La Baule+

la baule+ Août 2025 | 15 donc cela signifie que l’on achète beaucoup moins cher aujourd’hui, surtout depuis le début des années 2000 avec le démarrage de la fast fashion. Il y a des designers connus qui ont prêté leur nom à des marques comme H&M ou Zara, y compris Karl Lagerfeld, et cela a brouillé les pistes. À cette époque, beaucoup d’amis stylistes ont compris que ce serait foutu ! Ensuite, c’est logique, on en arrive maintenant à l’ultra fast fashion, c’est-à-dire beaucoup de volumes. C’est l’histoire naturelle de l’industrie de la mode et l’habillement. On est au sommet de ce que l’on peut faire de pire. Aujourd’hui, il y a quand même un marché de niche. En 2024, il y a eu 4700 fermetures de boutiques indépendantes, contre 2000 ouvertures. C’est la première fois que nous avons un solde négatif. Nous sommes dans une transition qui est compliquée. Mais la mode, c’est comme la cuisine, vous avez le fast-food d’un côté et la cuisine traditionnelle française de l’autre, sans parler de la haute gastronomie. C’est exactement pareil pour la mode. Il y a toujours des achats coup de cœur et on a toujours besoin d’une interaction humaine Doit-on se méfier des idées radicales comme celle à propos des moins de 30 ans qui ne vont plus acheter des vêtements dans des magasins ? Oui, il y a toujours des achats coup de cœur et on a toujours besoin d’une interaction humaine. Le commerce de proximité assure cette interaction d’une manière générale. La boutique de mode indépendante, et le commerce de proximité en général, c’est un acteur de lien social primordial. Aujourd’hui, il y a une grande réflexion sur le centre-ville et l’on parle maintenant de créer des espaces de vie. Les centres des villes doivent abriter des commerces, mais aussi des services, des espaces verts, donc ce sont des espaces de vie qui doivent être conviviaux et chargés d’une force émotionnelle. Aujourd’hui, quand on crée des espaces de vie séduisants, ils doivent être accessibles, sinon cela ne sert à rien. En ce moment, à Paris, on souffre énormément des interdictions de circulation et les gens ne vont plus au centre. Il faut qu’il y ait des parkings et ce n’est pas du tout antinomique avec la création de beaux espaces de vie. L’écologie et l’économie doivent apprendre à se tenir la main et, malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Propos recueillis par Yannick Urrien.

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