la baule + L’essentiel de la presqu’île guérandaise ! Mensuel gratuit d’informations - N° 263 - Mai 2026 GÉOPOLITIQUE Georges Malbrunot enquête sur le prince héritier et Premier ministre d’Arabie Saoudite Pages 8 à 10 PUBLICITÉ Claude Douce : l’ogre de la pub revient sur la passion de son métier Pages 14 à 16 SOYEZ RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT : NE JETEZ PAS CE JOURNAL SUR LA VOIE PUBLIQUE, EMPORTEZ LA BAULE+ CHEZ VOUS ! ALIMENTATION Burban : pourquoi la fraise de La Baule est une référence Page 2 DÉCORATION Cadréa : Jean-François se déplace chez vous pour habiller vos murs Page 3 IMMOBILIER Qualytim à Pornichet : un projet ambitieux face à la mer Page 4 Nos entreprises locales communiquent MAISON Arberi : les produits des grands hôtels et des restaurants chez vous ! Page 5 MAISON « Dréan.» Seize ans d’exigence au service de tous les projets. Page 12 MAISON La Maison du Barbecue : le plus grand choix pour cuisiner à l’extérieur Page 7 ESPACE La Nasa invite Alexandre Griveau à assister au décollage d’Artemis II Pages 22 et 23 VOTRE RADIO 100% LOCALE Loïck Peyron Le navigateur de renom nous fait partager sa passion pour la mer Pages 20 à 22
la baule+ 2 | Mai 2026 Burban Production : trois générations pour faire de la fraise de La Baule une référence gustative Le nom des Burban est directement rattaché à l’histoire de La Baule : la vraie, pas l’histoire mondaine, mais celle de ces producteurs et artisans qui font vivre le territoire depuis plusieurs générations. Stéphane et Xavier Burban ont un cahier des charges très strict : « Nous voulons apporter aux consommateurs des produits à forte valeur gustative. » Le résultat est là : leurs fraises sont des références sur tous les marchés de la presqu’île. L’entreprise existe depuis trois générations et elle est restée familiale. Mais l’histoire n’a pas été sans embûches : « Notre grand-père était un maraîcher classique, il faisait toujours des fraises. À l’époque, nous étions au sud du terrain d’aviation. Nous avons été délocalisés au milieu des années 60, et ce n’est pas du tout le même sol ni la même température. On perd 2° entre le sud très sablonneux et le nord très argileux, à 1 km à vol d’oiseau. Il a fallu s’adapter. » L’adaptation, c’est notamment la culture en jardin suspendu avec de la tourbe de Lituanie. Stéphane explique pourquoi: « En Brière, nous avons de la tourbe noire très hydromorphe. À l’inverse, le fraisier adore l’eau mais il aime avoir on le fait vivre, on le respecte. En faisant attention à l’irrigation, au climat et à la cueillette, on leur permet de donner le meilleur d’eux-mêmes. » Cette philosophie a un revers assumé : les fraises Burban ne se conservent pas longtemps. « On nous reproche souvent que nos fruits ne tiennent pas, mais nous ne serons jamais des industriels de la fraise. » Ce que l’on sait moins, c’est que les frères Burban ont sauvé une espèce entière: la Manille, une variété de printemps proche de la Mara des Bois qui avait failli disparaître. « Lorsque nous avons appris cela, on a décidé de se battre. C’est un brevet toujours protégé, qui sera dans le domaine public en 2032, et on a eu le feu vert pour en conserver les plans. » Les Burban cultivent une dizaine de variétés sur les 600 qui existent dans le monde. Ils ont même participé au développement de la Mara des Bois : le concepteur de cette variété avait une résidence secondaire à La Baule et venait leur confier ses plants. La libre cueillette est ouverte sur le site de Trologo De mai à septembre, la libre cueillette est ouverte du mardi au samedi, de 9h à 12h et de 15h à 18h30, sur le site de Trologo à La Baule-Escoublac: fléchage à l’angle de l’avenue Henri Bertho et de la route de Rezac, après l’aérodrome. Un distributeur automatique est également disponible à l’entrée d’Escoublac, et les stands Burban sont présents sur les marchés de La Baule, La Baule-les-Pins, Le Pouliguen, Le Croisic, Pornichet, Saint-Marc, Pertuischaud et Saint-Nazaire. Stéphane et Xavier confient que leur plus grand plaisir reste simple : « C’est de voir le sourire des gamins en train de déguster une fraise ! » Tél. 02 40 61 10 67 Site : www. lafraisedelabaule.fr les pieds au sec et c’est exactement ce que permet la tourbe de Lituanie. Nous faisons vraiment du goutte-à-goutte, juste ce qu’il faut, sans excès. » Le fraisier me parle, on le considère comme un être humain, on le fait vivre, on le respecte Mais le vrai secret de Stéphane, c’est autre chose : il leur parle. « La fraise est un être vivant. Je compare le fraisier à un bébé, je vais les voir trois fois par jour. La première chose que je fais le matin, c’est d’aller voir mes serres et le fraisier me parle. On le considère comme un être humain, la baule+ www.labauleplus.com : toute la Presqu’île, un seul site
Mai 2026 | 3 la baule+ Cadréa : Jean-François se déplace chez vous pour habiller vos murs Jean-François, responsable du magasin Cadréa de Guérande, est connu pour sa culture du beau et du conseil dans le domaine de la décoration. Jean-François la tient de loin : ses parents étaient antiquaires. Cela fait plus de vingt ans qu’il travaille dans le secteur de la décoration et de l’aménagement intérieur, avec la conviction que l’essentiel se passe dans l’échange avec le client, dans l’observation d’un lieu, dans la compréhension de ce que les gens cherchent sans toujours savoir l’exprimer. Avant d’avoir un style, c’est d’abord le lieu qui m’inspire C’est fort de ce parcours qu’il a pris la direction de Cadréa à Guérande il y a quelques tions, observe le lieu, écoute, et c’est de là que tout part. « Avant d’avoir un style, c’est d’abord le lieu qui m’inspire, et ensuite je trouve des solutions.» Pas de parti pris esthétique imposé, pas de catalogue sorti d’avance : chaque intervention commence par une conversation et une analyse de l’espace. Les exemples récents illustrent bien l’étendue des missions. Dernièrement, Jean-François est allé rencontrer des clients avenue Lajarrige, dans une grande maison entièrement refaite: un vaste pan de mur blanc, beau mais nu, et aucune idée pour l’habiller. Ensemble, ils ont opté pour un très grand format sur-mesure, qui sera ensuite encadré dans l’atelier. Ce genre de déplacement, il l’assume pour des particuliers comme pour des professionnels. On vient aussi de lui confier un immeuble entier : seize cadres à proposer