La Baule+

la baule+ Mars 2023 // 9 certaine admiration pour l’homme. Il m’a regardé, il ne parlait pas beaucoup, et il m’a répondu « Pourquoi pas». Il avait des yeux bleus très impressionnants, avec un sourire. Ce n’était pas un engagement, mais j’ai senti que le courant passait. Vous précisez également que vous avez rencontré le SAC (Service d’action civique) et il reste encore important d’expliquer la situation de l’époque. Le SAC avait été créé par le général de Gaulle, au moment où les communistes s’apprêtaient à bloquer le pays, et il fallait instaurer une force civile parallèle pour débloquer les raffineries et les transports… Olivier Guichard m’avait demandé d’aller aider un député UNR de l’époque à Nantes. Je ne savais pas trop ce qui m’attendait. J’arrive à Nantes et on me demande d’aller voir le patron du SAC de Nantes qui tenait un restaurant vietnamien. C’était un ancien d’Indochine. Olivier Guichard faisait partie des barons du gaullisme, avec Jacques Foccart, et tous ces gens se connaissaient très bien. Le SAC m’a aidé sans faire de vagues, car il y a une différence entre le SAC dans le Midi de la France, qui s’est livré à des choses pas très recommandables, et le SAC du reste de la France que Jacques Foccart dirigeait très bien. Le service d’ordre était bien fait. J’avais aussi l’appui des jeunes de l’UJP et, finalement, Alexandre Bolo, contre toute attente, a été élu. Olivier Guichard m’a simplement dit en revenant à La Baule : « C’est bien, vous avez fait ce qu’il fallait, parfait. » Tout en travaillant par ailleurs, vous devenez maire de La Baule en 1995. Auriez-vous pu concilier cela aujourd’hui, alors que la fonction de maire devient de plus en plus technique et requiert de plus en plus de temps ? Il suffit de s’organiser ! J’avais demandé conseil à Olivier Guichard et il m’avait répondu : « Dans la vie, pour bien vivre, il faut être débordé ». Finalement, en s’organisant, quand un cadre a l’expérience des entreprises privées, il peut mettre cette expérience au service de la vie publique et ce n’est pas du tout négatif, notamment en termes de management du personnel et de gestion financière. La fonction de maire est très importante et je trouve que l’expérience que l’on acquiert dans un milieu professionnel privé est irremplaçable. On peut tout à fait, avec de la volonté, en étant engagé, cumuler deux ou trois métiers. Je sais que ce n’est pas la tendance aujourd’hui, mais j’ai été très heureux et j’ai vécu des périodes très heureuses en cumulant plusieurs activités. Comment envisagiez-vous le développement de LaBaule lorsque vous avez été élu ? J’ai toujours été un partisan de l’investissement qui dure Ce qui est important, c’est la fondation de la communauté d’agglomération parce que, sur les grands travaux et les équipements qui coûtent très cher, comme les piscines, l’eau potable ou les stations d’épuration, c’est justement l’intercommunalité qui doit pouvoir faire cela au service de l’ensemble des communes. J’ai été élu pendant quatre mandats. J’avais indiqué clairement que j’arrêterais au bout de 25 ans. J’ai passé des moments très heureux et agréables à la tête de cette mairie, où j’ai été réélu à chaque fois au premier tour. Propos recueillis par Yannick Urrien.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2