la baule+ 8 | Août 2025 Enquête ► Le livre sur le scandale financier de 2008 se retrouve numéro un des ventes Pierre Jovanovic : « On a dû prendre l’argent des retraites pour sauver les banques, qui ont ellesmêmes pris l’argent de leurs clients pour investir dans des produits pourris vendus par Goldman Sachs. » Le livre « 2008 » de Pierre Jovanovic est sorti et il figure déjà en tête des ventes. Il faut préciser que Pierre Jovanovic a bénéficié d’une promotion inattendue lorsque l’Élysée a tenté de faire saisir son manuscrit en envoyant la police en pleine nuit à son domicile et à sa maison d’édition. Son enquête révèle que l’année 2008 a été pour les banques ce que le drame de Tchernobyl a été pour le nucléaire, un révélateur de tous les mensonges des banquiers devenus fous. Dès le début de l’année 2008, dans la plus grande discrétion, les dix plus grandes banques mondiales avaient cherché à se recapitaliser afin d’éviter le désastre, sans y parvenir, ce qui s’est soldé par le plus odieux des chantages jamais infligé à des gouvernements : « Soit vous nous sauvez, soit vous avez une révolution dans les semaines qui suivent ». Les gouvernements n’ont pas eu le choix. « 2008 » de Pierre Jovanovic est publié aux Éditions Le Jardin des Livres. La Baule+ : Ce livre est déjà un événement puisque, quelques semaines avant sa parution, la police a débarqué chez vous, en pleine nuit, puis dans votre maison d’édition, dans l’espoir d’y trouver ce manuscrit. Emmanuel Macron voulait avoir le manuscrit avant tout le monde. C’est finalement la meilleure des promotions possibles ! Pierre Jovanovic : L’Élysée m’a offert une promotion absolument incroyable. Je ne m’y attendais pas et c’est très flatteur pour le livre. Maintenant, je sais qu’Emmanuel Macron suit ma revue de presse. Maintenant, ce sont des affaires graves. C’est le plus grand hold-up de l’histoire Évoquons maintenant le fond du livre « 2008» où vous revenez sur la grande crise financière. Il a fallu attendre une bonne dizaine d’années pour rassembler tous les éléments de cette enquête… Avec le temps, les langues se sont déliées. Tous les banquiers, les gouverneurs de banques centrales, qui étaient en poste à ce moment-là, se sont mis à faire des confidences. C’est le plus grand hold-up de l’histoire et il était donc nécessaire d’expliquer comment les choses sont parties. Personne n’avait vraiment fait le travail jusqu’à présent. Pour beaucoup de gens, la crise bancaire de 2008, c’est aux États-Unis la crise du crédit ou, en France, c’est la faute à Jérôme Kerviel... En réalité, c’est une crise qui a été voulue, et c’est surtout le plus grand hold-up de l’histoire qui a été mené par un secrétaire d’État au Trésor, Larry Summers, grand ami de Jeffrey Epstein. Tout cela nous amène à des milliers de suicides et à des millions de chômeurs. Il ne faut donc jamais oublier que cette crise a été voulue par des banquiers criminels devenus complètement fous et assoiffés de sang. Les banquiers américains ont décidé de voler l’argent des caisses de retraite avec des produits financiers empoisonnés En résumé, le système s’est effondré et il y a eu ce chantage imposé aux gouvernements, dans toute la planète : « Si vous ne nous sauvez pas, ce sera la ruine générale et ce sera la révolution ! » C’est le chantage qui a été fait en 2008 par les banquiers américains sur les sénateurs des États-Unis. En France, c’est aussi le chantage qui a été fait à l’égard de Nicolas Sarkozy. Ce que je n’avais pas vu à l’époque, c’est que cette crise a affecté toutes les banques du monde, parce que les banquiers américains ont décidé de voler l’argent des caisses de retraite avec des produits financiers empoisonnés. Par exemple, le 30 décembre 2006, moins de deux ans avant l’explosion finale, le directeur général de l’assureur AIG, qui assure tous les aéroports, les grandes flottes des compagnies aériennes, mais aussi des tankers, a sifflé la fin de la récréation en disant : « Tout le monde doit arrêter d’utiliser les crédits default swap car cela va mal se terminer. » Ensuite, toutes les grandes banques américaines se sont précipitées pour prendre la place de AIG et c’est ce qui a amené l’explosion financière de la planète. À l’époque, on parlait de 30 trilliards de dollars de pertes, selon le FMI luimême. Ce sont des millions de routes qui n’ont pas été entretenues et des centaines de milliers de lits d’hôpitaux effacés. C’est pour cette raison également que le temps d’attente aux urgences est passé de cinq minutes dans les années 2000 à plus de cinq heures aujourd’hui. Aujourd’hui, vous ne pouvez plus obtenir votre passeport dans la journée. En France, on a dû prendre l’argent des retraites pour sauver les banques, qui ont ellesmêmes pris l’argent de leurs clients pour investir dans des produits pourris vendus par Goldman Sachs. C’est purement effrayant. J’apporte la preuve que les Français ont été volés de leur travail, de leur richesse et de leur patrimoine Ce qui est effrayant, c’est la perte de pouvoir d’achat que tout cela a entraîné. Sans cette crise, vous démontrez que le SMIC s’éléverait aujourd’hui à 5400 € brut… Le SMIC devrait être à 5400 € brut. Je suis parti du prix du timbre postal, en suivant l’inflation, j’ai également pris d’autres paramètres et j’apporte la preuve que les Français ont été volés de leur travail, de leur richesse et de leur patrimoine. Je ne parle même pas de nos présidents de la République successifs qui ont tout vendu aux Américains. C’est la raison pour laquelle ils veulent aujourd’hui ramener la retraite à 70 ans. C’est leur but final. En Angleterre, c’est déjà sur le tapis. Des agents du FBI ont alerté Washington sur le fait que des banques hypothécaires allaient chercher des gens qui sortaient de prison pour leur prêter 250 000 $ afin d’acheter une maison Aux États-Unis, on sait ce qui s’est passé avec des produits financiers pourris, également avec le marché l’immobilier, lorsque les banques prêtaient à 120 %, y compris lorsque les personnes n’étaient pas solvables… Tout cela partait d’un bon sentiment. George W. Bush, au cours de sa campagne électorale, a constaté qu’il n’avait pas le vote des noirs et des latinos. Il leur a fait la promesse de leur permettre, y compris les plus pauvres, d’obtenir un prêt immobilier. Il a voulu aider cette population en facilitant les crédits hypothécaires. Donc, comme personne n’a intérêt à perdre sa maison, les gens étaient incités à rembourser. Il n’avait pas vu que Blythe Masters de la J.P. Morgan avait inventé la garantie contre les impayés pour les banquiers. Les banquiers ont prêté à tout le monde en prenant des crédits default swap. Donc, tout le monde a pris des garanties sur tout le monde. Et lorsque le premier domino est tombé, cela a déclenché la grande crise. C’est un peu comme les dominos qui tombent les uns après les autres. Tout cela a commencé en 2004 lorsque des agents du FBI ont alerté Washington sur le fait que des banques hypothécaires allaient chercher des gens qui sortaient de prison pour leur prêter 250 000 $ afin d’acheter une maison. Tout cela parce qu’après, tous ces prêts hypothécaires étaient réunis dans un grand dossier qui était vendu au global à des sociétés comme Goldman Sachs, qui a ensuite rePierre Jovanovic à Guérande
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