la baule+ 20 | Juillet 2024 Dans les années 70, toute la presse mondiale titrait sur un proche refroidissement climatique et expliquait que la moitié de la France serait sous les glaces dans les années 90. Cela faisait peur à tout le monde… Entre le nord de la France et le pourtour méditerranéen, l’écart de température est dans une moyenne de 6°, mais l’été on ne voit pas de réfugiés climatiques niçois se réfugier vers les Ardennes. C’est plutôt l’inverse qui est observé. On entend un véritable délire médiatique sur ce sujet ! Le numéro 633 de juin 1970 de Science & Vie annonçait à la une « Plus de vie dans 50 ans ». 1970 + 50 ans = 2020, c’est le passé récent, c’est aisé à vérifier. Et « La température de l’atmosphère s’élèvera de 9° durant le prochain demi-siècle et le niveau des eaux de 3 mètres. » À la même époque, dans The Cooling, Lowell Ponte écrivait : « Ce refroidissement a déjà tué des centaines de milliers de personnes. S’il continue, et qu’aucune action vigoureuse n’est entreprise, il va causer une famine mondiale, un chaos mondial, une guerre mondiale et tout ceci pourrait arriver avant l’an 2000. » Le 9 juillet 1971, le Washington Post écrivait : « Dans les cinquante prochaines années, la poussière (comprenez les aérosols) émise dans l’atmosphère par combustion des ressources fossiles va tellement voiler la lumière solaire que la température de la Terre va chuter de 6°. Cinq à dix années d’émissions pourraient être suffisantes pour déclencher une période glaciaire. » Quel serait le message que vous lanceriez pour faire comprendre votre position ? Il y a une dizaine d’années, quand j’ai pris ma retraite, j’ai commencé à m’intéresser à ces aspects. Auparavant, j’étais directeur de laboratoire et j’avais d’autres préoccupations. J’ai lu le quatrième rapport du GIEC en me disant qu’il y avait quelque chose qui ne collait pas, parce qu’il n’y avait pas le spectre infrarouge de l’atmosphère et du CO2 en particulier. J’ai commencé à travailler il y a 55 ans et c’est un sujet que je connais très bien. Pour essayer de trouver une réponse, j’ai recommandé au GIEC de mettre le spectre infrarouge dans les rapports. Cela n’a pas été fait. Idem pour le AR6. Il y a toujours deux versions du rapport, mais il n’y a toujours pas le spectre infrarouge qui permet de mesurer quantitativement l’impact que cela pourrait avoir. J’ai commencé à poser de nombreuses questions, notamment auprès de collègues tout à fait éminents. Et plusieurs m’ont fait la même réponse : « Ce serait trop énorme ! » Autrement dit, il y a une sorte de dissonance cognitive par rapport à quelque chose que l’on entend quasiment quotidiennement, et une réalité qui paraît trop énorme auprès des scientifiques. Un tiers de nos émissions de CO2 profite largement à la végétation, mais aussi au plancton marin Certains font parfois l’amalgame entre votre discours et une forme d’écologie… François Gervais : « Le retour de balancier peut être brutal, c’est une possibilité.» Il faut dire et répéter qu’un tiers de nos émissions de CO2 profite largement à la végétation, mais aussi au plancton marin. Donc, il y a un effet réellement bénéfique que l’on passe toujours sous silence. C’est une erreur de la part de l’écologisme politique. Les bienfaits sont bien supérieurs aux petits désavantages d’un mini réchauffement depuis deux siècles. Ce n’est pas grand-chose. Ce n’est pas en soi une menace, alors que j’évoque, à travers les émissions de CO2, un vrai bénéfice. Il y a une erreur de casting de la part de l’écologie politique. L’écologie, c’est la science de l’environnement. Initialement, c’est la science de l’habitat, comment l’être humain construit des habitations pour se protéger des prédateurs de la nature et du mauvais temps. Ensuite, il y a eu une évolution, pour devenir la science de l’environnement. Je trouve choquant que ce mot ait été repris par un ministère... Leurs marges ne seront plus à deux chiffres, mais à un seul chiffre