pour habiller toutes les cages d’escalier, du sol au dernier étage. Hôtels, restaurants, entreprises : Cadréa intervient partout sur la presqu’île et au-delà. Parmi les références, le chantier naval de Saint-Nazaire et de nombreux établissements hôteliers locaux: des commandes qui disent beaucoup sur la capacité de l’enseigne à répondre à des projets de grande envergure avec la même exigence que pour un encadrement de photo de famille. En magasin, l’atelier peut tout faire. Les très grands formats - le record à ce jour dépasse les 2,50 m - comme les miniatures de 10 cm. Les œuvres d’art traitées avec les verres et cartons de protection adéquats, comme les pièces de collection les plus inattendues: maillots de football, carrés Hermès, combinaisons de Formule 1 ont déjà trouvé leur écrin. Le bar à images, avec ses 20 000 visuels disponibles, permet à ceux qui cherchent encore leur sujet de trouver l’inspiration sur place, entre régionalisme, art contemporain et photographie. Cadréa n’est pas réservé aux grands budgets Jean-François aime aussi rappeler que Cadréa n’est pas réservé aux grands budgets. L’appartenance à un groupe national basé en Bretagne permet un effet de volume et des prix accessibles, même en sur-mesure. « Ce qui m’importe, c’est que mes clients soient contents. Notre métier premier, c’est le conseil. » Une phrase qui résume bien l’état d’esprit de la maison : on vient chez Cadréa avec un mur, un doute ou une idée vague, et l’on repart avec un projet. Cadréa, 10 rue de la Briquerie, Zone de Villejames, Guérande (à côté de Bureau Vallée). Tél. 02 40 24 82 07. années, pour y apporter quelque chose que l’on ne trouve pas partout : un vrai regard. Si l’enseigne est connue depuis longtemps pour son savoir-faire en encadrement sur-mesure, c’est une autre facette des services de Cadréa que nous découvrons : le conseil à domicile. Le principe est simple. On prend rendez-vous, Jean-François se déplace sous certaines condiLa gare de La Baule-Escoublac fait l’objet d’importants travaux de rénovation énergétique jusqu’au 30 septembre 2026. L’opération, menée par SNCF Gares & Connexions, représente un investissement de 670 000 euros, entièrement financé par l’entreprise publique. Le chantier portera principalement sur les menuiseries extérieures du bâtiment. Les nouvelles menuiseries seront réalisées à l’identique, en bois, afin de préserver le style architectural de cette gare emblématique. L’objectif est double : améliorer l’isolation thermique du bâtiment et réduire les pertes de chaleur, tout en respectant son caractère patrimonial. Les travaux se dérouleront principalement en journée et ne devraient pas avoir d’impact sur la circulation des trains. La gare de La Baule-Escoublac engage sa rénovation énergétique
la baule+ 4 | Mai 2026 Qualytim livre aux premiers propriétaires leur logement dans la résidence Agates à Pornichet, un projet ambitieux face à la mer On en parlait depuis des années à Pornichet : la résidence de logements haut-de-gamme située en lieux et place de l’ancienne station Total face à l’océan, jouissant d’un emplacement exceptionnel entre la place du marché et la baie, s’achève. Le promoteur Qualytim a tenu sa promesse: les premiers propriétaires viennent d’emménager ! C’est incontestablement le projet d’excellence le plus important que Pornichet ait connu. Alexandre Ferrand, chef de projet chez Qualytim, retrace les grandes étapes : l’ancienne station essence a été démantelée fin 2021, les travaux ont démarré début 2024, et les deux bâtiments sont aujourd’hui terminés. Dessinés en forme de pierres polies par les vagues par l’agence d’architecture JBA, les deux bâtiments en béton blanc sablé - baptisés Agates - affichent de larges baies vitrées toute hauteur offrant une grande luminosité aux appartements et de profonds balcons filants. Alors que les premiers propriétaires ont pris possession de leur appartement, il est toujours possible d’acquérir un des derniers logements d’Agates de 3 ou 4 pièces dont l’appartement exceptionnel de 180m2 avec vue panoramique sur la baie qui occupe tout le dernier étage, ger ses affaires en revenant de la plage, portes de hall à ouverture automatique, boîtes à colis connectées, stationnements en sous-sol. « Tout a été pensé pour le confort des habitants en fonction de leurs usages », souligne Alexandre Ferrand. Les commerces du rezde-chaussée suscitent de nombreux intérêts Les commerces du rez-dechaussée suscitent déjà de nombreux intérêts, notamment celui d’Emma, déjà présent place du Marché avec sa pâtisserie-boulangerie artisanale. Emma va installer son nouveau concept de coffee « EMMA à Table ». Une offre gourmande pour tous les moments de la journée : boissons chaudes, brunch, cuisine boulangère, glaces, gaufres et autres goûters. Quelques cellules de 100 à 215m2 sont encore disponibles à la location. Le projet Agates s’inscrit désormais pleinement dans la continuité des ambitieux travaux de requalification des espaces publics engagés par la Ville de Pornichet puisqu’un magnifique parvis paysagé a pris place au pied de la résidence pour l’agrément de tous. Renseignements au 02 40 84 39 59 ou sur www.qualytim.fr ou bien le dernier 2 pièces en démembrement de propriété. Des logements dans lesquels nous aimerions vivre « Proposer des logements dans lesquels nous aimerions vivre constitue l’ADN de Qualytim », rappelle Alexandre Ferrand. Le promoteur n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai sur ce secteur puisqu’il est déjà à l’origine de l’immeuble Les Flots, situé en face. Les usages ont été pensés avec soin : casiers individuels au rezde-chaussée sur le principe des casiers retour de ski pour ranPeu médiatisé, fruit de plusieurs années de travail, il engage pourtant l’ensemble des 15 communes de la resqu’île guérandaise jusqu’en 2044. Le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) révisé de CapAtlantique La Baule-Guérande Agglo est entré en vigueur le 10 avril 2026. Le SCoT est le document de planification de référence d’un territoire. Concrètement, il fixe les grandes orientations en matière d’urbanisme, de logement, de déplacements, d’activités économiques, de protection du littoral et de qualité de vie. Tout ce qui touche à la façon dont le territoire se construit, se densifie ou se préserve au cours des prochaines décennies en découle Ce document discret va