la baule+ 20 | Mai 2026 Nautisme > Le navigateur de renom nous fait partager sa passion pour la mer Loïck Peyron : « Demain, le marché se tournera vers l’hybride. » Navigateur au palmarès parmi les plus étoffés de ces quarante dernières années, Loïck Peyron a réalisé cinquante traversées de l’Atlantique. Il a remporté la Transat anglaise, la Route du Rhum, la Transat JacquesVabre, la Barcelona World Race, le Trophée Jules-Verne... Il a également été trois fois champion du monde Orma multicoques. Sportif, compétiteur, mais aussi remarquable conteur, vulgarisateur hors pair des dernières avancées technologiques, il nous fait découvrir le monde de la voile qui est toute sa vie. Il est l’un des marins français dont la renommée a depuis longtemps dépassé les frontières hexagonales. Respecté tant en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Suède, en Grande-Bretagne que sur les côtes des États-Unis, il a couru sur tout ce qui flotte, des unités les plus lentes aux plus véloces. Il a connu le temps des pionniers des multicoques, les traversées en solitaire et les tours du monde en équipage. Il nous présente son nouveau livre. « Dictionnaire amoureux illustré de la voile » de Loïck Perron est publié aux Éditions Grund. La Baule+ : Vous publiez une nouvelle édition de votre « Dictionnaire amoureux de la voile »: quels sont les changements apportés à cette nouvelle version ? Loïck Peyron : C’est à la demande de mon éditeur, car ces dictionnaires amoureux sont une spécificité de chez Plon et, quand le livre a un certain succès, l’éditeur décide d’en faire une version illustrée. C’est un beau livre, beaucoup plus grand que la première édition, avec de magnifiques images. J’évoque mon amour pour la mer, pour la voile et pour tous ceux qui sillonnent cette planète bleue depuis toujours. C’est un hommage à tous ceux qui ont tracé des sillages et que j’ai eu la chance d’admirer ou de côtoyer. Le texte a-t-il été modifié ? J’ai dû édulcorer le texte pour laisser la place à de belles images, puisque c’est un format grand livre, et je suis heureux d’avoir pu coucher sur le papier quelques souvenirs. C’est aussi une manière de transmettre tout cela à mes enfants, car je n’ai pas souvent eu l’occasion de partager avec eux les détails de mes navigations. C’est tout le problème des métiers où l’on est souvent absent ! Mon papa était capitaine au long cours, mais c’est aussi le cas des militaires, donc on n’a pas toujours l’occasion de partager ce que l’on fait avec ses enfants. J’ai eu la chance d’avoir une vie aventureuse. La France est un pays très bien nourri par les histoires de mer et de voile, surtout parce que l’on a eu la chance d’avoir des Arthaud, Tabarly ou Moitessier. Quand on pratique la voile, on n’est pas obligé de gagner pour réussir, bien au contraire. Certains de nos bateaux de course portent de grands autocollants pour sauver la planète et cela me choque ! Si l’on souhaite écrire un dictionnaire amoureux du violon, on sait que le Stradivarius n’a pas changé, idem pour le football où les règles sont toujours les mêmes, alors que pour la voile les choses évoluent en permanence… C’est vrai, on dit que c’est une activité mécanique, puisqu’il faut bien un support et, avant, c’étaient des morceaux de bois, maintenant c’est de la fibre de carbone. Le côté architectural évolue aussi en permanence. C’est comme si l’on faisait un dictionnaire amoureux de la voiture : il faudrait segmenter entre les camions, les automobiles ou les voitures de sport… Bizarrement, on parle de la voile, alors que le spectre est incroyable. Cela va du petit Optimist de l’école de voile du Pouliguen, jusqu’aux Class America, en passant par les grands voiliers. Quand je suis sur le port du Pouliguen, je croise des gens qui me disent qu’il font aussi du bateau... Cela montre bien que l’on partage un élément unique, car il ne viendrait jamais à l’idée de personne de croiser un pilote de Formule 1 en lui disant : « Moi aussi j’ai une voiture ». C’est passionnant, parce que l’on partage quelque chose d’assez unique, à savoir l’amour de la mer, du vent et des bateaux. Peu importe la taille des bateaux, les gens sont heureux en mer. C’est un objet matériel, sans doute une hérésie environnementale, puisque l’on sait que la moyenne de na-
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