Mai 2026 | 21 la baule+ vigation est de quatre jours par an. La seule excuse que l’on peut trouver, c’est que les bateaux durent très longtemps, que ce soient les bateaux de plaisance comme les bateaux de compétition. Nous avons tous une préoccupation sur l’avenir de notre planète, on se pose des questions sur notre manière de consommer, mais on ne change pas notre manière de profiter de nos loisirs. Le temps libre devient très important, alors que la civilisation des loisirs n’est pas indispensable à la survie de la planète. On essaye à chaque fois de faire des produits un peu moins sales, c’est déjà très bien, mais on ne remet jamais en question sa pratique. Tous les marins s’appliquent des contraintes pour essayer de faire en sorte que leurs bateaux soient moins polluants. C’est très bien. De la même manière, l’Europe impose aux Européens des normes absolument drastiques, avec des erreurs colossales, comme c’est le cas pour les voitures thermiques, alors que le monde entier ne respecte en aucun cas nos règles. Finalement, on a perdu cette notion de bon sens. Certains de nos bateaux de course portent de grands autocollants pour sauver la planète et cela me choque, car on finance un loisir personnel avec un discours visant à sauver la planète ! Ce qui est intéressant, c’est que l’on s’impose des normes pour essayer de garder notre confort, peut-être pour se donner bonne conscience. C’est vraiment ce qui me dérange. Lorsque l’on a effectué autant de traversées, a-t-on tendance à rechercher la solitude ? Ou l’inverse ? Je suis très social, mais je suis aussi assez casanier. Je sors vraiment peu, ce qui signifie que nous avons eu la chance de créer un cocon familial qui suffit à mon bonheur. J’adore avoir des copains, mais j’ai la fainéantise du relationnel. Je vois beaucoup de monde dans mon travail, donc j’ai envie d’être seul assez souvent. Les relations sociales sont souvent articulées autour des mêmes thèmes... L’automatisation va-t-elle gagner l’univers de la voile ? Contrairement aux idées reçues, dans le domaine de la compétition, rien n’est automatique. C’est une interdiction, à l’exception des pilotes automatiques. On pense que les marins du Vendée Globe ont des bateaux automatisés, or c’est faux, on fait tout à la main. (Suite page 22)
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