décider de l’avenir de nos communes pour vingt ans directement. Il a également une valeur réglementaire : il traduit les différentes lois en matière d’aménagement et sert de référence opposable aux communes. Ce SCoT révisé a été approuvé par le Conseil communautaire le 18 décembre 2025, après plusieurs années de travail conduit avec les 15 communes membres. Il a ensuite fait l’objet d’un contrôle de légalité par les services de l’État, du 19 janvier au 19 mars 2026, avant d’acquérir force exécutoire le 10 avril. L’entrée en vigueur du SCoT déclenche une obligation pour chaque commune : mettre à jour son Plan Local d’Urbanisme (PLU) afin de le rendre conforme aux orientations du schéma. Le délai accordé est de trois ans. Cela signifie que les règles applicables aux permis de construire, aux zones constructibles et aux projets d’aménagement pourraient évoluer dans chacune des communes de l’agglomération d’ici 2029. Le SCoT ambitionne de répondre aux transitions majeures qui s’annoncent sur le territoire : adaptation au changement climatique, pression sur le logement, évolution des mobilités, développement économique, préservation du littoral et des espaces naturels. À l’horizon 2044, il s’agit de concilier attractivité et sobriété foncière sur un territoire qui accueille près de 360 000 habitants en été pour seulement 77 000 résidents permanents, un écart qui pose des défis spécifiques en matière d’habitat, de services et d’infrastructures. Le document complet est consultable sur cap-atlantique.fr, rubrique «Mon Agglo » / Les grands projets. Photo : Guillaume Arnault
Mai 2026 | 5 la baule+ Arberi : les produits des grands hôtels et des restaurants gastronomiques chez vous ! Il y a des commerces que l’on découvre, parfois par hasard, et que l’on ne quitte plus. Arberi, installée dans la zone de Villejames à Guérande, est de ceux-là. Stéphane Burel et Claire Tavernier ont construit depuis plusieurs années un concept rare : proposer au grand public des marques connues des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration, mais introuvables dans les commerces traditionnels. Des clients viennent de toute la région, et même de Paris. La réputation du bouche-à-oreille a fait le reste. La tendance la plus forte en ce moment, c’est l’inox Le principe reste le même, mais l’offre a considérablement évolué. « Les comportements d’achat ont beaucoup changé », observe Claire. La tendance la plus forte en ce moment, c’est l’inox. Les clients recherchent une alimentation saine, et l’inox s’impose comme une évidence pour cuisiner, au point que les plaques à découper sont régulièrement en rupture de stock tant la demande est ont une histoire, et les clients le sentent. Une offre d’épicerie fine Depuis la fin de l’année dernière, une offre d’épicerie fine est venue compléter l’ensemble. Parmi les partenariats, le domaine de Léos, le domaine bio de Patrick Bruel, dont Alain Ducasse dit qu’il produit la meilleure huile d’olive du monde. Une belle idée cadeau, pour ceux qui cherchent autre chose que ce que l’on trouve partout. Il y a aussi les produits Damana, présents dans tous les hôtels 4 et 5 étoiles : « Souvent, on a envie de prolonger un instant que l’on a apprécié en voyage ». Les gammes sont classées selon le standing hôtelier : 4 ou 5 étoiles, chacun choisit son niveau de confort! Les appareils Smeg, au design vintage immédiatement reconnaissable, complètent l’univers du showroom. À l’entrée, une zone « fin de collection » accueille en ce moment une sélection de mobilier terrasse, idéal en cette saison. Le message de Stéphane et Claire est simple : ce que vous avez admiré dans un palace ou dans un restaurant gastronomique, vous pouvez l’avoir chez vous, et souvent pour moins cher qu’on ne l’imagine. Arberi, 14 rue de la Briquerie, Parc d’activités de Villejames, Guérande (face à Bureau Vallée). Tél. 02 52 71 01 06. Livraisons partout en France sur www.arberi.fr soutenue. Autre montée en puissance : la pâtisserie. Les gens prennent le temps, ils investissent dans du matériel sérieux, et ils reviennent. Des objets qui ont une histoire Sur la coutellerie, Arberi a fait le choix de privilégier Deglon, une maison qui revendique 100 ans d’ancienneté, avec ses produits garantis à vie. Pour la verrerie, La Rochère: une manufacture créée en 1475, qui a travaillé pour Louis XIV, pour Napoléon - qui avait fait remplacer le lys par son abeille - et le verrier vient de rééditer cette collection napoléonienne. La Rochère a également sorti une collection en hommage à Marcel Pagnol, avec Marius et Fanny. Ce ne sont pas des anecdotes: ce sont des objets qui Le Conservatoire intercommunal de musique de CapAtlantique La Baule-Guérande Agglo organise une matinée portes ouvertes samedi 30 mai 2026, de 10 h à 13 h, au centre culturel Athanor, à Guérande. Une trentaine de professeurs présenteront les disciplines proposées : instruments, chant, éveil musical, ensembles, orchestres et ateliers collectifs. Des mini-concerts d’élèves permettront aussi de découvrir la diversité du conservatoire, ouvert à tous dès 3 ans et signataire de la charte Musique et Handicap. Les pré-inscriptions pour la saison 2026-2027 ouvriront ensuite en ligne du 6 au 30 juin. Entrée libre pour cette matinée découverte. Guérande : une matinée pour découvrir le conservatoire
la baule+ 6 | Mai 2026 La chapelle Saint-Matthieu de Careil menace de s’effondrer : un appel aux mécènes de la presqu’île pour la sauver Il y a des lieux que l’on se doit de protéger, que ce soit pour des raisons spirituelles, historiques ou civilisationnelles. Frank Stubenitsky a poussé la porte de la chapelle Saint-Matthieu de Careil lors d’une exposition de l’Art au Gré des Chapelles : « J’ai été frappé par la beauté du lieu et sa vétusté ». Ce jour-là, il a décidé d’agir. La chapelle Saint-Matthieu est un édifice des XVe et XVIe siècles, à Careil, entre La Baule et Guérande. Une simple nef rectangulaire de 4,5 mètres sur 15, coiffée d’une charpente à deux pentes, avec ses pignons débordants et son clocheton central qui rappelle discrètement sa vocation religieuse. À l’origine, c’était une frairie, un édifice voulu par les villageois eux-mêmes pour faciliter la vie religieuse de la communauté, Careil étant alors très éloigné de la collégiale de Guérande. Elle a successivement été placée sous le vocable de Saint Juste, puis de Saint