La Baule+
la baule + 2 // Octobre 2021 C ’est l’histoire émou- vante d’une famille qui pourrait d’abord être classée dans la rubrique « Drame », puis en décou- vrant le parcours des en- fants et cette force d’amour quasi divine, on pourrait changer le titre en « Amour» ou «Bonheur ». Yoakim Tre- garo, directeur de la Tha- lasso Barrière de La Baule, a accueilli le Baulois Arthur Le Cossec, 21 ans, pour l’ai- der à se préparer mentale- ment et physiquement à son Ironman. Jusqu’ici, rien de très original, Arthur est étu- diant en école hôtelière et il prépare un master en école de commerce en spéciali- sation hôtelière et dévelop- pement immobilier. Cette compétition Ironman est un triathlon avec 1,9 km de natation, 90 km de vélo et 21 km de course à pied. L’ob- jectif d’Arthur est d’arriver à doubler cette distance en réalisant un Ironman com- plet. Mais il entend aus- si faire cette compétition avec son frère Julien, qui est polyhandicapé : « Ju- lien a un handicap moteur. Quand il marche, il doit être au bras de quelqu’un. Il est épileptique, il est malvoyant et il a un handicap cérébral en ayant la mentalité d’un enfant de deux ans. Donc, il ne peut pas réellement par- ler ou manger tout seul. » Il faut préciser que la maman d’Arthur et de Julien est une « fille DES » : DES pour Dis- tilbène, cette hormone délé- tère qui était censée réduire les risques de fausse couche, puis fut identifiée comme tératogène. On estime qu’en France, elle a été utilisée pour 200 000 grossesses entre 1948 et 1980. Le tri- bunal a d’ailleurs reconnu le lien de causalité entre le polyhandicap de Julien et la prise de Distilbène par sa grand-mère maternelle dans les années 1970. C’est en regardant un film racontant l’histoire d’un père qui avait fait le pari fou de courir un Ironman avec son fils handicapé qu’Arthur a eu cette idée, car il a com- pris que le sport est impor- tant pour Julien : « L’entraî- nement sportif est essentiel, surtout sur le plan mental, car cela lui permet de chan- ger d’air et de voir autre chose. La reconnaissance des personnes que l’on peut croiser est aussi très im- portante. Il y a toujours un regard bienveillant de la part des personnes quand on fait du sport. L’attitude est vraiment très différente entre le sport et la simple marche dans la rue. Dans la rue, les gens ont un regard gêné, alors que quand on fait du sport, il y a beaucoup de bienveillance. Même si mon frère est malvoyant, il ressent cela et cela l’aide énormément. » L a Médiathèque de Pornichet existe de- puis 20 ans et le constat est que les goûts, les pratiques et les attentes ont évolué en matière cultu- relle : «C’est pourquoi, nous avons décidé de repenser l’offre de la Médiathèque, en retravaillant, dans un pre- mier temps, les espaces» , explique Mylène Le Pape, adjointe à la culture. « L’ob- jectif sera d’offrir une meil- leure visibilité et une meil- leure accessibilité du fonds documentaire : livre, BD, DVD, CD… La Médiathèque doit être, avant tout, un lieu de vie ouvert à tous, en dé- passant l’image, parfois austère, d’une bibliothèque. Nous souhaitons revoir les espaces pour que chacun puisse y trouver sa place de manière confortable : espaces de travail, coins cocon, jardin de lecture extérieur… » . Et parmi les nouveautés, on y trouvera, entre autres, un espace jeux vidéo, le Point Information Jeunesse et un Pôle bandes dessinées tout public, pour faire écho au Festival BD Pornichet Déam’Bulle. Ce grand réaménagement né- cessitera, donc, une ferme- ture ponctuelle de l’équipe- ment « durant le premier trimestre 2022 et les condi- tions de cette fermeture sont encore à préciser ». Des rencontres musicales et chorégraphiques et des spectacles sont au pro- gramme… Le public retrou- vera les « Grignote livre» pour les tout-petits, des lectures plurielles pour les plus grands, le Prix litté- raire ados « Je lis, je like », ou encore des rendez-vous numériques (samedis vir- tuels, atelier d’entraide…). Ces derniers feront, notam- ment, la part belle à l’archi- tecture dans le cadre du Pro- jet Culturel de Territoire, en partenariat avec la CARE- NE. Enfin, un Biblio’occaz, une vente de livres, DVD et CD d’occasion aura lieu du 9 au 23 octobre. De nouvelles ambitions pour la Médiathèque de Pornichet Comment le handicap peut devenir une leçon de vie et de force Ce besoin de vivre pour mon frère Lorsque l’on évoque cette force d’amour quasi divine, c’est que depuis son enfance, Arthur a ressenti cette res- ponsabilité comme une vo- cation particulière : «J’ai grandi avec ce besoin de vivre pour mon frère. Je ne lui dois rien, mais j’ai envie de lui faire vivre ce que je vis chaque jour. Cette situation m’a poussé à aller dans mes retranchements personnels. D’ailleurs, je considère que j’ai beaucoup de chance dans la vie et, ce handicap de mon frère, je peux le transformer en force, pour lui et moi. C’est ce que j’essaye de faire chaque jour. Il ne sert à rien de s’apitoyer sur son sort, son handicap m’apprend énor- mément de choses. Cela me permet d’évoluer avec mon frère et de partager avec lui des moments inoubliables.» D’ailleurs, Julien va aussi s’entraîner à la thalasso de La Baule : « Il me surprend dans sa résilience personnelle. J’ai eu l’occasion de faire le ma- rathon de Chantilly avec lui: il y a des chemins de terre, c’est très vallonné, donc ce n’est pas du tout agréable pour lui puisqu’il est en chaise roulante. J’ai obser- vé qu’il voulait être le plus discret possible. C’était une manière pour lui de faire sa part du boulot, donc il avait conscience de cela en voulant me faciliter la tâche au maxi- mum. » Arthur Le Cossec à la Thalasso Barrière de La Baule
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