la baule+ Février 2026 | 15 le nom d’Halifax me faisait déjà fantasmer. Ensuite, on va à Saint-Pierre et il faut reprendre le bateau pour aller à Miquelon ! C’est vraiment un périple et il se trouve que je suis tombé amoureux de l’archipel. Déjà, que ce soit en France, cela me plaisait. J’avais envie d’aller à un endroit où l’on parle français, un peu comme si j’allais au bout de la France, entre le Canada et Terre-Neuve. Il y a les pêcheurs et le souvenir de la Prohibition. C’est une ville riche en histoire. C’est le premier territoire libéré à la fin de la guerre. C’est aussi là que passait l’alcool qui allait aux États-Unis pendant la Prohibition. C’est un endroit étonnant, qui ne laisse pas indifférent. On déteste ou on adore ! Je ne pense pas que l’on puisse aimer «un petit peu » Saint-Pierreet-Miquelon. Moi, j’ai adoré. La préparation de cet album vous a demandé plus de temps, en raison de la perte de votre « frangin de scène » Denis Grare... La perte de Denis a été un séisme humain dans tous les sens. Cela a marqué une obligation de remise en question pour moi, parce que je n’avais jamais imaginé l’éventualité de monter sur scène sans Denis. Nous avons commencé en 1995 ensemble et, depuis, on ne s’est plus quitté. Donc, cela a été un bouleversement dans tous les domaines de ma vie, évidemment sentimentale et amicale, mais aussi professionnelle. Aller sur scène sans Denis, c’est quelque chose que je vais faire pour la première fois cette année. Vous évoquez la camaraderie dans une chanson. Les amis sont forcément des camarades, mais la réciproque n’est pas obligatoire... C’est vrai, parce que l’on peut être camarade, camarade de tournée, on peut être camarade quand on partage un moment ponctuel, camarade de régiment, dans une équipe de foot… Souvent, c’est très proche de l’amitié. Je ferai encore une nuance car je pense que l’on peut être ami sans être camarade : vous pouvez avoir un ami à l’autre bout du monde et ne communiquer que par mail, donc vous n’avez aucune camaraderie de fait, mais cela peut être un ami sincère. Votre album est une sorte de portrait de vie d’une génération, où les 40-60 ans vont forcément se reconnaître. En l’occurrence, c’est ma génération. Je suis conscient aussi de souvent parler de la classe moyenne d’où je viens, de la banlieue, enfin de ceux qui ne sont pas parisiens. Il y a un miroir, mais il est important aussi de se détacher de soi-même pour essayer de s’adresser à tout le monde et, idéalement, toucher tout le monde. (Suite page 16)
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