La Baule+

la baule+ Août 2025 | 13 avec une maison d’édition, Librinova, qui a été fondée par deux femmes issues du monde de l’édition et cela me fait plaisir de participer à cette start-up qui est maintenant une maison installée. J’ai mentionné cette anecdote sur votre volonté de maintenir «Les restos du cœur » au cœur de la ville, avec celle de ne pas cacher la misère, ce qui implique aussi d’entreprendre des efforts pour que ces personnes aient une meilleure vie. Ces signes sont-ils plus importants qu’un programme politique à une époque où tout est incertain ? On ignore ce qui va se passer dans les mois ou les années qui viennent, entre les guerres, les risques sociaux, les tensions climatiques… En fait, on ne vote pas pour un programme, qui peut forcément évoluer, mais surtout pour une personnalité et une morale… Le principe d’un livre, c’est de prendre son temps, surtout à une époque où l’on privilégie les formats très courts. C’est aussi une manière de pouvoir se poser. J’ai 57 ans, j’ai de l’expérience dans le monde politique, comme dans le secteur privé, et je pense que le maire a deux facettes. Il y a le maire de la transmission mémorielle et des mariages - ce sont les moments que je préfère - et le maire qui veille à la qualité de vie des agents, dont le dévouement est remarquable, mais il y a aussi la projection dans l’avenir. Il faut adapter la ville aux enjeux du XXIe siècle. Par exemple, nous commençons à travailler sur l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein de la collectivité. Nous allons travailler sur la désalinisation de l’eau. On a la chance d’être au bord de l’océan Atlantique, donc il faut utiliser cette source majeure pour éviter d’arroser nos espaces verts avec de l’eau potable. Vous décrivez aussi vos rapports avec vos administrés et leurs demandes diverses, parfois contraires, en rappelant que vous devez respecter les lois de la République. Vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez, vous n’avez pas le pouvoir du Prince Albert à Monaco… Il y a un État, c’est vrai, on est confronté tous les jours à des injonctions contradictoires. Il y a les injonctions contradictoires de l’État : on nous demande de construire davantage, mais en même temps on nous diminue nos espaces fonciers. Il y a aussi les injonctions contradictoires des habitants, qui veulent plus de policiers dans les rues, tout en payant moins d’impôts. Un maire doit gérer tout cela pour l’intérêt général. La France change. La Baule du XXIe siècle ne sera pas La Baule du XIXe siècle La population de La Baule est-elle difficile? J’ai regardé le courrier des lecteurs de La Baule+ depuis 20 ans et, chaque année, il y a des messages récurrents: « La Baule décline », «Avant c’était mieux », « La station perd de son prestige » … C’est le quotidien qui est difficile pour les gens, c’est le monde qui est difficile aussi. Il ne faut pas se leurrer. Nous sommes dans un pays qui a 3300 milliards de dettes, le territoire européen est en conflit, nous sommes dépendants de la météo et des difficultés environnementales, il y a la baisse du pouvoir d’achat des Français... Le quotidien est difficile. Après, nous devons apporter des réponses pour une meilleure qualité de vie. Je veux être le maire de la qualité de vie. La France change. La Baule du XXIe siècle ne sera pas La Baule du XIXe siècle. On doit donc s’adapter pour amener toujours une meilleure qualité de vie au quotidien. Vous évoquez votre équipe municipale et vos souhaits pour la prochaine équipe : vous insistez beaucoup sur la loyauté et la disponibilité. Avez-vous pu observer parfois un manque de loyauté ou de disponibilité ? Non, cela a toujours été un critère de jugement pour moi, car les Baulois veulent de la disponibilité et que l’on soit loyal à l’endroit du programme que l’on a engagé. Ce n’est pas une remarque centrée sur ma personne, mais une remarque qui concerne la volonté des Baulois qui demandent des élus disponibles. On ne peut pas être conseiller municipal seulement deux jours par semaine. Il y a des réunions le mardi, le mercredi, le jeudi. Je suis toujours très exigeant à mon endroit, comme à l’égard de ceux qui travaillent avec moi, car c’est une chance formidable que de pouvoir être élu. Il est difficile de travailler tout en étant élu, mais il faut faire des choix. La disponibilité est importante, car les sujets sont de plus en plus complexes. Il y a un environnement juridique et financier qui est de plus en plus prégnant. Donc, il faut du temps pour trancher. Propos recueillis par Yannick Urrien.

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