Mai 2026

la baule+ 6 | Mai 2026 La chapelle Saint-Matthieu de Careil menace de s’effondrer : un appel aux mécènes de la presqu’île pour la sauver Il y a des lieux que l’on se doit de protéger, que ce soit pour des raisons spirituelles, historiques ou civilisationnelles. Frank Stubenitsky a poussé la porte de la chapelle Saint-Matthieu de Careil lors d’une exposition de l’Art au Gré des Chapelles : « J’ai été frappé par la beauté du lieu et sa vétusté ». Ce jour-là, il a décidé d’agir. La chapelle Saint-Matthieu est un édifice des XVe et XVIe siècles, à Careil, entre La Baule et Guérande. Une simple nef rectangulaire de 4,5 mètres sur 15, coiffée d’une charpente à deux pentes, avec ses pignons débordants et son clocheton central qui rappelle discrètement sa vocation religieuse. À l’origine, c’était une frairie, un édifice voulu par les villageois eux-mêmes pour faciliter la vie religieuse de la communauté, Careil étant alors très éloigné de la collégiale de Guérande. Elle a successivement été placée sous le vocable de Saint Juste, puis de Saint Cado, moine gallois du VIe siècle, avant d’être dédiée à Saint Matthieu. Elle appartient aujourd’hui à la paroisse Notre-Damela-Blanche de Guérande, et n’est pas classée monument historique. Ces poutres sculptées sont ornées de sculptures uniques, taillées à la main au début du XVIe siècle Ce qui rend cet édifice exceptionnel, ce sont ses sablières. Ces poutres sculptées, posées au sommet des murs et soutenant la charpente, sont ornées de sculptures uniques, taillées à la main au début du XVIe siècle. Un bestiaire gothique d’une diversité surprenante: chien-serpent, vache-dragon, chèvre jouant du biniou, lion à tête d’homme, masques d’hommes et de femmes. Rien de comparable n’existe dans la région. Elles méritent d’être restaurées et protégées avant qu’il ne soit trop tard. Car l’urgence est réelle. La chapelle repose directement sur un substrat rocheux, sans fondations, stabilisée par des contreforts. Les vitraux sont abîmés, les lambris ont disparu, les tommettes du sol sont en mauvais état, et l’électricité n’est ni sécurisée ni dotée d’un système d’alarme incendie. La toiture et les murs extérieurs résistent encore, mais des fissures apparaissent. Sans intervention rapide, l’édifice est condamné. La commune de Guérande ne peut pas assumer seule cette restauration, estimée à 200 000 euros : elle est déjà profondément engagée dans la restauration de la collégiale et dans l’entretien des remparts. Frank Stubenitsky a donc choisi une autre voie : plutôt qu’une collecte de petites donations dispersées, il lance un appel ciblé à une dizaine de mécènes de la presqu’île guérandaise, capables de contribuer significativement. L’opération passe par la Fondation du Patrimoine, ce qui ouvre droit à un crédit d’impôt pour les donateurs. La chapelle vit au ralenti : une messe par an, le 21 septembre, jour de la Saint-Matthieu, et chaque mardi à 17 heures, une dame vient y égrener un chapelet. Ce lieu discret, qui a traversé cinq siècles, mérite que la presqu’île se mobilise pour lui en offrir quelques-uns de plus. Les dons sont à adresser directement à la Fondation du Patrimoine, en précisant qu’ils sont destinés à la chapelle de Careil. Ils sont intégralement défiscalisés.

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