la baule+ 18 | Mai 2025 Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Le pape est mort, vive le pape ! Rien n’est plus beau, rien n’est plus puissant, rien n’est plus bouleversant qu’une minute de silence lorsque le silence est parfaitement respecté. Ce fut le cas ce samedi matin d’obsèques pontificales, place SaintPierre, à Rome. Combien étaient-ils pour cet adieu - qui n’est pour les croyants, il est vrai, qu’un au-revoir - ? Quatre-cent-mille, croit-on savoir. Quatre-centmille voix qui font silence. J’ignore si, dans ces moments si particuliers, si rares, on perçoit le battement des cœurs. Des quatre-cent-mille cœurs. Si oui, prodigieuse symphonie, à n’en pas douter. C’était beau. Magnifique, ce juste équilibre à dominance pourpre et blanche, entre faste et sobriété. Géométrie parfaite, ordonnancement impeccable. Et puis, dans la basilique même, cette scène qui fera date, deux hommes, assis sur une chaise banale, se faisant face, un peu comme si l’un confessait l’autre et l’autre confessait l’un. Trump et Zelensky. Moment d’une impressionnante simplicité, aux antipodes du pitoyable show cathodique de la Maison Blanche, voilà à peine quelques semaines. La magie du lieu, diront certains. Un petit miracle, offrande d’outre-tombe du disparu, se convaincront d’autres ? Nous eûmes par ailleurs une innovation dans le protocole funéraire des souverains pontifes, l’inhumation hors les murs de la cité du Vatican. Innovation également que le cercueil en bois, quelque chose comme une caisse toute nue, sans poignées, même. On oubliera cependant le soupçon d’ostentation qu’un esprit insolent pourrait déceler derrière l’obstination à vouloir absolument faire pauvre. Les pauvres. Le disparu en avait fait sa croisade, affirmée, assumée urbi et orbi. Noble cause. Noble utopie. Les princes - tant de ce monde que des églises - passent, la pauvreté demeure. Et prospère, si l’on peut ainsi dire. Allons donc, il n’est pas interdit d’espérer. Un jour, peut-être… ? Les portes de la basilique Sainte-Marie-Majeure refermée, la tombe scellée, s’ouvre une ère pontificale nouvelle. Le pape est mort, vive le pape ! Il faudra attendre un peu. Guetter la fameuse fumée blanche qui libèrera le sacré collège de sa claustration volontaire. Ces dernières élections, elle fut d’assez courte durée. Autrefois, il est arrivé qu’on ait à lâcher la fumée noire à tant et tant de reprises, jour après jour, que les plaisantins romains s’amusaient à affirmer qu’avant peu il faudrait envisager de repasser la cité vaticane entière au blanc d’Espagne. Nous verrons bien. Les pronostics vont toujours bon train dans ce temps d’incertitude. Il paraît que l’Esprit Saint veille au grain, s’emploie à orienter la collégialité vers le bon choix. Il n’y a pas de raison qu’il en aille autrement cette fois-ci. Redisons-le, il n’est pas interdit d’espérer… Espérer que le prochain élu nous fasse la grâce de tempérer quelque peu la fascination si lourdement affirmée ce dernier pontificat pour le migrant, le taulard, comme s’il n’était au monde d’autres misères, d’autres peines d’âme et d’esprit à soulager. Laver les pieds de détenus le Jeudi Saint en signe d’humilité est fort louable, n’en doutons pas. Montrer une égale humilité pour gratifier d’un même geste des victimes ne le serait pas moins… Et des victimes, par les temps qui courent, il n’y a pas à aller chercher bien loin pour en trouver. Suivez mon regard. Certes, derrière chaque taulard, il se peut bien qu’il y ait un être en souffrance. Mais il y a également, au moins aussi sûrement, une victime. Si ce n’est plusieurs. Victime du dealer, de l’assassin, du violeur, du voleur, du passeur-esclavagiste qui - hasard sublime de la mansuétude ainsi dispensée au petit bonheur la chance - pourraient bien connaître, eux, l’immense satisfaction de voir le pontife se prosterner à leurs petits petons. L’ablution vaudrait-elle absolution ? C’est ce que nous ignorons… Faut-il souligner que ce geste est censé rappeler le devoir des Chrétiens de servir les autres, notamment les plus faibles… ? Enfin, une fumée blanche qui nous annoncerait un élu qui sache que Marseille est bien en France (Du moins encore à ce jour, mais jusqu’à quand ?) Qui ait également la bonté de se convaincre que Notre-Dame de Paris ressuscitée vaut bien une messe. Pontificale la messe. Ce serait déjà beaucoup. Kernews, votre radio 100% locale sur 91,5 FM sur tout le littoral de LoireAtlantique. En DAB sur toute la Loire-Atlantique.
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