Aujourd’hui, les politiques RSE sont au centre de toutes les préoccupations des entreprises : donc, que vous ayez raison ou tort, il faut faire avec… J’ai eu l’occasion d’être invité par un journaliste qui s’occupe justement de ces aspects. J’ai répondu devant un parterre de responsables d’entreprises, ESG et environnement. Je me suis rendu compte que l’auditoire était particulièrement inquiet des conséquences de toutes ces politiques RSE. Ils savent très bien que dans les 67 milliards par an qu’il va falloir dépenser, ils vont devoir y consacrer une partie et que leurs marges ne seront plus à deux chiffres, mais à un seul chiffre. Regardez en Allemagne, les choses vont très vite, ils commencent vraiment à se poser des questions. Aux États-Unis, c’est la même chose. Il y a beaucoup de chefs d’entreprise qui commencent à s’interroger. Le retour de balancier peut être brutal, c’est une possibilité. Propos recueillis par Yannick Urrien. Le journaliste et écrivain Loïc Sellin raconte l’histoire des avenues de La Baule dans « Les avenues de La Baule-Escoublac », un livre préfacé par Caroline Glon, conseillère municipale et présidente de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine de La Baule-Escoublac. Il dresse le portrait de cette ville hors normes en attirant l’attention du lecteur sur les particularités de chaque avenue, de chaque quartier, de chaque villa singulière et de chaque lieu public : « La commune mère, c’est Escoublac. Donc, pour certaines parties d’Escoublac et de Beslon, il y a des noms qui remontent au Moyen Âge. Par exemple, il y a l’avenue des Régales, c’est une avenue qui fait référence à un impôt royal du XIVe siècle qui était pris sur les biens ecclésiastiques. On retrouve ainsi des noms qui font remonter l’histoire de La Baule à son origine. Il y a le Chemin des Mules, en référence aux mules qui transportaient le sel de Beslon à Pornichet. Il y a aussi la Route du Château, parce qu’il y a le château de Tréméac qui se trouve à cet endroit. Donc, il y a tout un passé important et ce sont les racines de la ville que nous connaissons aujourd’hui. Ensuite, il y a l’extraordinaire explosion balnéaire au XIXe siècle. » Loïc Sellin rappelle que « ce que nous appelons La Baule aujourd’hui n’était qu’un tas de sable avant 1880, date de l’arrivée du train. Il fallait que les investisseurs créent des avenues et ils leur ont d’abord donné des noms d’oiseaux et des noms d’arbres. Autour de l’Hôtel Royal, il y a des noms de sommités médicales, car ce bâtiment était destiné à accueillir les enfants des familles riches qui souffraient notamment de la tuberculose. Donc, on a rendu hommage à de grandes figures médicales qui ont marqué l’époque. » Parmi ces noms d’avenues, « il y a aussi le côté patriotique avec une avenue d’Alsace, une avenue de Lorraine et une avenue d’Alsace-Lorraine. Il y a également la Place de la Victoire pour faire référence aux morts de la guerre 14-18. » Et comme dans toutes les villes, « on change parfois les noms pour rendre hommage à un ancien élu, ou une personnalité et on retrouve ainsi Louis Lajarrige, Lucien Barrière, François André, René Dubois... Donc, il y a beaucoup de maires et de personnalités locales. » Loïc Sellin ne manque pas d’anecdotes : « Il y a le chemin de Beslon, cela correspond à la grande avenue qui va de la ligne de chemin de fer à la plage Benoît. La dernière partie est devenue l’avenue des Hirondelles, parce que le terme de chemin avait un côté un peu trop rural… Les riches familles voulaient quelque chose d’un peu plus chic du côté de la plage Benoît. » « Les avenues de La Baule Escoublac » de Loïc Sellin, préface de Caroline Glon, est publié aux Éditions Stéphane Batigne. Loïc Sellin dédicacera son livre samedi 13 et samedi 27 juillet, ainsi que samedi 10 et samedi 24 août, entre 11h et 12h30 à la Librairie Lajarrige à La Baule. Loïc Sellin raconte l’histoire des avenues de La Baule
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