuse a été aussi intense que sa vie sur l’eau et sa vie amoureuse a généré pas mal de choses quant à sa vie sur l’eau : on est dans l’action, la réaction, les ruptures… Vous êtes née dans le milieu du cinéma et les images sont magnifiques… Oui, j’aime le cinéma qui emporte. Ma ligne éditoriale serait de faire des grands films populaires et intelligents. On a présenté le film, avant sa sortie le 1er novembre dans les salles, et je m’aperçois que beaucoup de jeunes filles qui ne la connaissaient pas me disent qu’elles ont découvert ce personnage tout à fait hors normes et qu’elles ont eu envie ensuite d’aller au bout de leurs rêves. Certaines séquences ont été tournées dans notre région… Toutes les séquences ont été tournées en mer. Il n’y a pas de studio et tout est tourné dans les conditions du réel. On s’est baladé en Bretagne, dans le sud de la France, en Afrique du Sud et aux Antilles. C’était ma Route du Rhum à moi ! Que diriez-vous aux jeunes qui ont envie de vivre cette vie ? Il faut foncer, il faut aller vers son risque. Chaque expérience contribue à un parcours initiatique qui est celui de la vie. Je suis curieuse de tous les univers. J’aime bien l’adrénaline et plus c’est fort, plus c’est extrême, plus cela me plaît. Propos recueillis par Yannick Urrien. Géraldine Danon : « Quand on le souhaite vraiment, rien n’est impossible et il faut aller au bout de ses rêves. » Des offres exclusives et adaptées au budget des commerçants de la presqu’île : Contactez Marine de Montille au 07 65 72 44 44 ou marine@kernews.com Commercants, artisans : profitez de la puissance du média radio

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