la baule+ 26 | Décembre 2024 Notre-Dame de Paris revit. Et elle revit magni f iquement . On est en droit de parler de réussite. De totale réussite. Un sinistre soir, le feu. Ce qui nous semblait inimaginable se produisait. Les flammes, terrifiantes, mais magnifiques, s’élevaient dans le ciel de Paris. Puis, lentement, la flèche qu’on croyait là pour l’éternité, s’est affaissée sur le côté, a disparu dans le brasier provoquant une formidable éruption d’étincelles. Partout dans le monde, des gens sont restés figés, sans voix, devant ces images irréelles. Les images d’un sinistre dont, très probablement, on ne connaîtra jamais vraiment l’origine. Et sans doute nous passerons-nous d’en avoir une claire connaissance. Faisons donc comme si le destin, la Providence - ou que sais-je ? - s’était fait un malin plaisir de nous envoyer ce défi-là. Un défi, voire un coup de semonce, diraient certains. La cathédrale brûle, métaphore cruelle, mais parlante du pays qui brûle lui aussi, de l’Occident qu’un feu rampant mine. Quelque chose comme cela. On peut aussi se contenter de la basique explication, le mégot mal éteint, l’étincelle du court-circuit. Ce qui d’ailleurs ne diminuerait en rien la valeur et la puissance du défi. Celui-ci a été relevé, brillamment doit-on reconnaître, redisons-le. En cinq ans. Pour cela, le Président de la République, Emmanuel Macron, a mis en place une Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Quand on veut… structure particulière, spécifiquement dédiée, libérée des lourdeurs administratives et technocratiques de tradition. Sans quoi, on en serait probablement encore à tirer des plans sur la comète et à fouiller les gravats à la pince à épiler, cela entre deux réunions de commissions. Il a donc suffi de cinq années pour que Notre-Dame renaisse de ses cendres. Les dons, dès la violente émotion du premier soir, ont afflué de toute la France, de toutes les bourses. Et du vaste monde. Le nerf de cette guerre-là comme de toutes les guerres. Des énergies en foule se sont mobilisées. On a vu reparaître en majesté des métiers, des savoir-faire oubliés, qu’on croyait relégués à jamais dans l’obsolescence poussiéreuse des nostalgies ringardes. En fait, ces cinq années furent des années d’épopée. Des merveilles de la tradition sont remontées à la lumière, revenues au grand jour, administrant la preuve qu’elles étaient bel et bien insurpassables. Tradition des métiers les plus anciens, gestes ancestraux des maîtres artisans, réappropriation des façons, des techniques, des astuces, des usages professionnels des siècles passés, tout cela enrichi des progrès actuels, des innovations en devenir que représentent les dernières avancées de la haute technologie. Avec la réussite du chantier de Notre-Dame, nous avons désormais sous les yeux ce que l’exploitation intelligente et maîtrisée de jadis alliée au recours tout aussi éclairé et maîtrisé à la modernité la plus en pointe peut apporter d’inspiration et de vitalité nouvelles à notre civilisation. Est-ce que cela a été assez dit, assez encensé, assez enseigné dans les écoles ? Je l’ignore. Toujours est-il que grâce à la résurrection de NotreDame, nous avons assisté au tissage du lien quasi parfait entre hier, aujourd’hui et demain. Une évidence qui dépasse de beaucoup la simple dimension matérielle, technique, architecturale, nous donnant à toucher du doigt la réalité profonde que passé, présent et avenir ne sont qu’un, au bout du bout, et que nous sommes - que cela nous plaise ou non - héritiers en charge du premier, maîtres du second et responsables du troisième qui sera en grande part ce que nous en ferons. Est-ce que la leçon portera ? Est-ce que le message sera entendu ? Est-ce que l’exemplaire et fertile humilité qui a présidé à la renaissance de Notre-Dame, nous imposant de renouer avec hier pour redonner vie à aujourd’hui et enrichir demain, vivra ? C’est ce que l’avenir nous apprendra. Pour l’heure, cependant, on ne peut pas dire qu’on ait beaucoup cherché à mettre en œuvre ailleurs l’efficacité dont on voit aujourd’hui la prodigieuse réussite. Pourtant, qui irait nier qu’il y ait, dans ce pays, d’autres Notre-Dame, d’une tout autre nature certes, mais également fort précieuses, à sauver, à restaurer parfois de fond en comble ? Il ne serait sans doute pas nécessaire d’aller chercher pour cela dans nos forêts ces splendides chênes qui faisaient la fierté d’un Colbert, mais il faudrait assurément que soient déployées autant d’énergies, de ténacité, et, surtout, de volonté politique. Aussi, ne serait-il peut-être pas inutile, pour que cela puisse advenir un jour prochain, de s’empresser d’aller allumer un cierge ou deux à Notre-Dame. Kernews, votre radio 100% locale sur 91,5 FM sur tout le littoral de Loire-Atlantique. En DAB sur toute la Loire-Atlantique
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