Cado, moine gallois du VIe siècle, avant d’être dédiée à Saint Matthieu. Elle appartient aujourd’hui à la paroisse Notre-Damela-Blanche de Guérande, et n’est pas classée monument historique. Ces poutres sculptées sont ornées de sculptures uniques, taillées à la main au début du XVIe siècle Ce qui rend cet édifice exceptionnel, ce sont ses sablières. Ces poutres sculptées, posées au sommet des murs et soutenant la charpente, sont ornées de sculptures uniques, taillées à la main au début du XVIe siècle. Un bestiaire gothique d’une diversité surprenante: chien-serpent, vache-dragon, chèvre jouant du biniou, lion à tête d’homme, masques d’hommes et de femmes. Rien de comparable n’existe dans la région. Elles méritent d’être restaurées et protégées avant qu’il ne soit trop tard. Car l’urgence est réelle. La chapelle repose directement sur un substrat rocheux, sans fondations, stabilisée par des contreforts. Les vitraux sont abîmés, les lambris ont disparu, les tommettes du sol sont en mauvais état, et l’électricité n’est ni sécurisée ni dotée d’un système d’alarme incendie. La toiture et les murs extérieurs résistent encore, mais des fissures apparaissent. Sans intervention rapide, l’édifice est condamné. La commune de Guérande ne peut pas assumer seule cette restauration, estimée à 200 000 euros : elle est déjà profondément engagée dans la restauration de la collégiale et dans l’entretien des remparts. Frank Stubenitsky a donc choisi une autre voie : plutôt qu’une collecte de petites donations dispersées, il lance un appel ciblé à une dizaine de mécènes de la presqu’île guérandaise, capables de contribuer significativement. L’opération passe par la Fondation du Patrimoine, ce qui ouvre droit à un crédit d’impôt pour les donateurs. La chapelle vit au ralenti : une messe par an, le 21 septembre, jour de la Saint-Matthieu, et chaque mardi à 17 heures, une dame vient y égrener un chapelet. Ce lieu discret, qui a traversé cinq siècles, mérite que la presqu’île se mobilise pour lui en offrir quelques-uns de plus. Les dons sont à adresser directement à la Fondation du Patrimoine, en précisant qu’ils sont destinés à la chapelle de Careil. Ils sont intégralement défiscalisés.
Mai 2026 | 7 la baule+ La Maison du Barbecue propose le plus grand choix pour cuisiner à l’extérieur, à tous les prix Pascal Monserand s’en félicite depuis des années : le barbecue n’est plus seulement une affaire de saison ! Sa passion pour cet univers lui a permis de s’imposer parmi les plus grandes enseignes spécialisées et La Maison du Barbecue est ainsi devenue le plus gros vendeur de barbecues des Pays de la Loire. Évidemment, au prindésormais six marques de qualité, à partir de 800 euros.» Autre montée en puissance: les fours à pizza, du modèle portable facile à transporter jusqu’au four traditionnel pour ceux qui veulent installer un vrai coin napolitain dans leur jardin. Il faut aussi citer les braseros de cuisson signés Oyat ou Ofyr - ce dernier ayant inventé le concept en 2016 - qui permettent de chauffer et de cuisiner au bois en même temps (le chaud et le show !), avec une élégance que les barbecues classiques n’ont pas toujours. Dans le domaine des braseros, on voit maintenant arriver d’Amérique du Nord des modèles au gaz, déjà disponibles à La Maison du Barbecue : « Sans fumée, sans nuisances, pratiques et vraiment jolis. Pour l’ambiance feu de camp nous proposons bien entendu des petits braseros pour à peine plus de 100 euros jusqu’à des modèles complets avec grille et plancha de cuisson pour environ 350 euros. » Pour ceux qui ont un petit balcon ou vivent en copropriété l’électrique s’impose comme la tendance de fond: petites planchas, petits barbecues compacts, discrets et efficaces. Enfin, le rayon épicerie, avec une centaine de sauces, de marinades et de viandes d’exception maturées, complète l’ensemble pour ceux qui veulent soigner autant le contenant que le contenu ! La Maison du Barbecue organise son festival GrillFest Et pour la 3ème année, La Maison du Barbecue organise son festival GrillFest au magasin d’Orvault : le 23 mai, de 10h à 18h, une vingtaine de marques proposeront des démonstrations et dégustations gratuites sans oublier de belles offres exclusives à ne pas rater ! Pensez à réserver votre lunch « full ribs au smoker XXL » ! À bientôt autour du feu ! La Maison du Barbecue 10, rue de la Briquerie, ZA de Villejames à Guérande (à côté de Bureau Vallée) Tél. 02 49 52 20 20 14, rue du Commandant Charcot (face à Castorama) à Orvault Tél. 02 40 26 88 76 www.lamaisondubarbecue.fr Pascal et Julien temps, les jours rallongent et l’envie de cuisiner dehors devient encore plus irrésistible... Ce qui fait la force de La Maison du Barbecue, c’est d’abord le choix, avec plus de 300 modèles de barbecues, planchas, braseros et autres fours à pizza en catalogue : d’un petit barbecue portable à 100 euros, parfait pour un balcon ou un bateau, jusqu’à la cuisine extérieure complète pour ceux qui ont décidé d’aménager leur terrasse comme un vrai lieu de convivialité. Les distributeurs généralistes n’ont évidemment pas une telle largeur d’offre. L’autre atout, c’est bien sûr le conseil. Pascal et son équipe de 10 personnes (Guérande et Orvault) prennent plaisir à partager leurs connaissances produits afin d’identifier les équipements convenant le mieux aux clients. Notons que les prix sont exactement ceux du marché : « Nous sommes même moins chers avec nos fameux Packs+ ! » Pascal est aussi bien placé pour évoquer les dernières tendances. D’abord, il observe un engouement pour les kamados : « Ces barbecues en céramique d’origine japonaise, en forme d’œuf, ont conquis les amateurs de cuisson précise et savoureuse. Nous proposons la baule+ Contactez : Fabienne: 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com La référence des annonceurs qui misent sur un lectorat local engagé
