La Baule+

la baule+ 4 | Janvier 2025 Économie ► L’or et les actions sont les seuls moyens de sécuriser son épargne Charles Gave : « Celui qui ne veut pas être dépendant des systèmes politiques, sur le long terme, ne doit avoir que de l’or et des actions. » Économiste, Charles Gave est un des meilleurs spécialistes des marchés financiers. En 1999, il fonde Gavekal, société qui conseille aujourd’hui des centaines de clients institutionnels et privés dans le monde entier, avec des bureaux à Hong Kong, Pékin, New York, Londres et Paris. Président de l’Institut des Libertés, Charles Gave est probablement l’économiste le plus écouté de France et ses analyses sont suivies par des centaines de milliers de personnes, chaque semaine, sur les réseaux sociaux. Dans son nouvel ouvrage, il livre quelques clés pour sécuriser et optimiser son épargne, et ainsi devenir libre. « Cessez de vous faire avoir. Occupez-vous de votre épargne ! » de Charles Gave est publié aux Éditions de Taillac. La Baule+ : Vous déclarez que les Français sont ceux qui épargnent le plus au monde, mais qu’ils risquent de se retrouver très malheureux… Charles Gave : Je crains qu’il risque d’arriver des mauvaises choses dans les mois qui viennent à ceux qui ont de l’épargne et ce livre vise à les aider. Les Français épargnent presque d’instinct, parce que c’est un peuple sérieux. Mais une fois que l’on a fait ce constat, le système éducatif français ne vous explique en rien ce qu’il faut faire. Donc, les Français se retrouvent avec une épargne très abondante, mais ils ne savent pas comment épargner. C’est très étonnant. Il y a ce désir d’épargner, de préparer le futur, mais personne n’apporte la moindre information dans ce domaine. Il n’y a pas de cours d’économie ou d’épargne au sein de l’Éducation nationale… Il n’y a pas de cours sur ce que vous devriez faire de votre épargne, des outils qui existent, ou des risques qui sont inhérents. Par exemple, si vous allez voir votre banquier en lui disant que vous avez envie d’épargner, il va tout de suite essayer de mesurer votre analyse du risque et vous apprendrez que l’actif le moins dangereux ce sont les obligations françaises, alors que vous savez très bien que vous allez tout perdre ! Donc, je me demande s’ils se moquent du monde. Il faut apprendre, car il y a des outils pour épargner, mais les gens ne savent pas très bien les utiliser. J’essaie de montrer qu’il y a différents outils pour épargner et les gens s’en servent un peu au hasard. Pourtant, en travaillant intelligemment, on peut arriver à faire du 4 ou 5 % réel, avec une volatilité assez faible. Le principal enseignement à retenir est que l’or est la seule monnaie et que le reste c’est du crédit… C’est très important. Cela veut dire que l’or n’est au débit de personne. Les monnaies peuvent être aussi crédibles, quand elles sont bien gérées, comme en Suisse. La Banque Nationale Suisse doit être mal vue par les autres banques centrales, parce qu’elle gâche le métier puisqu’elle empêche les autres banques centrales de voler votre argent tranquillement. Dans votre épargne, vous devez avoir quelque chose qui restera quand vous aurez tout perdu : donc, c’est l’or. Par exemple, à Paris, pendant les périodes de guerre, ce qui restait au bout, c’était toujours l’or. Ensuite, puisque vous avez besoin de croissance, puisque votre épargne doit monter sur le long terme, la seule chose qui vous apporte de la croissance, ce sont les actions, puisque vous participez à l’investissement. Donc, si vous voulez une sécurité absolue et de la croissance, il faut avoir de l’or et des actions. Ensuite, si les monnaies ne sont pas trop mal gérées, vous avez des outils qui peuvent réduire la volatilité d’un portefeuille qui serait simplement en or et en actions, à travers l’argent et les obligations. Mais aujourd’hui, vous ne pouvez pas avoir de cash et d’obligations en France, puisque la monnaie est gérée n’importe comment. Donc, il faut peut-être avoir ce cash et ces obligations dans des pays qui sont gérés correctement. Il y a des outils qui permettent d’externaliser son épargne. Celui qui ne veut pas être dépendant des systèmes politiques, sur le long terme, ne doit avoir que de l’or et des actions. C’est très volatil, mais il y aura toujours quelque chose. Il faut s’orienter vers des sociétés qui font de l’énergie, mais de la vraie Vous préconisez aussi de sécuriser son portefeuille avec, par exemple, des placements autour de l’énergie… Oui. Bien entendu, je ne parle pas des moulins à vent et des miroirs magiques, mais des bonnes sociétés comme Exxon ou Total. Il faut s’orienter vers des sociétés qui font de l’énergie, mais de la vraie. On peut rajouter ainsi certaines thématiques. Si vous mettez quelques actions, des obligations, de l’or et du cash dans votre portefeuille, à hauteur de 25 % pour chaque part, vous pouvez arriver à du 4% réel, c’est-à-dire trois fois la croissance française à l’heure actuelle, sans vraiment prendre de risques. Vous nous permettez aussi de comprendre pourquoi les obligations françaises peuvent monter ou baisser… Quand les taux d’intérêt montent, les obligations baissent. Donc, aujourd’hui, je nem’attends pas à des taux d’intérêt qui vont baisser en France, compte tenu de la situation économique. Donc, acheter des obligations en ce moment, c’est presque acheter quelque chose qui va baisser. Ce n’est pas une bonne idée ! Quelqu’un qui a un portefeuille d’OAT français à dix ans a perdu 35 % de son pouvoir d’achat depuis 2022. C’est monstrueux ! Surtout que cela a été recommandé par toutes les banques comme un placement sans risques. Mais les médias n’en parlent pas… Oui, parce qu’il y a des ordres. Il y a deux sortes de journalistes en France ; ceux qui sont honnêtes et ceux qui ont un travail. Il n’y a pas que des gens honnêtes intellectuellement dans la classe journalistique française. On a la liberté des esclaves qui se croient autorisés à se moquer de leurs maîtres quand les maîtres ne sont pas là Vous citez Jean-Paul II qui avait dit : « La liberté, c’est de pouvoir et de vouloir faire ce que l’on doit faire… »

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