la baule+ Mai 2022 // 29 aujourd’hui tout le monde a une grande télé et il y a les nouvelles plates-formes de vidéo à la demande. Donc, les gens ont perdu cette habitude. Pourtant, il faut absolument que le cinéma continue de vivre, parce que c’est important. C’est une belle sortie, c’est extraordinaire de rire dans une grande salle avec tout le monde.... Mais les gens commencent à revenir au cinéma, comme au théâtre. Maintenant, je dois terminer deux films. On doit finir un film avec un tournage de cinq jours au Japon, on a été bloqué pendant plus d’un an, et je viens aussi de finir un film familial sur des courses de dromadaires au Maroc. Je viens également de terminer la réalisation d’un téléfilm pour TF1 : «Touchées ». C’est un producteur nantais qui m’a proposé de réaliser ce scénario issu d’une bande dessinée et ce sera diffusé certainement en septembre ou en octobre 2022. On a joué avec Mélanie Doutey, Claudia Tagbo et ma fille, Chloé Jouannet. C’est un sujet qui me touche, puisque je suis ambassadrice de La Maison des femmes et le téléfilm traite de la reconstruction de femmes victimes de violences sexuelles ou conjugales. Il raconte l’histoire de l’amitié de trois femmes qui vont se reconstruire grâce à l’escrime thérapeutique. C’est une vraie association, cela existe vraiment. Il faut savoir que le sport est souvent très thérapeutique. Je voudrais aussi dire aux femmes victimes que dans toutes les villes et dans tous les villages de France, il y a des associations avec des gens qui peuvent aider, parce qu’il y a 10 à 12 millions de bénévoles en France, c’est énorme. Il est important de rappeler ce message. J’avais envie de mettre un coup de projecteur sur toutes ces associations qui permettent aux femmes de se reconstruire. C’est un sujet d’actualité et beaucoup de gens se mobilisent. Malheureusement, on a le sentiment que les mentalités n’évoluent pas, parce qu’il y a toujours autant de faits-divers tragiques quand on lit la presse… Je pense qu’aujourd’hui on le sait plus, les victimes parlent davantage, alors qu’auparavant on n’abordait pas ces sujets. Il y a des gens formidables qui ont ouvert ces sujets, notamment sur la pédophilie ou les prêtres, mais à l’époque on n’avait pas le droit d’en parler. Même des hommes n’ont plus peur de dire qu’ils ont été victimes de cela dans leur jeunesse. Le mot victime est difficile à dire, pourtant il faut accepter ce mot pour s’en sortir. Je suis plus positive, parce qu’il y a plus de gens qui parlent et il y a aussi plus d’associations qui œuvrent dans ce domaine. Donc, les choses avancent. Cela concerne tous les milieux sociaux. Je ne dis pas qu’il n’y aura plus rien du jour au lendemain, mais en tout cas nous sommes sur la bonne voie. Il faut aussi compter sur nous-mêmes. On ne peut pas vivre seul dans sa petite bulle, sinon on devient fou On a pu constater que le magnétoscope n’a pas tué le cinéma et que le cinéma n’a tué ni le théâtre ni le café-théâtre. Beaucoup de jeunes espoirs d’une trentaine d’années font des salles d’une centaine de personnes. Finalement, rien ne remplacera le contact humain… On a besoin de ça. L’homme a besoin de vivre avec d’autres hommes et d’échanger. On ne peut pas vivre seul dans sa petite bulle, sinon on devient fou. C’est pour cette raison que je pense que rien ne tuera le spectacle vivant, que l’on doit défendre. Quand il n’y a plus de culture, cela devient catastrophique, alors que c’est une liberté extraordinaire. La période de confinement a été terrible pour les salles de cinéma. Malheureusement, on soutient beaucoup les films américains, alors que l’inverse n’est pas vrai et je tiens à dire que les Français font de très bons films. Il ne faut pas oublier que nous sommes un pays de cinéma. C’est vraiment dans notre culture et on ne doit pas perdre cela. Le Français va continuer d’aller au cinéma, mais il doit aussi aller voir des films français qui sont très bons. Propos recueillis par Yannick Urrien.
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