La Baule+
la baule + 6 // Octobre 2021 L ’Office de tourisme intercommunal La Baule – Presqu’île de Guérande vient de dresser le bilan de la fréquentation touristique de cet été. Mal- gré une météo maussade et l’instauration du pass sani- taire, la fréquentation des touristes en juillet a atteint le même niveau que les deux années précédentes, avec 2,1 millions de nuitées enregis- trées. Pour le mois d’août, on totalise 1,8 million de nuitées les trois premières semaines, un chiffre en léger recul par rapport aux deux précédentes années. Notons que la clientèle étrangère ne représente que 8 % des nui- tées touristiques en juillet et août, l’essentiel de la clien- tèle étant originaire de la région parisienne, des Pays de la Loire et de la région Bretagne. Les professionnels interro- gés jugent la saison estivale réussie en termes de fré- quentation et ils estiment ne pas avoir été pénalisés par l’obligation de vérifier le pass sanitaire. D’ailleurs, ils sont 70 % à observer un chiffre d’affaires stable ou en pro- gression par rapport à l’an- née dernière, notamment dans les activités de loisirs et les hébergements. Ils sont seulement 23 % à considérer que la mise en place du pass sanitaire a eu un impact né- gatif sur la fréquentation de leur structure. En revanche, pour les professionnels de la restauration, le chiffre est plus élevé et 48 % constatent un impact négatif. Enfin, le rapport fait état d’un bond de la fréquenta- tion du locatif saisonnier avec une occupation de 69 % pour le mois de juillet et de 75 % pour le mois d’août: « Il s’agit sans doute d’une ten- dance forte, peut-être liée à la crise sanitaire, ces loge- ments étant plus sécurisants pour les touristes car sans contact direct avec d’autres clientèles et en autonomie. » La Baule + : Vous annon- cez une forte augmenta- tion de la fréquentation touristique au cours de cet été. Il y a quelques années, le touriste était quelqu’un qui décou- vrait un territoire et qui pouvait y venir réguliè- rement, mais les codes ont changé. Quelle est la définition d’un touriste en 2021 ? S’agit-il d’une personne qui va voir ré- gulièrement sa famille? Est-ce quelqu’un qui a ses habitudes et qui se rend régulièrement dans un hôtel ou dans une location meublée ? Franck Louvrier : C’est d’abord une famille, c’est un couple qui vient avec ses en- fants. Donc, il est important de penser à proposer une offre familiale et inter-fami- liale. Le touriste demande une diversité de l’offre. Il ne vient pas dans un endroit pour uniquement consom- mer telle ou telle chose, il veut avoir une carte avec différentes propositions, c’est très important. Et c’est ce qui fait la force de notre territoire, puisqu’il est pos- sible d’aller sur le littoral, mais aussi de se promener dans le Parc naturel régional de Brière, ou d’aller à Gué- rande ou au Croisic. Enfin, le touriste est aujourd’hui très attiré par le vélo. Il a envie de se déplacer en deux-roues de façon facile et nous avons la chance d’avoir un pays quasiment plat. C’est pour cette raison que nous atti- rons beaucoup de touristes d’Europe du Nord qui sont très friands de notre région, qui est la première région cyclo-touristique de France avec 3000 kilomètres de pistes cyclables. Le nombre important de résidents secondaires contribue-t-il aussi à as- surer une stabilité tou- ristique ? F. L : Nous observons que nos touristes sont fidèles. Comme ce tourisme est fami- lial, c’est d’abord quelqu’un qui essaye de convaincre ses enfants d’aimer le territoire et il aime y revenir plusieurs fois dans l’année - c’est aus- si ce qui fait notre force - et, parfois, il décide de s’y ins- taller et de vivre au pays des vacances. C’est l’aboutisse- Une saison touristique réussie selon l’Office de tourisme intercommunal Delphine Derouet, directrice de l’Office de tourisme intercommunal ; Laëtitia Seigneur, élue à Pénes- tin et vice-présidente de l’Office de tourisme intercommunal ; Franck Louvrier, maire de La Baule et président de l’Office de tourisme intercommunal et Xavier Fournier, élu à Guérande et vice-président de l’Office de tourisme intercommunal. ment de la démarche touris- tique et cela transforme nos stations balnéaires en villes balnéaires. On voit de plus en plus de personnes, sur la côte comme à la campagne, qui décident de s’installer définitivement sur notre ter- ritoire. Le touriste est peut- être un résident permanent de demain... Xavier Fournier : Dé- couvrir ce territoire, c’est l’adopter. Tout l’enjeu est de consolider cette base qui est extrêmement forte, qui est attachée à notre territoire et, au-delà des crises, cela nous permet d’avoir un matelas de sécurité qui contribue à la vie de nos territoires. Cette différence, cette multiplici- té des propositions, entre la côte et la Brière, en passant par les marais salants et la cité médiévale, permet juste- ment aux gens de découvrir quelque chose de nouveau chaque fois qu’ils viennent. Tout l’enjeu est d’attirer de nouvelles populations en leur montrant toute la diver- sité de notre territoire. Faut-il aussi faire da- vantage connaître la diversité de notre ter- ritoire aux résidents secondaires qui restent parfois ancrés sur une ou deux communes ? Laëtitia Seigneur : Nous avons différents types de visiteurs et, plutôt que les appeler touristes, nous pour- rions les appeler des habi- tants de passage car, que l’on vienne seulement une jour- née, que l’on soit résident secondaire ou que l’on ha- bite à l’année, on redécouvre toujours notre territoire et sa pluralité. Que ce soit le sud Bretagne, avec Pénestin, Ca- moël et Férel, ou La Baule et Le Pouliguen, on redécouvre toujours un territoire, car il est divers et riche. C’est aussi la raison pour laquelle beaucoup de gens souhaitent investir sur notre territoire. Vous insistez beaucoup sur le vélo dans votre communication glo- bale: est-ce une nouvelle tendance ? F.L : C’est plus qu’une nou- velle tendance, c’est déjà un style de vie, un art de vivre. Nos communes sont déjà très accessibles en ma- tière de vélo et nous devons poursuivre notre offre pour permettre, au-delà des in- frastructures cyclables, la mise en place de nouveaux services pour que les gens puissent par exemple les ga- rer en toute sécurité, avecune borne de gonflage. L’idée est d’avoir des services qui ac- compagnent le touriste avec son vélo. C’est le deuxième étage de la fusée: après le do- maine cyclable qui doit être amélioré, nous devons am- plifier le service autour du vélo-tourisme. Nous devons aussi travailler sur des points d’alerte, particulièrement les métiers en tension. Nous de- vons apporter des réponses sur le logement saisonnier. Nous devons aussi être vi- gilants sur le tourisme d’af- faires, avec une offre créa- tive et innovante, pour nous différencier par rapport au nombre important de palais des congrès et d’offres qui existent en France. Propos recueillis par Yannick Urrien.
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