la baule+ 16 | Février 2026 Certes, mais la banlieue que vous évoquez a beaucoup changé. On imagine les darons autour du barbecue, cette classe moyenne qui disparaît... Elle n’a pas encore disparu. Je pense comme vous et c’est pour cela que je la célèbre avec autant de ferveur. D’abord, ce sont les miens. Mais la classe moyenne a tendance à rétrécir. Malheureusement, ce n’est pas pour beaucoup plus de riches, c’est surtout pour beaucoup plus de pauvres ! C’est assez dramatique dans un pays, parce que c’est le socle du pays. Ce sont ceux qui payent des impôts, ce sont ceux qui travaillent, ce sont les profs, ce sont les flics... Ce sont tous ces gens qui font fonctionner le pays. Ce sont ceux qui n’ont pas le droit aux aides et ceux qui essayent de laisser un patrimoine à leurs enfants. Enfin, c’est indispensable, la classe moyenne ! C’est une très mauvaise nouvelle dans une société quand la classe moyenne s’étiole, même si elle ne disparaît pas. Il y a quelque chose chez vous un peu de Docteur Jekyll et Mister Hyde. Un petit côté rebelle, d’éternel ado, presque le gentil loubard, c’està-dire pas très méchant, juste un peu provoc. Toutefois, dans vos propos, on observe toujours beaucoup de respect et de tendresse… C’est quelque chose que j’essaye de transmettre. J’ai des coups de gueule comme tout le monde, des coups de sang. Mais, notamment sur cet album, à cause de ma situation personnelle vis-à-vis de Denis, mais aussi en général, je crois que quand on a la chance d’avoir un micro, il faut être responsable et ne pas dire n’importe quoi. Je déteste les clashs pour faire de la promotion. C’est un truc de rappeur, mais cela existe dans toutes les musiques. C’est ce qui envenime tous les débats. Je pense que la bienveillance réelle et le respect doivent être la base. On doit cultiver cela, même si ce n’est pas toujours facile. Je ne supporte pas que l’on me donne une leçon D’ailleurs, sur le plan politique, vous n’êtes pas un donneur de leçons et le public apprécie beaucoup cette attitude… Merci, parce que moi je ne supporte pas que l’on me donne une leçon, ça me rend hystérique ! Donc, je fais un effort pour ne pas en donner. Tout le monde doit pouvoir s’exprimer. Je le pense vraiment. Je le pense philosophiquement, c’est-à-dire que j’ai pris au sérieux cette doctrine « Les hommes sont égaux en droits ». Je le crois vraiment et, après, chacun a ses opinions, chacun pense ce qu’il veut. Mais, surtout, il faut que tout le monde puisse s’exprimer. Je pense que ce qu’il y a de pire, c’est quand on bâillonne la population. C’est pour cela que je déteste les gens - notamment les artistes - qui viennent expliquer pour qui il faut voter ou pour qui il ne faut pas voter. On peut dire pour qui l’on vote si l’on veut. Mais dire à l’autre ce qu’il doit penser, je trouve cela inacceptable et surtout antidémocratique, puisque le concept du vote, c’est que chaque vote est équivalent. Il n’y a pas de bon ou de mauvais vote. La République, ce n’est pas ça ! Les prises de position politiques de Pierre Arditi n’ont pas fait fuir des spectateurs des salles de théâtre ou de cinéma, car il y a des gens qui Bénabar : « Dire à l’autre ce qu’il doit penser, je trouve cela inacceptable. » l’apprécient, peu importent ses convictions, de la même manière que les déclarations de Christian Clavier ou de Michel Sardou n’ont pas eu de conséquences sur leur carrière… Évidemment, parce que les personnes ont beaucoup plus de recul et, surtout, ce sont des gens qui ne donnent pas de leçons. Il y a une différence entre dire ce que l’on pense et dire aux autres ce qu’ils doivent penser. La différence est de taille. Personnellement, j’estime que la politique n’est pas quelque chose de sale. C’est un truc de citoyen. Chacun vit comme il l’entend, mais la seule différence, c’est le moment où l’on donne des leçons en pensant que l’on ne se trompe pas parce que l’on est sûr de soi. Vous avez pu changer ou évoluer intellectuellement. Peut-être que certains, dans votre camp historique, vous ont déçu ? C’est sûr, je vous le confirme. La classe politique, peu importe le côté, ce n’est quand même pas enthousiasmant. Il y a un niveau d’exigence intellectuelle qui baisse franchement. Donc, c’est difficile. Je n’ai jamais été militant et je ne suis jamais allé de ma vie dans un meeting. Mais il est vrai qu’il est difficile d’avoir confiance dans la politique en ce moment. Vous êtes né un an avant la mort du général de Gaulle, mais vous allez finir gaulliste ! Oui, cependant le gaullisme de gauche, cela existe. Quand j’ai commencé à m’intéresser à la politique, j’étais ado dans les années 80, c’était très clivant. Entre Le Pen et Mitterrand, il y avait un monde. Même face à Chirac. Aujourd’hui, la politique a évolué car, à l’exception des deux extrêmes, au centre gauche ou au centre droit, il y a des différences bien sûr, mais il y a quand