La Baule+
la baule + Juillet 2021 // 39 Quelques commentaires sur l’interview de Philippe Aimard Toujours plein de surprise le « La Baule + », et celui de Juin ne manque pas à l’ap- pel avec l’interview-fleuve de Philippe Aimard présen- té comme un « journaliste n’étant ni médecin ni cher- cheur ni scientifique » et qui écrivit un livre, une enquête, ou peut-être plutôt un roman série noire… sur la Covid-19. Je n’ai pas lu ce roman, mais seulement l’interview de son auteur en pages 6 et 7. On peut résumer ces 2 pages en 4 mots : désinformation, dia- bolisation, obscurantisme et complotisme. On y apprend les prédictions de Bill Gates qui dès 1997 aurait prédit une pandémie au corona- virus pour les années 2020. À ce sujet, Jean d’Ormesson ai- mait cette citation : « La pré- diction est un exercice très compliqué, surtout quand il s’agit de l’avenir ». Alors pour s’assurer de la véracité de sa prédiction, Bill Gates aurait-il alors pu manipuler lui-même et génétiquement modifier des virus murins, lunaires et inconnus, afin que certainement Microsoft détienne in fine un marché de plusieurs centaines de milliards de vaccinés (mais ce n’est pas dit dans l’inter- view) … Bien entendu tout ceci n’est possible qu’après que quelques « grands » de ce monde (mais tous n’y étaient pas, certains ayant été éliminés) se soient réunis et aient décidé le 18 octobre 2019, et depuis une porche- rie brésilienne, le scénario Coronavirus au plan mon- dial. Utilisant pour ce faire un virus inoffensif et inconnu alors, certainement rendu of- fensif par les effets délétères des finances et des pouvoirs magiques de ces hauts digni- taires de l’ordre humain…On est en plein « 1984 ». On nous vante ensuite les bénéfices (plein d’usines détruites) et les bienfaits de l’hydroxychloroquinone dont les effets antiviraux n’ont jamais été montrés que par son supporter le Savant de Marseille. Et bien au contraire, de très et bien trop nombreux essais cli- niques, contrôlés et fort bien documentés, réalisés dans le monde entier, et publiés dans les plus grandes revues scientifiques, ont montré d’une part son inefficacité antivirale et d’autre part sa toxicité cardiaque et ses ef- fets neurotoxiques. Pour le savoir, il faut suivre la phar- macovigilance et faire de la bibliographie scientifique, autre part que dans le « Pe- tit Marseillais rigolard » ou « Der Spiegel », ce qui n’est visiblement pas le cas du ro- mancier pamphlétaire. L’hy- droxychloroquinone, mé- dicament utilisé « pendant 50 ou 60 ans, avec des mil- liards de cachets qui ont été pris »... Une fois de plus les chiffres sont éblouissants. Mais l’interview ne souligne pas que cette substance uti- lisée pendant des décennies dans le traitement du pa- ludisme a largement per- du de son efficacité du fait de la résistance acquise du Plasmodium, et qu’elle n’est quasiment plus utilisée dans les pays où le moustique fait des dégâts monstrueux. A ce propos, il aurait quand même pu citer l’activité de la Fondation Bill Gates dans la recherche sur un vaccin et le traitement du paludisme, mais c’eût été à décharge. Je voudrais rappeler que la Thériaque elle-même, dont l’usage a fait le bonheur de la thérapeutique pendant des siècles, a aussi été abandon- née compte tenu de son inef- ficacité... mais elle n’a jamais été commercialisée par Bill. On y apprend enfin, citant le « très » scientifique maga- zine Der Spiegel, que les tests PCR seraient calibrés pour obtenir le plus de résultats positifs possible. Pour paro- dier de Funès dans la folie des grandeurs, « il ment, il ment en allemand ». Enfin et je terminerai par-là mon exégèse, le gouvernement français et donc son pré- sident auraient « techni- quement tout fait avant le 15 mars 2020, pour que le virus se transmette le plus rapidement et le plus large- ment possible dans la popu- lation française». J’espère que ce monsieur a attaqué M. Macron pour forfaiture et crime de haute trahison, à moins que ce ne soit lui qui soit attaqué pour diffamation et complotisme, car même si l’on est en droit de ne pas aimer M. Macron, il ne faut pas dépasser les limites des bornes, disait Coluche. De- puis le début de cette pan- démie, chacun connait la loi de Brandolini, qu’en version polie on peut écrire comme suit : « La quantité d’éner- gie nécessaire pour réfuter du baratin est beaucoup plus importante que celle qui a permis de le créer ». C’est pourquoi j’arrête là mes commentaires, avant de faire mien et d’utiliser en guise de conclusion le titre prémoni- toire du livre écrit par M. Do- minique Labarrière (page 26 de La Baule + de Juin 2021), qui s’applique parfaitement ici : « C’est toujours par la voie de la diabolisation que, peu à peu, l’obscurantisme progresse ». Docteur François Hubert, expert toxico- logue. Merci, Docteur, pour votre courriel et votre éclairage de médecin qui livre un autre point de vue sur l’enquête de Philippe Aimard, parti- culièrement sur l’hydroxy- chloroquine. La liberté de s’exprimer, de chercher, de s’interroger, est fondamen- tale et nous ne céderons jamais à un quelconque anathème dans un camp, comme dans l’autre. Sur ce point, l’avocat Ardavan Amir-Aslani déclare dans sa dernière réponse lors de l’en- tretien qu’il nous a accordé (page 10) : « Tous les jours, la liberté a reculé dans l’es- pace public, sans le début de l’ombre d’un débat. Chaque fois que quelqu’un n’adhérait pas à la thèse prépondérante défendue par l’État ou par le groupe majoritaire, cette personne était accusée de complotisme… Il est trop fa- cile d’écarter ceux qui ne sont pas d’accord avec vous en les pointant du doigt avec l’ac- cusation de complotisme.» Nous apportons une mise au point sur trois éléments. Nous avons vérifié les pro- pos de Philippe Aimard qui cite Der Spiegel : effective- ment, le magazine allemand a bien publié que les tests PCR sont calibrés vers une marge haute. Par ailleurs, concernant la phrase sur le gouvernement qui aurait techniquement tout fait, avant le 15 mars 2020, pour que le virus se transmette le plus rapidement possible, il faut faire une distinction entre l’oral et l’écrit : en ef- fet, dans l’interview radio, la question est posée de fa- çon ironique à propos de la position de Sibeth Ndiaye sur « les masques qui ne servent à rien » et le jour- naliste répond : « Je devais être en colère le jour où j’ai écrit cela ! ». Cela permet de souligner qu’il s’agit simple- ment d’un constat narquois sur l’action du gouverne- ment qui semblait quelque peu perdu face à ce virus dont la dangerosité était en- core méconnue à l’époque. Ainsi, il ne faudrait pas percevoir la moindre accu- sation sérieuse à l’encontre de quiconque. Enfin, votre allusion à l’activité de la fondation Bill Gates est pertinente, toutefois elle ne s’inscrit certainement pas à décharge : l’État a confié à Microsoft les informations sur les données de santé de millions de Français, au dé- triment d’un cloud français, comme OVH par exemple. Y. Urrien. (Suite page 40) Courrier des lecteurs
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