La Baule+
la baule + Octobre 2021 // 5 aussi d’apprendre ce que si- gnifient un bilan, un chiffre d’affaires, des recettes, des charges ou des cotisations sociales. Si l’on ne com- prend pas le monde dans lequel on vit, on peut finir par faire sécession et croire à ces grandes paroles d’idéo- logues qui, finalement, ne vendent que du vent. Cette éducation à l’économie fait partie du chemin de la ci- toyenneté et du civisme. C’est crucial, cela manque dans notre pays. Enfin, évoquons la fran- cophonie : on vérifie tous les jours que les pays qui parlent une même langue commercent da- vantage entre eux. Les Anglo-saxons ont com- pris que pour gagner la guerre économique, ils devaient gagner laguerre de la langue. En France, plus on communique en anglais, plus on perd des contrats, et l’on continue de travailler avec des pays francophones… La francophonie, c’est un potentiel : c’est une sorte de diamant qui n’est pas encore taillé, ou mal taillé, et l’on ne prend pas la mesure de ce potentiel. Il y a l’Afrique, l’Amérique du Nord, l’Asie du Sud-Est ou des régions comme Pondichéry... Au-de- là de la puissance de notre langue et de notre culture, on n’en fait pas une communau- té de destin et c’est pour cette raison que j’ai salué publi- quement le fait que, lors de la rentrée du MEDEF, il y ait eu parallèlement un sommet des chefs d’entreprise franco- phones. En plus, maintenant que la Grande-Bretagne a quitté la Communauté euro- péenne, il n’est plus question d’utiliser systématiquement l’anglais pour se faire com- prendre. Notre langue mérite d’être portée là où elle doit l’être, car c’est une langue de puissance. Si l’on refait de la francophonie une sorte d’outil d’influence, alors cela deviendra une arme indes- tructible pour faire des af- faires, de la recherche, pour permettre à des universi- taires et à des écrivains d’ai- guiser notre pensée, car nous avons une langue très riche qui a une énorme capacité à lever les foules. Par exemple, nous avons le tutoiement et le vouvoiement. Nous avons une langue d’une grande richesse qui permet les nuances, alors que le monde d’aujourd’hui se fracture entre le noir et le blanc, en oubliant les nuances. Dans ce contexte, notre langue porte en elle un potentiel de développement économique et de développement diplo- matique en faisant rayonner nos valeurs. Il faut revenir à cet outil d’influence, ce que les Anglo-saxons appellent le « soft power », en l’assumant sans complexes. C’est une stratégie pleine et entière qu’il faut développer et cela a commencé grâce à l’action du MEDEF en cette rentrée. Propos recueillis par Yannick Urrien. « Maintenant que la Grande-Bretagne a quitté la Communauté européenne, il n’est plus question d’utiliser systématiquement l’anglais. »
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