même un socle idéologique assez commun. De toutes façons, au-delà de tout cela, je suis fondamentalement républicain. J’y crois vraiment. Je déteste les rois, je déteste les monarchies. Cela m’énerve quand je vois le roi d’Angleterre avec son manteau d’hermine dans une cathédrale. Je trouve cela complètement dépassé, car quelqu’un qui est officiellement supérieur aux autres, cela me rend absolument hystérique. J’ai encore ce côté adolescent... Je voudrais terminer notre conversation en évoquant une dernière chanson. Cette scène de vie dans « Elles dansent» qui évoque les séparations des couples à une époque où l’amour se consomme presque comme un produit… Malheureusement, c’est une réalité. Et puis, il y a le côté simple de danser. Danser, c’est quand même un acte très particulier. Il y a beaucoup de gens qui n’osent pas danser, parce qu’il y a le corps qui intervient, il y a le regard des autres. Le fait de danser est libérateur. On a besoin de danser. C’est un peu cliché, mais je l’assume. La maman vire tout ce qui peine, freine et traîne, et puis elle danse, en poussant la table basse... Il y a moyen aussi de trouver de l’évasion. On se moque parfois de celui qui ne sait pas danser en disant : « Tu as vu celui-là, il va se ridiculiser ! » Puis, au bout d’une demi-heure, on l’envie un peu car lui, au moins, se moque du regard des autres et il s’amuse bien ! Je suis d’accord, c’est exactement cela. Souvent au début, quand ça commence à danser, tout le monde fait attention. Certains disent qu’ils ne savent pas danser, comme s’il y avait des danseurs professionnels au milieu des copains. Et au bout de vingt minutes, tout le monde saute dans tous les sens. Il y a aussi quelque chose de communicatif qui me plaît beaucoup dans la danse et dans cette euphorie. Cela va en plus avec l’idée de l’album, « Le Soleil des absents ». Il faut essayer de voir quand même de temps en temps, sans être complètement naïf, le bon côté des choses. Propos recueillis par Yannick Urrien. Compteurs connectés SEPIG. Habitants de la presqu’île, nous avons été avisés de la mise en place de compteurs d’eau connectés. Mais qu’est-ce donc là ? Il s’agit de compteurs munis d’émetteurs 4G, qui seront en liaison avec une antenne relais plusieurs fois par jour. Les émissions en 4G (compteur communicant) se situent autour de 900 MHz; il s’agit d’ondes UHF limites entre radio et radars. La nocivité est donc réelle puisqu’il s’agit de micro-ondes 1GHz comparable à celles des téléphones portables. Si vous voulez échapper au Wifi ou aux ondes, il ne faudra donc pas installer son transat près du compteur au milieu des crocus et des pâquerettes. Il existe des normes pour les valeurs de champs électriques qui sont très élevées en France (1,1V/m) et les normes qui seront imposées en Europe (proches des américaines: 0,2V/m) seront beaucoup plus basses. Actuellement le Champ maximal mesuré est 1,15% du seuil réglementaire autorisé. C’est loin d’être rassurant puisque le compteur émet constamment tous les jours : toutes les 20 à 30 secondes chez Veolia, jusqu’à 4 fois/jour chez Suez, on ne connaît pas la fréquence des mesures chez SAUR mais au minimum 4 émissions par jour et ce tous les jours. Il va donc s’ajouter à la pollution électromagnétique des artères urbaines par les Wifi de chaque foyer, les émissions de chaque compteur d’eau. Combien d’électrosensibles va-t-il falloir pour qu’on s’en soucie ? Admirons par ailleurs le peu de renseignements sur les documents envoyés aux usagers axés principalement sur l’empreinte carbone et les économies d’eau. Parlons-en justement. Le réseau Internet et les antennes relais sont très énergivores, l’ARCEP met en garde sur ces technologies qui pourraient plus que doubler, et la consommation électrique, et les rejets carbone. La pile présente dans le compteur devrait durer 10 ans mais tout dépend de la profondeur du compteur car nous aurons, sans aucun doute, des problèmes de transmissions et d’épuisement de pile prématurés par mauvaise transmission… Mais comme le Groupe Saur, au bord de la faillite en 2019, a décidé d’investir sur la technologie en rachetant une start-up spécialisée dans l’innovation numérique de gestion d’eau et des compteurs connectés, on a une petite explication de ce déploiement. Et les économies d’eau, me direz-vous ? Le fait d’avoir sa consommation en temps réel, vat-il avoir un impact ? Rien n’est moins sûr… Le compteur Linky a-t-il fait diminuer la consommation et le coût de l’électricité ? En tout cas le fait de faire payer l’usager (43,69 €/an) soucieux de son exposition aux ondes sans lui décompter de cette somme les frais inhérents à la liaison Internet, aux datacenters, et au renouvellement de la pile du compteur, nous paraît injuste. O. Boutry, professeur, Ph-D (DtoInorg UNIV- SEVILLA). Courrier des lecteurs
RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2