La Baule+

la baule+ 26 | Juillet 2024 Littérature ► Catherine Gaultier présente son coup de coeur : le dernier roman de Karine Reysset Karine Reysset : « J’ai passé beaucoup de temps au Pouliguen, pour m’imprégner de la ville. » Karine Reysset a notamment publié « Les Yeux au ciel » (L’Olivier, 2011), « L’Ombre de nous-mêmes » et « La Fille sur la photo » (Flammarion, 2014 et 2017). Son roman « Comme une mère » (L’Olivier, 2008) a été adapté en téléfilm en 2011 sous le titre « La Fille de l’autre ». L’écrivaine connaît bien Le Pouliguen et c’est la villa Les Hortensias qui sert de décor à son nouveau roman. Ce livre de Karine Reysset est l’un des coups de cœur de Catherine Gaultier qui dirige Les Librairies de la Baie (Librairie du Pouliguen, Librairie Lajarrige et Librairie de Pornichet). Karine Reysset répond aux questions de Catherine Gaultier. Elle sera l’invitée de la Librairie du Pouliguen le mercredi 10 juillet à 19h (inscription recommandée au 02 40 61 60 98) « Dans la maison d’été » de Karine Reysset est publié chez Flammarion. Catherine Gaultier : C’est un projet littéraire ambitieux que vous qualifiez de fiction d’inspiration autobiographique. Comment ce projet est-il né ? Karine Reysset : Je venais de finir mon précédent livre, entièrement autobiographique, et je me suis demandé ce que j’allais faire. J’ai eu l’idée d’essayer d’obtenir une bourse du Centre national du livre (CNL) et, pour déposer le dossier, il fallait évidemment un projet de livre. Je suis partie de l’idée de raconter l’histoire d’une famille à travers les séjours qu’elle passe dans sa maison de vacances, de son achat à sa revente. Donc, c’est une chronique familiale. Cette chronique se déroule de 1980 à 2022 et j’ai très vite choisi de baser cette histoire au Pouliguen. Vous évoquez la famille Reiss alors que vous vous appelez Reysset : est-ce une famille qui vous est proche, ou estelle totalement fictive ? Quand j’ai eu cette idée, j’ai commencé par bâtir un arbre généalogique, donc c’est une famille fictive, et j’ai glissé un personnage très important, Barbara, c’est le fil rouge. C’est la petite fille de Rose et Albert, qui achètent la maiCatherine Gaultier interroge Karine Reysset Photo : Astrid di Crollalanza son et, comme dans tous mes livres, c’est un peumon clone. J’ai poussé le jeu un peu plus loin, puisque Barbara a un compagnon et deux enfants qui ressemblent beaucoup à mon propre compagnon et à mes enfants. Vous évoquez un roman d’inspiration autobiographique, c’est une présentation de l’éditeur et je ne l’aurais pas formulé ainsi. Quand on connaît votre travail, on ne peut que vous associer à Barbara. À la fin du roman, on découvre que Barbara rêve d’écrire une fiction d’inspiration autobiographique… C’est effectivement Barbara qui veut écrire un roman d’inspiration autobiographique et c’est ce qu’elle fait au fil des pages. Elle raconte l’histoire de la famille Reiss. Rose et Albert sont des personnages essentiels. Ils achètent cette maison d’été en 1980. Ils ont une soixantaine d’années. Rose est une institutrice à la retraite, Albert a un cabinet d’architecte paysagiste avec son fils Gabriel, mais il songe à laisser son activité. C’est un couple qui a trois enfants et c’est une famille un peu matriarcale. Rose est un personnage très fort, c’est un petit bout de femme. Malheureusement, Albert va disparaître vingt ans plus tard, donc on va suivre cette famille sans la figure du grand-père. Ce qui est important, c’est la figure de la grand-mère. C’est une femme très indépendante, très féministe, qui adore lire. Ce personnage est fortement inspiré de ma propre grandmère, Renée Reysset, qui a disparu il y a quatre ans. J’ai beaucoup pensé à elle. Ce livre est aussi un hommage aux grands-mères. Il est très important d’écrire sur des lieux que je connais Rose et Albert ont trois enfants, sept petits-enfants et huit arrière-petits-enfants… La maison d’été, c’est la villa Les Hortensias au Pouliguen. Quel est votre rapport au lieu, puisque vous connaissez bien la région ? Pour moi, il est très important d’écrire sur des lieux que je connais. C’est fondamental et cela permet d’ancrer une histoire sur un territoire. J’avais très envie de raconter cette histoire autour de cette maison de vacances, que j’aurais pu poser à la campagne ou la montagne, mais ce n’est pas mon ADN, car j’aime la mer et la Bretagne. Je voulais un territoire un peu vierge d’écriture. J’ai beaucoup écrit de livres qui se passaient sur la Côte d’Emeraude, puisque j’ai vécu dix ans à Saint-Malo avec mon compagnon, Olivier Adam, qui a beaucoup écrit sur la Bretagne. J’ai aussi beaucoup écrit sur la Côte d’Azur car la maison d’été de mes grands-parents était proche de Saint-Raphaël. Je voulais un territoire vierge d’écriture et, très rapidement, j’ai pensé au Pouliguen que je connais très bien. Je connais très bien La Baule et le Pouliguen. Nous avions une autre maison d’été à La Baule, mais elle a disparu quand j’avais cinq ou six ans et mes parents ont acheté une maison au Pouliguen il y a quatorze ans. Cette station balnéaire est idéale pour les

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