La Baule+

la baule+ 12 | Août 2025 La Baule+ : Pourquoi avez-vous décidé d’écrire un livre pour revenir sur votre action et pour faire part de vos projets ? Franck Louvrier : La vie quotidienne d’un maire, c’est le temps de l’action, de la pédagogie, pour expliquer ce que l’on fait, mais aussi de la réflexion. Je crois en l’écriture, en plus de la présence dans la ville, comme Témoignage ► Le maire de La Baule publie « Ce qu’il me reste à faire » Franck Louvrier : « Le maire doit incarner sa ville en en faisant sa promotion à l’extérieur. » Franck Louvrier crée la surprise en annonçant la sortie d’un livre témoignage sur ses cinq premières années de mandat, mais pas seulement, car il y révèle aussi ses projets pour la ville, ses joies et ses déceptions. Plutôt que de lancer quelques messages sur les réseaux sociaux ou des vidéos courtes, le maire de La Baule a fait le choix de l’explication précise à travers le format de cet ouvrage, notamment parce qu’un livre s’inscrit dans le temps. « Ce qu’il me reste à faire » de Franck Louvrier est publié aux Éditions Librinova. un lien durable de proximité avec les Baulois. Par ce livre, j’essaie d’établir un contrat avec eux. Ce n’est pas un programme, mais ce sont des confidences, des constats et des perspectives. Le livre, c’est ce qui reste quand on a tout oublié. C’est du solide, face à la superficialité de l’audiovisuel et des réseaux sociaux. C’est un ouvrage de 184 pages qui permet, au cœur de l’été, de prendre le temps de la réflexion. J’ai donc souhaité, dans un souci de transparence, revenir sur ce mandat et me projeter sur l’avenir. Le maire, c’est autant celui qui reçoit des ministres, que des personnes en détresse. C’est autant celui qui transforme chaque jour des informations en décisions, que celui qui construit pour les 100 ans à venir notre protection contre la mer, avec notre projet sur la promenade de mer. L’engagement politique est quelque chose de sérieux, ce ne sont pas simplement des messages sur les réseaux sociaux ou des postures sur les photos. Il faut une vision pragmatique sur la sécurité, l’aménagement de la ville, la maîtrise fiscale et l’environnement. J’évoque aussi mes relations avec l’équipe municipale et avec les Baulois. Je fais part de ma déception à l’égard du rôle de l’intercommunalité et de sa dérive financière préoccupante. Il y a de nombreux sujets. C’est aussi un peu un livre de politique nationale, puisque j’aborde mon engagement politique. Chaque lecteur va retenir quelque chose selon sa sensibilité. J’ai noté que vous avez refusé que l’association « Les restos du cœur » déménage de l’autre côté de la voie ferrée. J’ai trouvé cette attitude très symbolique… C’est l’une des premières décisions que j’ai prises quand je suis arrivé à la mairie. En raison de la pression immobilière, on m’avait conseillé de récupérer le maximum de foncier, en m’expliquant que l’association « Les restos du cœur » pouvait passer de l’autre côté de la ligne de chemin de fer et même s’éloigner un peu plus. Et j’ai refusé. Je considère que l’équilibre d’une ville, c’est aussi sa diversité, donc c’est aussi « Les restos du cœur». Cela permet de prendre conscience de l’environnement dans lequel nous sommes. On ne met pas tous les gens qui se ressemblent d’un côté et tous les autres de l’autre. C’est le maire qui façonne sa ville et c’est pour cela qu’il doit continuer de détenir le permis de construire Il y a un aspect très gaulliste social dans cette démarche… Peut-être... J’ai le sentiment que c’est lemaire qui façonne sa ville et c’est pour cela qu’il doit continuer de détenir le permis de construire. À un moment, le président de la République voulait que les préfets récupèrent le permis de construire. Ce serait une erreur. Nous avons la responsabilité de maintenir cet équilibre pour ne pas être une ville dortoir ou une ville commerciale. Il est important pour moi d’incarner cette ville, sans excès et sans ego Vous citez aussi vos interventions sur les médias nationaux. Parfois, il y a des messages qui circulent sur les réseaux sur le fait que vous y êtes très présent. C’est amusant car, il y a quelques années, les Baulois disaient «Yves Métaireau est un bon maire, mais il n’est pas connu sur le plan national comme l’était Olivier Guichard… » Et maintenant, on entend exprimer l’inverse: «Franck Louvrier est un bon maire, mais on le voit trop sur les plateaux parisiens ! » D’abord, je suis souvent en direct de La Baule, depuis mon bureau, et parfois même du bureau de mon domicile. Le rôle d’un maire, c’est d’incarner sa ville, surtout quand c’est une ville qui entend être attractive, notamment en attirant le tourisme d’affaires ou de loisirs. Donc, le maire doit incarner sa ville en en faisant sa promotion à l’extérieur. D’abord, nous sommes en concurrence avec d’autres communes, comme Biarritz, Deauville ou Le Touquet. Nous devons être les meilleurs pour avoir cette activité à l’année, car c’est ce qui fait vivre les Baulois au quotidien. Nous avons besoin d’avoir une fréquentation permanente et pas uniquement concentrée sur l’été. Quand on a plus d’habitants, on a des infrastructures de qualité. Il est important pour moi d’incarner cette ville, sans excès et sans ego, avec toujours comme mission de la vendre à l’extérieur. À la fin de ce mandat, la responsabilité repose sur vos épaules et non sur les épaules de l’ensemble des conseillers municipaux Pourquoi avez-vous choisi comme titre « Ce qu’il me reste à faire » et non « Ce qu’il reste à faire » ? Parce que, d’abord, une équipe municipale, c’est 33 personnes, avec une équipe majoritaire d’environ 25 personnes. À la fin de ce mandat, la responsabilité repose sur vos épaules et non sur les épaules de l’ensemble des conseillers municipaux. Il est de votre responsabilité d’engager ce projet et donc c’est : « Ce qu’il me reste à faire ». D’ailleurs, en ce moment, on retrouve beaucoup les pronoms relatifs dans les titres. Michel Barnier a écrit « Ce que j’ai appris de vous», chez Jordan Bardella, c’est « Ce que je cherche » et, pour moi, c’est « Ce qu’il me reste à faire ». Je travaille

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