la baule+ 8 | Mai 2026 Géopolitique > Le journaliste spécialiste du Moyen-Orient enquête sur le prince héritier et Premier ministre d’Arabie Saoudite Georges Malbrunot : « MBS a mis un grand coup de pied dans la fourmilière en faisant sortir ce pays du Moyen Âge. » Georges Malbrunot est journaliste, grand reporter au Figaro et spécialiste du Moyen-Orient et du conflit israélo-palestinien. Il avait été pris en otage en 2004 et retenu pendant plusieurs mois par l’Armée islamique en Irak avec son confrère Christian Chesnot. Georges Malbrunot et Christian Chesnot publient une enquête sur l’homme le plus puissant du Moyen-Orient : MBS, c’est-à-dire Mohammed ben Salmane. Les auteurs expliquent que le dirigeant saoudien est d’une obsession sécuritaire maladive et capable d’une extrême violence contre ses adversaires. Pourtant, il est aussi un réformateur qui a modernisé son pays comme personne auparavant. On ne sait plus aujourd’hui s’il encourage Donald Trump à aller jusqu’au bout dans sa guerre contre l’Iran, ou s’il tente d’en limiter les dégâts. Ce n’est pas la moindre des ambiguïtés du maître de l’Arabie saoudite. Mohammed ben Salmane - MBS - n’avait pas caché que son obsession était d’empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. Les tensions entre les deux puissances régionales remontent à quatorze siècles. C’est dans ce contexte que prend tout son relief l’enquête que Georges Malbrunot et Christian Chesnot ont consacrée à cet homme hors norme. « MBS confidentiel - Enquête sur le nouveau maître du Moyen-Orient» de Christian Chesnot et Georges Malbrunot est publié aux Éditions Michel Lafon. La Baule+ : Vous connaissez si bien le monde arabe que vous pourriez être journaliste de politique intérieure dans un pays du monde arabe. Longtemps, les journalistes qui comprenaient le monde arabe ont été des pieds-noirs ou des descendants de piedsnoirs, ce qui n’est pas votre cas. Comment avez-vous été amené à vous spécialiser dans ce domaine ? Georges Malbrunot : Je suis auvergnat et c’est le hasard. J’ai commencé ma carrière au journal La Croix en 1986. Je m’occupais de politique intérieure française au moment de la première cohabitation. Je venais parfois à La Baule lorsqu’il y avait des congrès politiques. La politique intérieure, c’est intéressant, mais j’avais envie d’élargir mon horizon. En février 1988, je suis parti en Israël, au moment de la première révolte palestinienne contre l’occupation israélienne, et j’ai découvert Jérusalem. À partir de là, je suis allé en Jordanie. J’ai mis le doigt dans l’engrenage et j’ai eu envie de me spécialiser dans ce domaine. En 1988, il y avait encore la guerre au Liban. Donc, je suis allé au Liban, puis en Irak, et j’ai compris que c’était comme un puzzle avec différents morceaux qu’il fallait comprendre. Pour comprendre une situation, il faut vivre sur place Un jour, André Janier, qui a été ambassadeur de France, notamment en Irak, m’a dit que pour comprendre les Arabes, il fallait avoir vécu avec eux. Il faisait partie de cette génération de diplomates issusde lacommunauté pied-noir… J’ai connu André Janier. Effectivement, il était originaire de Tlemcen et il voulait dire que pour comprendre une situation, comme le conflit israélo-palestinien, il faut vivre sur place. C’est comme pour les journalistes, il faut être sur le terrain. Avec la paupérisation de la presse, j’ai beaucoup de confrères qui font ce que j’appelle du «desk idéologique » : ils vont peu sur le terrain, mais ils adoptent une posture pro ou anti. Sur le terrain, il n’y a pas les bons et les méchants, il y a peu de bons, beaucoup de méchants et, ce qui m’intéresse, c’est de faire remonter l’information que je vois. Aujourd’hui, les journaux se portent mal et les journalistes vont peu sur le terrain. Déjà, il est très difficile d’évoquer globalement le Moyen-Orient, car chaque pays est très différent. La perception du monde arabe est tota-
Mai 2026 | 9 la baule+ lement différente à Damas, Bagdad, Amman ou Le Caire… Effectivement. Par exemple, vous évoquez Damas, on est chez des commerçants, ce sont des Levantins qui savent s’adapter et qui sont flexibles. À Bagdad, vous êtes dans un pays plus traditionnel, avec un fait tribal beaucoup plus important qui pèse sur les mentalités et les comportements. Quand vous êtes dans le Golfe, en Arabie Saoudite, au Qatar ou dans les Émirats, vous êtes vraiment chez les Bédouins qui aiment le désert. Les dirigeants de ces pays sont incontournables. Ils ont beaucoup d’argent, ils veulent jouer un rôle dans l’économie et dans la diplomatie. Ils sont immensément riches, mais ce sont des Bédouins qui aiment aller planter leur tente dans le désert le week-end. Il faut être humble quand on va dans cette partie du monde et il ne faut surtout pas essayer de projeter nos habitudes sur ces pays, car ce sont des gens radicalement différents de nous. À l’origine, vous étiez plutôt spécialisé dans les pays du MoyenOrient comme l’Irak, le Liban ou la Syrie, qui ne sont pas ceux que vous traitez dans votre livre sur Mohammed ben Salman… Effectivement, ce n’est pas la même chose. Dans le Golfe, on est vraiment dans la tradition bédouine du désert. La femme est marginalisée et la langue est différente. La langue parlée au Caire ne ressemble pas à l’arabe parlé à Bagdad ou dans le Golfe. L’Arabie Saoudite est-elle la grande puissance de demain ? C’est déjà la grande puissance d’aujourd’hui, incarnée par ce jeune homme, Mohammed ben Salman, qui a vraiment mis un coup de pied dans la fourmilière en 2015, quand il avait une trentaine d’années. Il était très impulsif, mais il avait compris que si jamais il ne secouait pas le cocotier, son pays, immensément riche, aller mourir à petit feu. En face, de l’autre côté du Golfe persique, l’Iran avance de manière beaucoup plus dynamique. MBS a secoué tout cela. C’est un autocrate modernisateur et il a fait de l’Arabie Saoudite un grand pays. Donald Trump a signé des contrats mirobolants avec lui et, sur le plan diplomatique, l’Arabie Saoudite compte. Par exemple, ils obtiennent des libérations de prisonniers en Ukraine. C’est un acteur incontournable au niveau mondial. (Suite page 10)
