La Baule+

la baule+ Octobre 2023 // 23 sont exactement ce que je suis aujourd’hui. Il n’y a pas de posture. Le seul style que l’on peut avoir, c’est la volonté d’être dans la poésie et dans l’expression du beau dans la musique. Il y a de la beauté partout, mais j’ai le sentiment qu’on veut la tordre Vous êtes un défenseur du beau dans votre art, cela pourrait être aussi un cri qui implique tous ceux qui nous entourent. On a parfois le sentiment que vous trouvez que l’époque n’est plus très belle… Le beau est-il en train de nous quitter sur le plan artistique dans notre environnement quotidien ? Il y a de la beauté partout, mais j’ai le sentiment qu’on veut la tordre. Je ne trouve pas que l’époque ne soit pas belle, mais c’est cette volonté de certaines personnes de réécrire l’histoire, sans doute par ennui, ou parce qu’ils sont de cette génération post warholienne ou zuckerbergienne qui, tout d’un coup, prône le buzz et la nouveauté, mais sans nouveauté et sans nouvelles choses à raconter. Tout d’un coup, ces gens-là se sont mis à vouloir combler leur ennui par de la réécriture, en travaillant sur leur célébrité, ce qui est quand même l’une des pires gangrènes de notre société. Mais je trouve qu’il y a de la beauté partout. Personne ne peut penser à ma place, personne ne parlera à ma place Vous avez toujours été un artiste atypique, avec la réputation de dire ce que vous pensez - certains vous qualifient de grande gueule - sans pour autant choquer ceux qui ne pensent pas comme vous, tels que Lino Ventura, ou aujourd’hui Gérard Lanvin... Je dis ce que je pense. Personne ne vit ce que je vis à ma place. Je n’ai jamais été dans une espèce de forme de posture, de mensonge ou de réécriture de ce que je suis. Je suis quelqu’un d’honnête, sincère et franc. Finalement, cela ne m’a pas joué trop de tours, puisque je suis encore là aujourd’hui à faire une tournée. Donc, c’est plutôt bien. Je suis quelqu’un de libre et j’ai toujours prôné la liberté. Je ne suis pas tout à fait libre, mais je suis l’un des artistes les plus libres aujourd’hui, puisque j’ai mon application qui me permet de faire de la musique à outrance. J’ai fait plus de 50 albums qui ne sont pas encore sortis dans l’application et 32 sont déjà sortis... C’est un truc de fou !. J’ai encore une cinquantaine d’albums en préparation. Cette liberté, je l’ai gagnée en travaillant beaucoup. Personne ne va penser à ma place aujourd’hui et, surtout, parler à ma place. En plus, je suis contre les communautés, parce que cela divise, les communautés de pensée. Je suis pour parler auplus grand nombre. Je ne suis pas pour la division, je suis pour rassembler et c’est ce que nous faisons dans les concerts. La communauté divise et c’est le grand drame. Je suis un artiste, un chanteur, je corresponds avec le plus de monde possible. C’est ce que j’essaye de faire à travers mes chansons, qui peuvent parler du beau, qui peuvent être romantiques, qui peuvent avoir un rapport avec la vie... C’est un espace de partage de solitude qui nous unit avec tout ce que nous vivons, du début de notre vie jusqu’à la fin. Nous sommes les reflets de cela. En tant qu’artiste, on partage ça, donc je ne vois pas pourquoi je serais quelqu’un d’autre. Je ne tape pas du poing sur la table et je ne suis pas forcément une grande gueule. Je suis simplement quelqu’un qui dit ce qu’il pense. Personne ne peut penser à ma place, personne ne parlera à ma place et je ne suivrai aucune communauté. Je suis apolitique. Je ne fais pas de politique et je suis très bien ainsi… (Suite page 24)

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