la baule+ 10 | Mai 2026 On a toujours une forme très occidentale de mépris à l’égard de ces pays : ils ont le pétrole, beaucoup d’argent, mais nous, nous avons la connaissance et la culture… Vous avez raison. Ce sont des pays qui ont une jeunesse extrêmement nombreuse. En Arabie Saoudite, 60 % des 28 millions de Saoudiens ont moins de trente ans. Il faut leur offrir du travail et des divertissements. Le problème, c’est que ce sont des pays immensément riches où l’on travaille assez peu. Les jeunes étaient gavés par la manne pétrolière. Tout le monde était fonctionnaire. Fonctionnaire en Arabie Saoudite, c’est travailler de 9h à 11h. Les choses changent très vite, mais ce n’est pas facile. C’est une révolution culturelle qui demandera une génération. Peut-on comparer Mohammed ben Salman à Hassan II ? Pas de démocratie, un pays tenu d’une main de fer, la volonté de favoriser l’épanouissement de la jeunesse, une exigence dans l’éducation, un certain libéralisme économique… Oui, c’est quelqu’un qui veut développer son pays en lui donnant un sens nationaliste. Foncièrement, ce sont des pays tribaux. Il y a un siècle, il n’y avait pas de frontières et le sens de la nation n’existait pas. MBS souhaite que son peuple soit fier du nationalisme saoudien, c’est-à-dire du drapeau. C’est intéressant, car cela change l’ADN de la population. Il faut aussi rappeler qu’il a donné aux femmes le droit de conduire. Elles peuvent ne pas porter l’abaya, mais 90 % la portent encore, parce que c’est un pays conservateur. Cela évoluera assez lentement. Mohammed ben Salman est en train de faire évoluer tout cela pour s’éloigner du wahhabisme Évoquons maintenant l’islam. Comment l’Arabie Saoudite peut-elle évoluer tout en étant le pays des lieux saints de l’islam, avec par exemple l’interdiction pour un non musulman de l’accès à La Mecque ou Médine ? Vous pouvez aller à Médine, sauf dans le carré de la mosquée, mais effectivement vous ne pouvez pas aller à La Mecque. Mohammed ben Salman est en train de faire évoluer tout cela pour s’éloigner du wahhabisme, qui est encore plus rigoriste. Il y avait une police religieuse qui embêtait les femmes qui portaient mal le voile et les commerçants qui ne fermaient pas leurs échoppes au moment des prières… En 2018, MBS a déclaré que l’on allait continuer de payer les policiers, mais qu’ils allaient rester chez eux : « On ne va pas se poser la question au cours des 25 prochaines années si la musique est autorisée ou honteuse ! » Avant, c’était haram, donc illicite. Il a mis un grand coup de pied dans la fourmilière en faisant sortir ce pays du Moyen Âge. Ne risque-t-il pas de favoriser l’émergence d’extrémistes wahhabites au fur et à mesure de la modernisation ? C’est un risque. Il ne peut pas changer du jour au lendemain une société traditionnelle avec un poids de l’establishment religieux aussi fort. Il a mis des barbus en prison, il a montré qu’il était le chef. Mais il ne veut pas non plus faire de l’Arabie Saoudite un pays comme Monaco ou la Suède. En plus, c’est le seul fils du roi Salman à n’avoir jamais étudié à l’étranger. Quand il avait quinze ans, c’était un bon bédouin. Son modèle, c’est son grand-père, le roi Abdelaziz, qui a dit que pour gouverner ce pays très spécial, il ne faut pas avoir étudié dans les meilleures universités des États-Unis, mais être bédouin... MBS est un bédouin qui a su se moderniser. Il parle très bien l’anglais et il est entouré des meilleurs experts et consultants américains. Donc, c’est un mélange de tradition et de modernité. Son nom revient dans différentes affaires, notamment Kashoggi… Un patron du CAC 40 qui a connu MBS en 2018 m’a dit : « Il était effrayant ». Il était très jeune, mais il s’est bonifié avec l’âge. Mais c’est vrai, c’est une tache dans son règne. Propos recueillis par Yannick Urrien. Georges Malbrunot : « Fonctionnaire en Arabie Saoudite, c’est travailler de 9h à 11h. »
la baule+ 12 | Mai 2026 « Dréan. » seize ans d’exigence au service de tous les projets Il y a des enseignes qui s’imposent par leur durée autant que par leur réputation. Benoît Dréan a ouvert son showroom à La Baule il y a seize ans, d’abord spécialisé dans l’installation de cuisines haut de gamme, puis progressivement vers l’aménagement global de la maison. Deux ans que cette évolution s’est accélérée, et le résultat est visible dès l’entrée dans le showroom. Dréan est devenu une marque à part entière sur la presqu’île. Chaque projet mérite le même soin Benoît Dréan a une image en tête pour expliquer sa mais pour tous les projets, tous les budgets. « Ce que nous présentons en magasin, c’est vraiment ce qu’il y a de plus beau, mais après nous nous adaptons en fonction du budget de chacun.» Un deuxpièces, un dressing d’entrée, un appartement complet, une maison : chaque projet mérite le même soin. Le showroom propose un appartement complet reconstitué Pour l’aménagement intérieur, Benoît Dréan travaille avec des marques italiennes, et il en parle avec conviction : «Quand on parle de design, de détails, de matériaux et de finition, il n’y a pas mieux. » Parmi elles, Poliform, qui travaille sur l’aménagement global de la maison. Le showroom propose d’ailleurs un appartement complet reconstitué, une ambiance totale que l’on peut découvrir en grandeur nature. Un exemple concret de ce que l’équipe est capable de livrer. Les poseurs sont des salariés de l’entreprise, et non des sous-traitants L’équipe compte neuf personnes, dont une architecte d’intérieur qui conçoit les projets en 3D. Elle s’appuie sur des chefs de projet dédiés, qui accompagnent les clients à chaque étape, ainsi que sur un service commercial structuré. Un responsable technique assure quant à lui le métrage précis des espaces et le suivi régulier des chantiers. Les poseurs sont des salariés de l’entreprise, et non des sous-traitants, un détail qui illustre parfaitement le niveau d’exigence de la maison: «Notre positionnement est celui d’un hôtel de luxe. Quand il y a un problème, nous le traitons immédiatement. Nous devons nous occuper de chaque client, on doit même essayer de penser avant lui ! » Certains clients ont commencé par une cuisine, et confient aujourd’hui l’ensemble de leur maison à Benoît Dréan. Une montée en puissance des arrondis et des courbes Sur les tendances, il observe une montée en puissance des arrondis et des courbes, avec des lignes qui se détachent, loin des angles droits qui ont longtemps dominé le secteur. Reste un point que Benoît Dréan tient à préciser: beaucoup hésitent à pousser la porte, convaincus que l’adresse n’est pas pour eux. C’est une erreur. Le showroom est ouvert à tous, sans a priori sur les budgets. On y est bien accueilli, et l’on repart toujours avec des idées. Dréan., 265 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny à La Baule. Tél. 02 40 88 19 63. Site : https://dreandesign.fr démarche : « Souvent, les chefs étoilés qui ont un restaurant gastronomique ont envie d’élargir leur clientèle, tout en gardant leur savoirfaire et leurs produits de qualité, mais en travaillant sur des offres plus accessibles.» C’est exactement la philosophie de la maison : l’exigence, le détail et le beau, À Pornichet, la Ville invite les habitants à participer à l’embellissement de leur cadre de vie. Le principe est simple : fleurir le pied de son mur, pour apporter un peu plus de nature dans les rues de la commune. Pour la Ville, il s’agit aussi de favoriser la biodiversité en ville et de redonner un peu de place au végétal dans l’espace urbain. Les habitants qui souhaitent se lancer doivent s’inscrire sur le site internet de la commune, dans la rubrique consacrée à l’environnement. Après cette demande, un jardinier de la Ville se déplace pour vérifier si l’emplacement est adapté. Les services municipaux choisissent les plantes les plus appropriées. Les plantations seront mises à disposition au début du mois d’octobre. Pour tout renseignement, les habitants peuvent contacter la Ville au 02 40 11 55 78. Pornichet met les habitants au pied du mur… fleuri
Mai 2026 | 13 la baule+ C’est un très beau livre de photographies que vient de publier la Pouliguennaise Christine Bertho : « Love Baie ». Cet ouvrage est le fruit de plusieurs années de travail : « J’ai créé un compte Instagram, Love Baie, dans lequel je poste deux fois par semaine les photos de la baie que je prends. Ce sont des photos prises sur l’instant, car j’adore capter les émotions que je peux voir sur la plage. » L’ouvrage est né d’une rencontre avec le graphiste Mathieu Lauvin : « Nous avons beaucoup réfléchi à la conception de cet ouvrage. L’idée était de proposer un parcours chromatique, c’està-dire que chaque page a vraiment une harmonie au niveau des couleurs. C’est un travail précis, magnifiquement mené par le talent et le professionnalisme de Mathieu. » Cette balade photographique raconte plusieurs histoires : « Nous espérons faire émerger des souvenirs, parfois des souvenirs d’enfance, et aussi des souvenirs récents. » Le rendu papier est aussi différent de celui d’un écran : « Nos vies sont envahies par les écrans et il est très facile de regarder des photos sur un téléphone. L’idée de concevoir un recueil de photos, c’est vraiment proposer un objet qui va perdurer dans le temps. Ce livre est un bel objet qu’on peut poser sur une table, mettre une jolie musique, ouvrir et se laisser transporter… » Cette baie du Pouliguen, c’est aussi le reflet de la vie à l’année : « Je prends des photos tout au long de l’année et j’ai vraiment pris le parti de choisir des photos où il y a peu de personnes. On a essayé de créer quelque chose d’assez chic et épuré. » « Love Baie » est disponible à La Tour de Pise, avenue Lajarrige et avenue des Ibis à La Baule. Christine Bertho publie « Love Baie »
la baule+ 14 | Mai 2026 Publicité > L’ogre de la pub revient sur la passion de son métier Claude Douce : « Si vous prenez le chemin des autres, vous arriverez toujours au même résultat. » Claude Douce, surnommé « l’ogre de la pub », est l’un des géants qui ont façonné l’imaginaire français pendant plus de cinquante ans. Fondateur du groupe Bélier, président de McCann France puis vice-président Europe, il a imposé une vision audacieuse de la publicité. On lui doit certains des slogans les plus célèbres de notre mémoire collective : « Le choc des mots, le poids des photos », « Le pays où la vie est moins chère », « Mais qu’est-ce que tu bois, Doudou dis donc ? », ou encore l’iconique « What else ? ». A 88 ans, Claude Douce a reçu le 8 janvier dernier le prix de la personnalité de l’année 2025 lors de la 46e édition du Grand Prix des Agences de l’année. « Mes Années pub : 50 ans d’innovation de Nespresso à Oasis » de Claude Douce est publié aux Éditions du Rocher. La Baule+ : Les règles de la publicité traditionnelle, telles que vous les avez créées aussi, sontelles toujours d’actualité ? Claude Douce : Il y a eu une évolution très importante, ne serait-ce qu’avec l’intelligence artificielle, mais je pense que les publicitaires ont oublié les fondamentaux. Je viens de faire une conférence devant une soixantaine d’agences et annonceurs, à l’occasion de ma nomination comme personnalité de l’année 2025, et ils m’ont justement posé cette question. J’ai rappelé la théorie de Darwin : en l’occurrence l’adaptation au milieu extérieur. Il y a l’intelligence artificielle, mais il faut s’en servir comme un outil et faire plutôt de l’innovation à partir de l’intelligence artificielle. Les fondamentaux ont été oubliés. J’avais construit l’agence avec des méthodologies et on peut toujours les reprendre. Il faut savoir passer par l’irrationnel, car c’est ce qui permet de trouver des solutions exceptionnelles D’ailleurs, les marques qui continuent de faire la différence sont souvent celles qui respectent ces fondamentaux, je pense notamment à Carglass… « C’est la plus grande réussite mondiale en matière de publicité, puisque je suis parti de zéro. J’ai fini par gérer la communication dans 90 pays et j’allais à Los Angeles pour valider les campagnes avec George Clooney. » Claude Douce sur le plateau de TV Libertés Oui. Il faut vérifier tout ce que fait la concurrence sur le plan mondial, analyser les innovations et essayer de copier à la française. C’est ce que j’ai fait avec Bélier et la quarantaine de marques que j’ai créées, notamment Business avec Thierry Ardisson. Si vous regardez un mapping, j’étais dans les quatre cadrans. C’est ce qui m’a permis d’aller trois fois plus vite que le marché puisque, sur 40 ans, j’ai connu une augmentation moyenne de 30 % chaque année. Tout cela grâce à la diversification. Un jour, dans L’Expansion, un patron avait dit que le succès réside dans la motivation des gens et ensuite leur professionnalisme. On pense souvent l’inverse. Or, seul, on ne fait rien. La motivation des équipes est essentielle. Quand j’ai repris McCann, les Américains m’ont dit que c’était presque une ambassade et que je pouvais virer qui je voulais. J’ai pris la décision de ne virer personne pendant un an : « Écoutez-moi et on va gagner ! » Nous avons gagné toutes les compétitions avec ces fameux mauvais! En réalité, personne n’est mauvais : c’est le manager qui n’est pas bon et ce sont les gens qui ne sont pas à leur place. Toutes les coordinations mondiales étaient en Angleterre et j’ai repris Nestlé, L’Oréal et General Motors pour 90 pays. J’ai fini vice-président Europe et au bureau de New York. J’insiste beaucoup aussi sur la prise de risque. C’est un point fondamental, tout comme le fait qu’il faut passer plus de temps sur la question que sur la réponse. C’est aussi quelque chose qui est oublié. Quand vous avez un brief, vous avez tout le staff de l’entreprise, je leur demande d’écrire sur un papier les trois valeurs de la société. On ramasse les papiers et l’on s’aperçoit qu’il n’y en a pas une qui colle à la campagne... Comment voulez-vous qu’une agence puisse comprendre un problème sans connaître
Mai 2026 | 15 la baule+ les valeurs de l’entreprise? L’expérience m’a donné plein de recettes. Ce qui est fondamental, c’est de ne pas prendre le chemin des autres. Il faut savoir passer par l’irrationnel, car c’est ce qui permet de trouver des solutions exceptionnelles. Si vous prenez le chemin des autres, vous arriverez toujours au même résultat. J’ai même une agence qui s’est abonnée à tous les magazines du monde Vous avez été l’un des premiers à sortir de la dictature des directeurs de la création qui avaient souvent les exigences les plus fantasques… Un directeur de création ne fait plus de création, mais de la gestion, il est dans la politique interne. J’avais simplement un coordinateur de création. J’ai trouvé une psy à Nanterre et j’ai intégré des psys avec les créatifs afin de les amener vers l’irrationnel. J’ai même une agence qui s’est abonnée à tous les magazines du monde car, en les feuilletant, les créatifs tombaient toujours sur quelque chose d’irrationnel. L’irrationnel a été une stratégie et c’est ce qui a fait le succès de l’agence Alice. Par exemple, pour la Grèce : «La mer a un pays ». J’ai lancé 14 marques, notamment Candia, Yoplait ou Lotus et j’ai sauvé à peu près autant de marques, comme Lu ou Oasis. Si le produit n’est pas bon, cela ne marche pas Vous dites souvent qu’il est impossible de faire de la publicité pour un mauvais produit. Pour quelles raisons ? Même avec la meilleure publicité, si le produit n’est pas bon, cela ne marche pas. Inversement, la publicité est-elle toujours indispensable ? Non. Un jour, le patron de Lotus voulait lancer des mouchoirs, alors qu’en face nous avions une marque générique qui était Kleenex. Nous avions un gros budget de lancement, mais je lui ai déconseillé de faire de la publicité. J’ai téléphoné au préfet du Nord pour lui demander de créer des Relais bébé sur les autoroutes afin d’offrir des centaines de milliers de paquets de Lotus. Si j’avais fait une publicité, les Américains auraient tout récolté, car on ne peut pas lutter face à un mot générique comme Kleenex ! Là encore, nous avons pris un chemin différent. Pour la lessive Saint Marc, le patron n’avait pas d’argent et j’ai eu l’idée d’aller voir le patron de la SNCF en lui proposant de lessiver gratuitement toutes les gares. C’était la première campagne écologique ! On a pris 12 % de parts de marché face à un géant américain. Je fais de la création efficace, car souvent les créations se contentent de faire plaisir aux créatifs. Il vous est même arrivé de créer une agence spécifique pour un gros client… Par exemple, j’ai fabriqué une agence pour lancer Nespresso dans le monde, en travaillant sur la signalétique, la robotique et les bases de données. J’ai aussi créé une agence autour de la communication sociale et ce sont justement ces spécificités qui nous permettaient de gagner. C’est Georges Clooney qui a choisi le slogan «What else ? » Qu’est-ce qui a permis cette collaboration avec George Clooney ? Pourquoi ce choix ? C’est la plus grande réussite mondiale en matière de publicité, puisque je suis parti de zéro. J’ai fini par gérer la communication dans 90 pays et j’allais à Los Angeles pour valider les campagnes avec George Clooney. C’est un choix de l’annonceur. Au début, nous avons hésité avec une femme célèbre. Je ne vais pas citer son nom pour ne pas la vexer. C’est Georges Clooney qui a choisi le slogan « What else ? », car nous avions plusieurs slogans. C’est un créatif et un stratège, et on a toujours bien collaboré. Dans mes souvenirs, il y aussi une marque que j’ai sauvée: Martini. Un jour, le patron me dit que les choses vont mal. Au même moment, un réalisateur m’invite à l’avant-première d’un film avec Serge Gainsbourg et Jane Birkin et, lors du dîner, je me retrouve à côté de Serge Gainsbourg. (Suite page 16)
la baule+ 16 | Mai 2026 Il était déjà dans un état avancé. Je lui propose de faire la publicité de Martini, mais il ne répond pas. Le lendemain, son impresario me téléphone en me disant qu’il est d’accord pour relancer Martini, à condition de faire les paroles, et il demande aussi que la campagne démarre le jour où les Américains mettront le pied sur la Lune ! Je vais voir le président de Martini, qui n’était toujours pas au courant, et il me répond : « Vous êtes fou, il est saoul du matin au soir! » Ma réponse a été la suivante: « Vous avez raison, il y a un risque, mais vous avez le choix entre deux risques, continuer de perdre 5 % de parts de marché chaque année, ou celui de créer la surprise ! » Il a accepté. Finalement, c’est ce qui nous a permis de redémarrer Martini. J’ai fait la même chose avec Carlos pour Oasis. Aujourd’hui, tout cela n’a pas changé, je parle évidemment du contenu car, ce qui a changé, ce sont les médias simplement. L’adaptation au milieu extérieur, c’est la survie. Beaucoup de nos dirigeants devraient faire davantage de terrain Si vous deviez tout recommencer à zéro, que feriez-vous ? Je serais taxidermiste au SMIC et je serais très heureux ! C’est la nature qui me passionne. J’ai le plus grand musée mondial de Préhistoire chez moi et je suis incollable. D’ailleurs, Yves Coppens avait même une chambre chez moi. La nature est quelque chose d’essentiel pour moi. J’ai mal démarré et je me suis fait virer de toutes les écoles. Un jour, mes parents en ont eu assez et ils m’ont envoyé à Londres où je devais me débrouiller. J’ai été cycliste, j’ai appris la sténodactylo, puis la création, puis les médias. J’ai fait tous les métiers. Beaucoup de nos dirigeants devraient faire davantage de terrain. Un grand cuisinier doit connaître la plonge et tout le circuit. Mais, pour répondre à votre question, mon univers, c’est la nature et les animaux. Propos recueillis par Yannick Urrien. Claude Douce : « J’ai mal démarré et je me suis fait virer de toutes les écoles. »
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